<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956</id><updated>2012-02-02T12:42:31.192-08:00</updated><title type='text'>La Bibliothèque d'Osons Penser et Agir</title><subtitle type='html'>Intégralité des textes et documents présentés dans le blog Osons Penser et Agir http://osonspenseretagir.blogspot.com
Autres textes proposés en lecture partagée
Outil d'Archivage et de Bibliothèque</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>142</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-3705435197591233407</id><published>2012-01-24T10:17:00.000-08:00</published><updated>2012-01-24T10:17:16.324-08:00</updated><title type='text'>Séminaire de Psychothérapie Institutionnelle TOURS Les troubles de l'humeur : J.Schotte Nosographie</title><content type='html'>Séance N°2 Lundi 19 décembre 2011 Psy B&lt;br /&gt;11 participants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thème : Les troubles de l’humeur.&lt;br /&gt;Lecture : &lt;span style="color: #444444; font-family: Georgia, &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;, serif;"&gt;&lt;strong&gt;Jacques Schotte, Nosographie&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, Collection La boîte à outils, Institutions, Cour-Cheverny Mars 2011.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.balat.fr/IMG/pdf/Souscription_Jacques_Schotte.pdf"&gt;http://www.balat.fr/IMG/pdf/Souscription_Jacques_Schotte.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Présentation de &lt;strong&gt;&lt;span style="color: blue;"&gt;Marie-Alice Blot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, psychiatre.&lt;br /&gt;Scribe : MC Hiebel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nosographie est la reprise d’un séminaire prononcé par Jacques Schotte en 1977-1978 intitulé « La nosographie psychiatrique comme patho-analyse de notre condition ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jacques Schotte, professeur à l’Université de Louvain, médecin, psychanalyste, philosophe, grand humaniste érudit, polyglotte, nourrit tout au long de son existence, sa réflexion immense des rencontres avec la psychanalyse, la phénoménologie, la psychiatrie, non seulement au travers des livres mais aussi et presque surtout de ses contacts avec les autres humains.. La pensée de Schotte est de nature encyclopédique au sens de ce qui commerce avec plusieurs champs distincts, d’une pensée qui se nourrit et s’enrichit des différentes façons de voir et de comprendre pour aborder la souffrance clinique dans une polyphonie d’approches.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Schotte déploie une pensée discursive qui se crée au fur et à mesure qu’elle se dit, elle est créativité, autoconstitutive ou autologique, imprévisible et originaire. C’est aussi une pensée adressée à l’auditoire venu l’écouter. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Page 114/115 : « Dans tout langage en acte se dévoilent également 3 dimensions. Le dire, tout ensemble ce qui est dit et l’acte de le dire, appelle une sorte de pluriel indéfini, comme la connaissance, et manifeste par là qu’il participe d’une même structure. Le discours s’en distingue comme le savoir de la connaissance. Il connote, en effet, le même aspect de totalisation […]. L’être qui discourt ne met pas tant en œuvre le rapport du monde à dire, que la dimension intersubjective du rapport à l’autre, qui est éminemment en cause dans le registre sexuel-social. […] La parole, elle, conjoint un aspect qui la rapproche du dire, en ce que quelque chose y est dit, et un autre qui l’assimile au discours, en tant qu’elle vise aussi quelqu’un et promeut par le fait même le rapport de deux protagonistes ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comprendre l'humain, c’est la grande affaire de Schotte. Toute son œuvre est ordonnée autour des contours d’une anthropo-psychiatrie par et pour les humains. Son actualité est intacte à l’heure de la pensée dominante actuelle qui se construit sur le clivage, sur une dualité excluante de tout autre point de vue. Schotte propose une approche conjointe anthropologique et psychologique de l’homme. Il explore l’humain à partir de son rapport à lui-même et aux autres, à partir des phénomènes aussi, de ce qui apparaît. Il pratique une clinique descriptive, traçant des tableaux cliniques, des vignettes, et s’intéresse à la sémiotique c'est-à-dire à ce qui fait signe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans cet esprit de recherche Schotte s’attache à mettre en évidence une nosographie unifiée qui puisse se rapporter à l’homme et à sortir d’une conception positiviste biologique comme celle de Linné pour la botannique. Parce que, dit-il, en ratant le champ de la psychiatrie, on rate le champ de l’humain. L’homme a une histoire, une vie et un destin. Sur les pas de Freud, il œuvre à mettre en forme une clinique de la personne qui se déploie entre l’histoire, les symptômes et les structures de pré-disposition entre certains déterminants familiaux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce que l’humanité de l’homme ? L’humanité, un mystère qui nous fait trembler : d’où ça vient ? Où est-ce que ça va ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans cette tension entre l’homme et l’humanité de l’homme, Schotte choisit et décide « pour l’homme malade » : c’est par là qu’il faut aller, pour tenter de comprendre l’humain au travers d’une nosographie de la condition humaine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nosologie est une certaine idée de la maladie en général et la nosographie une écriture qui décrit la maladie en tant que système ordonné dégageant certains types morbides.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il importe, dit Schotte, de construire un champ psychiatrique autologique c'est-à-dire qui trouve sa propre logique dans l’articulation des éléments qui le constitue. Le champ psychiatrique ne peut se construire sur une logique qui viendrait de l’extérieur, qui serait donc hétérologique. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chez les grecs, l’homme est le lieu où la maladie, nosos, s’est logée dans un corps singulier, la maladie d’Alexandre qui n’est pas celle d’Epitècle. C’est un dérangement qui survient dans un ensemble harmonieux. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A partir du XVI me siècle, la maladie change de statut doctrinal : l’Idée est qu’elle occupe l’homme, possède son corps et son esprit. Elle mène une vie autonome vis-à-vis de celui qu’elle atteint. Elle lui est exogène et se prête alors à une écriture descriptive selon le modèle botannique des espèces morbides, modèle hétérologique à la condition humaine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jacques Schotte propose une mise en rapport de la perspective nosologique de la médicalisation avec ce qui est le propre de l’homme. Il pousse encore plus avant la position de Freud exprimée au travers de la métaphore du cristal brisé : la pathologie peut être pensée comme un révélateur de la structure de la condition humaine. C’est ce que Schotte nomme pathoanalyse, la découverte de l’homme dans son humanité souffrante. La pathologie révèle au travers de l’analyse des syndromes morbides la structure humaine de la « normalité ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ainsi se trouve mise en cause l’opposition classique entre le normal et le pathologique, ce dernier se présentant exclusivement comme lésion organique (celle du système nerveux), ou encore dégénérescence organique, débilité, déterminisme génétique qui supposent une première séparation du névropathe et du sujet normal.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous devons à Ernst Kretschmer, psychiatre allemand, d’avoir posé l’hypothèse d’un continuum entre personnalité normale, pathologique et pathologie mentale. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Freud va faire éclater la bipartition préliminaire à partir de ces considérations nouvelles sur la sexualité en ce qu’elle concerne l’espèce humaine dans son ensemble, et met en cause le domaine socio-culturel. Freud va rapporter les distinctions qu’il propose à des différences dans le registre structural de la vie sexuelle, et abandonner définitivement l’idée d’une séparation radicale préalable du normal et du pathologique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Puis il va élaborer dans sa théorisation métapsychologique le concept de pulsions sexuelles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Freud définit les pulsions comme constitutives de l’individualité vivante humaine (p.33) au sein de laquelle elles s’ordonnent dans un rapport de structure spécifique à l’humain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est en ce sens explique Schotte (p.32) que Freud énonce la formule de la névrose comme négatif de la perversion, dans un rapport de solidarité de certaines possibilités qu’elle porte en elle et qu’elle refoule pour qu’elle ne devienne pas perversion. Cette formule traduit les rapports dialectiques internes des registres pulsionnels articulés entre eux, y compris entre les registres névrotiques et psychotiques (enclaves psychotiques dans les tableaux névrotiques).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Le comportement que nous appelons normal est celui dans lequel se retrouvent à la fois des traits névrotiques et psychotiques » (p.36).[…] La psychose n’est pas située à distance plus grande de la normalité que la névrose, comme l’énonce la conception courante. Positivement ressaisie à travers la capacité de transformation du réel, elle se montre porteuse de potentialités nécessaires à la définition même de la normalité ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Er-krankung, devenir malade. C’est un passage d’une dimension existentielle à une autre, d’une maladie à une autre. Et ce qui fait passage, c’est la pulsion (Trieb), ce qui pousse, organisatrice du rapport de l’humain avec le monde. La santé est un état de passage équilibrant d’une dimension de maladie à l’autre. Une danse (Tosquelles), une dialectique pulsionnelle pour se tenir au monde et en situation dans le monde (positions personnelles). Si on s’immobilise dans la maladie, alors on tombe malade : le monde restreint du déprimé et le monde infiniment distendu du maniaque (p.97).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La pathologie isole chaque dimension par rapport aux autres (p.100).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le chapitre III de Nosographie est consacré à la question clinico-théorique pivot de Jacques Schotte : le concept des troubles de l’humeur. (p.69), dépressifs essentiellement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est en 1904 que Kraeplin introduit dans la systématique psychiatrique la psychose maniaco-dépressive.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Schotte développe dans une perspective historique la problématique selon laquelle, à l’instar de la bipartition névrose/psychose, les états dépressifs ont jusqu’à l’apparition des antidépresseurs été traités sur la base de la distinction entre endogène et réactivité. La découverte des antidépresseurs avec leur efficacité analogue sur les 2 champs va mettre en évidence leur sous-jacence commune. Auparavant la mélancolie apparaît comme le type même de l’état dépressif de nature endogène relevant de certaines thérapeutiques (éléctrochocs par exemple) distinctes de celles applicables aux dépressions réactionnelles (psychothérapie) : « la notion de réaction implique un système à deux termes […] Parler de réaction c’est donc parler en termes (Peirce) de « secondness », soit du système duel que constituent l’organisme et son entourage, alors que l’endogène est en quelque sorte pensé sur le mode de la « firstness », soit comme ne dépendant pas d’autre chose » (p.75). &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une des notions centrales des premiers travaux de Freud souligne Schotte est la notion d’abréaction : « réagir consiste en somme à abréagir le trauma […] S’il arrive alors que l’abréaction échoue et qu’il y ait rétention du vécu traumatique, la voie thérapeutique est toute tracée : amener le sujet à réagir (p.76) ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le concept de réactivité, lorsqu’il a été mis exclusivement au centre de la psychiatrie, est venu alimenter un courant de réflexions et pratiques psychiatriques où seule prévalait la considération individuelle de la personne malade. Ce courant psychiatrique entendait ainsi se dégager de certains excès de l’option nosologique de la recherche d’entités morbides (p.76) notamment reliée au tout endogène.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Puis les progrès du travail clinique et de recherche (Kretschmer) vont mettre en avant « que l’étude du décours et du déclenchement de la maladie » doivent être considérés dans les transitions entre le normal et le pathologique (facteurs déclenchants) articulés à « la notion de prédisposition qui recouvre l’ensemble de la personnalité pré-morbide, dans ses aspects héréditaires et biographiques (p.78) ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Au bout du compte, dit Jacques Schotte, tout ce travail débouche sur la conclusion qu’endogénéité et réactivité ne peuvent être radicalement séparés. Il y a toujours une part de réactif dans l’endogène même et vice-versa. Emerge ainsi la notion d’un domaine-frontière « endo-réactif » (Weisbrecht), qui vient contredire toute considération isolée du groupe des psychoses endogènes (p.79). ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et Schotte de formuler son « jugement ontologique sur l’essence des troubles (p.83) » : &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les troubles de l’humeur sont « une nouvelle entité morbide qui constitue un noyau tiers par rapport à la névrose et à la psychose (82) ». Noyau tiers, troisième terme qui introduit dans la nosographie une articulation triadique (avec Léopold Szondi qu’explore Schotte, nous sommes dans une logique tétradique des groupes de troubles psychiatriques).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si la névrose et la psychose nous révèlent deux problématiques humaines partagées par tous, le problème oedipien et sa résolution pour la névrose, la problématique du moi pour la psychose (auto-constitution créatrice, créativité personnelle cf Hölderlin p. 102) quelle autre dimension de la problématique humaine générale révèlent les troubles de l’humeur ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Les troubles de l’humeur révèlent la dimension esthétique de l’existence : dimension de la sensation, du sentir, des rapports de communication sensible, pathique, primordiale (p.84) ». &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La dimension esthétique de l’existence ne saurait se confondre avec une vue centaurique de l’homme (p.87) dans l’idée même d’une vitalité des sentiments avec la confusion du vital et du véritablement psychique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Car il s’agit, explique Jacques Schotte, de promouvoir le registre vital comme spécifiques des troubles affectifs ou de l’humeur, sans en restreindre la portée, à savoir le limiter à n’être que l’opposé du psychique ou du spirituel…la tâche est donc de fournir une phénoménologie du registre « vital » qui soit étrangère à toute perspective centaurique de l’homme (p.88) ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour découvrir ce registre, Schotte nous invite à faire connaissance avec Straus, Scheler, Maldiney et la compréhension du monde de l’art (p.89 et s).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et à faire connaissance avec Spitzer et la notion de Stimmung (p.92) : atmosphère, milieu, ambiance, accord dans une résonnance harmonieuse, quelque chose qui sonne juste, harmonie avec les entours, ce qu’il y autour, nous enveloppe : « l’horizon le plus général qu’évoque le terme de Stimmung concerne le problème du rapport harmonieux entre l’homme et le monde (p.93) », et complémentairement les perturbations psychologiques maladives que sont les situations de dysharmonies et de dysthymies que révèlent les troubles de l’humeur.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-3705435197591233407?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/3705435197591233407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/seminaire-de-psychotherapie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/3705435197591233407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/3705435197591233407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/seminaire-de-psychotherapie.html' title='Séminaire de Psychothérapie Institutionnelle TOURS Les troubles de l&apos;humeur : J.Schotte Nosographie'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-6564331296788971667</id><published>2012-01-11T10:05:00.000-08:00</published><updated>2012-01-11T10:05:54.804-08:00</updated><title type='text'>Journées nationales CROIX-MARINE PAU 1953- PAU 2011</title><content type='html'>&lt;strong&gt;COMPLEMENT Atelier Croix-Marine Région Centre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;PAU 2011&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: blue;"&gt;A propos du texte de &lt;strong&gt;Michel Lecarpentier&lt;/strong&gt; sur &lt;em&gt;« L’association 1901, outil de la continuité existentielle dans la cité et au sein des établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux »&lt;/em&gt; par &lt;strong&gt;MC Hiebel-Barat&lt;/strong&gt;, administrateur de la Fédération.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est à Pau en 1953 rappelle Michel Lecarpentier, délégué régional Croix-Marine du Centre, que les journées nationales d’alors, un an après la création à Clermont-Ferrand de la Fédération, promeuvent l’outil associatif, comités hospitaliers et clubs thérapeutiques, associations de droit commun régies par la loi de 1901, comme lieux d’élaboration et d’exercice de la citoyenneté individuelle et collective des personnes souffrant de troubles psychiques.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pau 2011 : la Fédération rassemble 300 Associations affiliées et 130 Établissements associés, qui participent aux champs sanitaire, médico-social et social. Alors que le rapport à l’État n’a jamais été aussi prégnant qu’aujourd’hui dans le fonctionnement des structures accueillant des personnes malades, qu’en est-il, interroge Michel Lecarpentier des espaces associatifs dans l’organisation de la vie quotidienne à l’hôpital et dans la cité soutenant l’émergence de la parole de tous et une qualité d’ambiance articulant vie collective et cheminement singulier indispensable à une fonction d’accueil généralisée et à une thérapeutique active ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous le savons, pour l’avoir vécu de façon massive dans les années 1990, ces dispositifs associatifs ont été abandonnés ou interdits par les pouvoirs publics et les administrations gestionnaires par ignorance de leur logique humaine de liberté et de responsabilisation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La gestion de fait a été longtemps l’argumentaire juridique pour justifier la disparition organisée de l’outil associatif en psychiatrie. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet argumentaire comptable cède aujourd’hui le pas à d’autres résistances plus internes : évocation des durées moyennes de séjour de plus en plus courtes en raison de la rotation rapide des patients en hospitalisation complète (diminution considérable du nombre de lits), multiplication des lieux de prises en charge dans la cité, développement du champ social et médico-social en concurrence dans les appels à projets avec le champ sanitaire etc.…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quelque chose de l’ordre du : aujourd’hui ce n’est plus pareil ! L’heure ne serait donc plus de se questionner sur l’importance d’une double articulation Établissement/club thérapeutique pour dégager la thérapeutique de la pression des incontournables rapports que toute structure gestionnaire entretient avec l’État.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est oublié dit Michel Lecarpentier que ce sont les Clubs thérapeutiques Croix-Marine qui ont désenclavé les quartiers d’asile, traité l’agitation, le gâtisme, la violence, en facilitant la liberté de circulation dans et hors de l’hôpital, la liberté citoyenne d’expression, la liberté d’initiative et de responsabilisation. C’est oublié aussi que les clubs thérapeutiques ont renforcé l’ouverture vers la cité, facilitant les sorties, les voyages thérapeutiques, les investissements dans ce qu’il appelle la civilité ordinaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En l’absence de club thérapeutique et d’une double articulation, la logique planificatrice économico-administrative de l’État se trouve en prise directe sur le champ sanitaire comme bien sûr les champs médico-sociaux et sociaux : exclusion des inadéquats aux objectifs de la structure, malades à la rue ou en prison, homogénéisation des publics cibles, monotonie des ambiances. Décompensations, menaces de suicides, comme autant d’échos de souffrance par la mise en péril de la fragile continuité existentielle des personnes qui présentent une maladie psychique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Michel Lecarpentier lance un appel à la longue tradition humaniste du mouvement des Croix-Marine dont les innovations ont toujours amélioré la condition des personnes bénéficiant de son aide.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Écoutons-le lorsqu’il affirme s’appuyant sur sa longue expérience de fréquentation et de la Croix-Marine et de l’outil associatif :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« La mise en œuvre (de clubs thérapeutiques) dans les établissements crée une surface d’investissement concret et soutient une réflexion collective sur l’existence et la vie quotidienne…Le processus d’institutionnalisation qui en résulte est, l’histoire en atteste, un outil indispensable pour éviter la domination parfois délétère des « occasionnelles conjonctures politiques » et en toute circonstance, « demeurer paradoxalement ouvert à l’espoir » (François Tosquelles).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je vous invite à nous mettre au travail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*********************&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;PAU 1953 – PAU 2011&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Texte de proposition et de réflexion&amp;nbsp;à l’occasion des 60èmes journées de la Fédération Croix Marine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’association 1901 Croix Marine, outil de la continuité existentielle dans la cité et au sein des établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La Fédération Croix Marine créée en 1952 rassemble à ce jour 300 Associations et 130 Etablissements associés, qui participent aux champs sanitaire, médico-social et social.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En 1953, ses journées de Pau ont promu les Comités Hospitaliers Croix-Marine, associations 1901 de droit civil, qui visent à développer une vie sociale à l’intérieur des hôpitaux, et à traiter les troubles liés aux conditions d’enfermement préjudiciables aux personnes grâce à la création de Clubs Thérapeutiques. Les Clubs Thérapeutiques, personne morale ont aussi et surtout redonné une place de citoyen aux personnes internées en psychiatrie qui perdaient juridiquement leur responsabilité civile jusqu’au 1er mars 1949 lorsque la loi instaura l’hospitalisation libre : avec le Club, les personnes malades placées ont de nouveau une place et un droit de parole pour exercer leur citoyenneté individuelle et collective au sein même de l’hôpital.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les clubs thérapeutiques Croix Marine ont donc d’abord facilité la liberté d’expression citoyenne, la liberté d’initiative et de responsabilisation, et la liberté de circulation dans l’hôpital et désenclavé les quartiers d’asile qui avaient homogénéisé les groupes de malades, renforçant par contagion psychique, leurs troubles communs (gâteux, agités, auto et hétéroagressifs, désespérés, etc.).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec le développement du Secteur psychiatrique, les clubs thérapeutiques ont renforcé l’ouverture vers la cité, facilitant les sorties, les voyages thérapeutiques, les investissements dans la civilité ordinaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Des Offices sociaux Croix Marine se développent : bureau et lieu d’accueil dans la cité facilitant les démarches des personnes pour trouver un logement, un emploi, et faciliter la vie sociale dans la cité.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Des logements associatifs Croix-Marine permettent que des personnes ne pouvant habiter seules unissent leurs compétences dans des logements de plein droit, garantis par les Associations départementales Croix-Marine, en liens structurés et dynamiques avec les Offices sociaux et les clubs intra-extrahospitaliers et de Secteur. Pour les personnes en difficulté de gestion, se développèrent des Associations tutélaires protégeant les personnes sur le plan économique, sous l’autorité du Juge des tutelles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces dispositifs associatifs ont été abandonnés ou interdits par ignorance de leur logique humaine de liberté et de responsabilisation. Cette destruction par les pouvoirs publics et les administrations a des conséquences tragiques sur le sort des personnes malades, les exposant à la maltraitance d’une idéologie anthropologiquement dévastatrice. Ils subissent des mauvais traitements naguère abandonnés, comme les contentions, l’isolement, les doses médicamenteuses massives, et la mise à la rue ou dans des conditions sordides d’hébergement. Ces personnes fragiles perdent l’espoir et risquent leur vie prématurément, comme en attestent les statistiques en France et dans de nombreux pays en proie à la même logique&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;. Pour ces Journées de Pau de 2011, nous voudrions insister sur l’importance des associations 1901 de la Fédération Croix Marine aujourd’hui pour faciliter la thérapeutique active et l’exercice d’une citoyenneté de plein droit dans les hôpitaux et dans la cité pour les personnes qui présentent une maladie psychique entrainant ou non des difficultés dans leur vie personnelle, familiale, sociale et leur rapport à l’Etat.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le rapport à l’Etat est aujourd’hui dominant dans l’organisation des champs sanitaire, médico-social ou social : marchés publics, politique sécuritaire, protocoles de travail sans liberté d’initiative pour accueillir l’inattendu, l’imprévu, sans liberté d’analyse pour discerner les événements indésirables de l’expression du désir. Les régimes d’hospitalisation, l’obligation de soin, la reconnaissance du handicap, les associations ou services d’accompagnement spécialisés, etc., s’ils apportent des solutions légales, relèvent de droits particuliers qui restreignent de fait l’exercice de la liberté personnelle, ce qui est souvent vécu comme une difficulté supplémentaire qui s’impose et s’ajoute aux vécus intimes déjà dépréciatifs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La Fédération Croix Marine a une longue tradition humaniste au-delà des logiques étatiques, et ses innovations ont toujours amélioré la condition des personnes bénéficiant de son aide.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les positions actuelles de l’Etat sont en débat. Dans leur approche utilitariste, comportementale et simpliste, elles sont loin de recueillir l’approbation des professionnels, des familles confrontées à la réalité sociale et même des bénéficiaires des champs sanitaire, médico-social ou social. Malgré la bonne volonté de tous, chacun se heurte à des assignations et des procédures bureaucratiques qui sont la nouvelle manière du maintien de l’ordre social.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le marché des usagers du champ médico-social ou social confronte professionnels et bénéficiaires aux impératifs de la concurrence puisque comme dans le champ sanitaire, les places y sont insuffisantes. Les situations de risque ou les situations difficiles qui dépassent leur potentiel d’accueil, les conduisent à exclure les personnes ou à invoquer leur inadéquation sans toujours trouver une nouvelle solution pertinente. L’idée d’une compétence et d’un savoir-faire d’établissement pour des populations cibles tend à faire son chemin. Ce qui risque d’homogénéiser le recrutement de ces collectivités et de figer en routine leur dynamisme initial avec un inévitable retentissement dommageable à l’ambiance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est pour éviter cet écueil que les clubs thérapeutiques ont été logiquement articulés aux établissements par signature d’une convention avec le Comité Hospitalier comme interface économico-administrative comprenant des représentants du Club et de l’Etablissement. Cette double articulation ouvre le milieu à une fonction d’accueil généralisée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au-delà de l’admission et des prises en charge de l’établissement, la structure collective du club soutient l’émergence de la parole de tous. Chacun y inscrit comment son désir se manifeste auprès du Collectif et peut y trouver un écho qui donne du sens à sa présence. L’histoire partagée accueille l’histoire de chacun et favorise son cheminement existentiel.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Club rend possible l’inscription dans la cité où la double articulation continue d’être efficace structurante sans obliger à une monstration sur la scène publique, coming-out mal vécu par un grand nombre de personnes qui préférent la discrétion. Devoir se dire « usager en santé mentale » pour bénéficier d’un accès à la citoyenneté d’aujourd’hui est pour nombre de personnes un poids à porter qu’ils ne trouvent pas allégeant de leur image ni de leur condition. Le secret médical, nous le savons, reste important pour un grand nombre de nos concitoyens.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les Clubs thérapeutiques ont la sagesse de prétendre « soigner les établissements » : dans les différents champs du soin, de l’éducation, de la pédagogie, du travail, de l’insertion, l’existence des Clubs Croix Marine soutient l’exercice libre de la citoyenneté garantie par la Loi de 1901. Cette possibilité légale doit pouvoir être soutenue par notre Fédération dans la période actuelle dominée par la contrainte : nos travaux sur l’article 93 restent en lien avec l’histoire de la Croix-Marine depuis 1953. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notre réflexion sur la qualité de l’ambiance dans les établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux aujourd’hui confrontés aux décompensations et aux menaces suicidaires, doit pouvoir s’appuyer sur la longue expérience des plus anciens de nos Clubs thérapeutiques qui, là où ils sont actifs, demeurent une source effective d’humanisation structurante et de stabilité psychique en mouvement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Leur mise en œuvre dans les établissements crée une surface d’investissement concret et soutient une réflexion collective sur l’existence et la vie quotidienne. Les personnes y élaborent une loi d’échange des objets, des initiatives, des projets, des paroles, dans le respect de chacun. Au-delà de l’aliénation sociale statutaire, ils proposent une gestion collective qui garantit l’accueil du désir de construire avec autrui. Le processus d’institutionnalisation qui en résulte est, l’histoire en atteste, un outil indispensable pour éviter la domination parfois délétère des « occasionnelles conjonctures politiques » et, en toute circonstance, « demeurer paradoxalement ouvert à l’espoir » (François Tosquelles).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dès lors, les questions qui se posent à notre Fédération sont multiples.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- - « Il n’y a pas d’alternative à l’hospitalisation » soutenait avec justesse Hélène Chaigneau, mais, comment articuler ce temps aux autres modalités du soin actif dans la cité, sans être confronté aux cloisonnements contingentés qui imposent l’exigence de l’urgence ou de la contrainte pour réaccéder à l’hôpital ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Si la durée moyenne de séjour est faible, il est d’autant plus nécessaire de garantir la base topologique de la structure associative du Club à la fois intra et extra hospitalier soutenant la liberté de circulation sans mettre en péril le rétablissement de la continuité existentielle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Notre action associative peut-elle contribuer à créer à l’hôpital et dans la cité une qualité d’ambiance réelle articulant vie collective et cheminement singulier ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- - Comment faciliter un mode de vie dans la cité en exerçant une citoyenneté de plein droit, avec les soutiens et les recours nécessaires ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Dr Michel Lecarpentier, Dr Jean OURY et le collectif médical de la clinique de La Borde, Pr Pierre DELION, Marie-Christine Hiebel, le groupe de Brignac&lt;/strong&gt; réunissant des médecins, psychologues, administrateurs et personnels paramédicaux des Régions Centre, Ouest de la France et Bretagne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-6564331296788971667?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/6564331296788971667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/journees-nationales-croix-marine-pau_11.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/6564331296788971667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/6564331296788971667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/journees-nationales-croix-marine-pau_11.html' title='Journées nationales CROIX-MARINE PAU 1953- PAU 2011'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-1095561681748528629</id><published>2012-01-11T09:43:00.000-08:00</published><updated>2012-01-11T09:43:29.339-08:00</updated><title type='text'>Journées nationales Croix-Marine PAU Septembre 2011 Atelier Coordination Région Centre</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: blue;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;ARGUMENT&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #0b5394;"&gt;&lt;strong&gt;ACCUEILLIR UNE PERSONNE PSYCHOTIQUE, ACCUEILLIR SA FAMILLE POUR QU’UN PROCESSUS PSYCHOTHéRAPIQUE AU LONG COURS SOIT POSSIBLE à L’HôPITAL ET DANS LA CITE&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Au-delà de la procédure administrative d’admission, il s’agit d’accueillir chaque personne en tenant compte de son paysage propre et du contexte qui l’a conduite à entreprendre une thérapeutique active dans un espace spécifique.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;L’histoire familiale se trouve questionnée sur plusieurs générations, remise en mouvement ou figée par l’occurrence de cet événement pathologique. La participation des parents, des frères et soeurs, de l’entourage amical ou professionnel est alors précieuse pour favoriser une élaboration collective et la dialectisation, dans un champ commun, de ces émergences symptomatiques.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Les équipes de professionnels doivent demeurer ouvertes, au-delà de leur organisation statutaire et de leur rôle propre, à la possibilité d’une attention, d’une disponibilité et d’un assentiment, respectant la personne comme ses proches, afin que s’amorce et se réalise un processus thérapeutique où chacun apportera sa sensibilité, son désir, ses résistances, son point de vue ou ses affects, et sa connaissance de la personne réputée malade.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;La fascination par les protocoles, les impératifs réglementaires, les stratégies collectives de défense dans le travail, les dominantes sado-masochistes des approches sécuritaires et comportementales actuelles, peuvent faire oublier que l’inoui, l’inattendu, l’invisible, l’insolite, peuvent être porteurs de sens et qu’il faut veiller collectivement à ne pas rendre impossible leur manifestation.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Dans l’occasionnelle conjoncture politique d’aujourd’hui, les Clubs thérapeutiques, les logements associatifs Croix-Marine, se révèlent être très utiles pour soigner la composante nosocomiale ou pathoplastique produite par tout établissement sanitaire ou médicosocial en son sein comme dans son articulation à la cité.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Notre atelier visera à situer le niveau d’ambiance efficace pour faciliter l’émergence des cheminements singuliers et les processus thérapeutiques au long cours soutenant suffisamment la continuité existentielle. Dans les problématiques psychotiques, le “sentiment continu d’exister” est toujours menacé par les vécus de catastrophe, de fin du monde, les ruptures, les glissements vers une sédimentation sans espoir ou le refuge dans des stéréotypies d’actes ou de pensées qui ne sont plus que les facteurs stériles d’une attente en souffrance.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;À partir de leur expérience personnelle, professionnelle et familiale, Messieurs D’Elloy et Masnou nous apporteront les questionnements de leur propre cheminement et ceux qu’ils ont pu recueillir auprès des familles qu’ils ont rencontrées. Le Dr Marie-Alice Blot, du CHRU de Tours évoquera des situations cliniques en mesure de faciliter notre dialogue. Le Dr Oury qui présidera notre atelier, nous transmettra le fruit de sa fréquentation au long cours des personnes psychotiques, depuis 1947&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Président : &lt;strong&gt;Dr Jean OURY&lt;/strong&gt; Clinique de La Borde 41700 COUR-CHEVERNY&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Animatrice : &lt;strong&gt;Mme&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Marie-Christine HIEBEL&lt;/strong&gt; directeur adjoint Centre Hospitalier Régional Universitaire de Tours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapporteur : &lt;strong&gt;Dr Michel LECARPENTIER&lt;/strong&gt; Clinique de La Borde 41700 COUR-CHEVERNY&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;INTERVENANTS : &lt;strong&gt;Dr Marie-Alice BLOT&lt;/strong&gt; (ma.blot@chu-tours.fr), pôle de Psychiatrie du CHRU Trousseau. 37000 TOURS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;M. Michel D’ELLOY&lt;/strong&gt; Ancien directeur Adjoint d’établissement médico-social, Président d’association d’insertion par l’activité économique. Responsable du réseau « Pastorale des Personnes Handicapées » sur la Gironde. (michel.delloy@orange.fr)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;M. Thierry MASNOU&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;***************************************&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’atelier a réuni plus de 200 personnes au cours de deux demi-journées de travail dont la référence aux journées de Pau en juillet 1953, fut d’emblée soulignée par Jean OURY qui rappela la nécessité de créer à l’intérieur même des établissements une structure associative 1901 appelée Comité Hospitalier. « Cela reste la chose la plus importante, pas bien comprise en général mais qui demeure d’actualité : on ne peut pas travailler sous la menace de la hiérarchie hospitalière bureaucratique, aujourd’hui comme en 1953, cela reste en première ligne pour essayer de structurer un établissement, développer une vie quotidienne vivante, tant pour les malades que les personnnels. Le Comité hospitalier est avec l’association culturelle du personnel l’outil essentiel pour soigner l’hôpital. Tosquelles en avait soutenu la nécessité dès 1942 à Saint-Alban où se développèrent également le secteur et les cours pour la formation des infirmiers. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. D’Elloy rappelle la grande souffrance des familles qui pensent initialement que leur enfant va guérir et qui réorganisent leur vie, la vie de leur famille pour, en dépit de la massivité de ce que fait vivre la maladie, « avoir une vie ». L’insertion par le travail est rare dans notre expérience avec les familles en difficulté, il y a beaucoup de personnes dans le cercle vertueux des spécialistes, ou de la MDPH ; de l’argent circule, mais on n’y arrive pas. Faut-il une famille d’accueil, une communauté sociale ? Il y a un déni inconscient de la nécessité de soins institutionnels, l’accompagnement se fait dans une incoordination manifeste, la juxtaposition MDPH, Secteur, ESAT, médecin de famille : chacun dans son coin y trouve son compte, ça rapporte même à la famille, mais au bout du bout, le jeune se défait, et l’urgence est le recours, faute d’un processus thérapeutique antérieur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oury insiste sur la première démarche ne pas confondre admission et accueil. La fonction d’accueil doit être permanente, sur des jours et des mois… il faut une hétérogènéité des styles de présence dans l’accueil pour faire écho à toute personne. Sur le plan phénoménologique, ce n’est pas comparable qu’on soit schizophrène, maniaque ou débile, etc. En 1954, arrive à La Borde un type en taxi : « je suis poursuivi par un autre taxi » (sa famille) Il entre, casse une chaise, je lui dis de partir illico. Le lendemain, il me téléphone de Paris : « Je vous remercie de votre accueil, je viens tout de suite… » &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au groupe de Sèvres, en 1957-58, avec Daumézon, Bonnafé, à propos de la participation de l’infirmier à la psychothérapie. Quelles qualités sont nécessaires ? La disponibilité (mais faut pas être emmerdé par la hiérarchie) et la vigilance (pour faire le diagnostic): la façon dont vous êtes accueilli marque pour la vie. Ce sont d’autres malades qui accueillent : une phrase, une petite remarque… Une jeune femme arrivait après une gravissime TS, pas une schizophrène, plutôt une psychose hystérique, comme le distingue bien Gisela Pankow. Que souhaitez-vous faire ? Du cheval et prendre des leçons de clown ! Je lui ai, présenté deux monitrices, une femme-cheval et une femme qui a 7 ans de formation de clown, et en une demie-heure elle était souriante… C’est tout de même mieux que les présentations de malades du grand professeur qu’elle a vécues comme épouvantables. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. Masnou évoque la souffrance intime très profonde des familles, quand se manifeste la violence verbale ou physique, contre la personne malade elle-même ou son entourage… La famille (parents et enfants) est malade de voir le destin de son enfant grevé par la maladie, les HDT multiples, la famille aide mais peut aussi être un frein. Les soins de qualité manquent souvent, la coopération est insuffisante entre médico-social et médical, il y a une faillite de la psychiatrie pour un grand nombre de personnes malades. Il ne faut pas seulement les médicaments, la contrainte et l’accompagnement, il faut articuler processus thérapeutique et insertion, le Club thérapeutique intimement lié au soin est remarquable. Ce ne sont pas des substituts de parents qui comptent, mais la responsabilisation, la réalisation au sein du club. Une personne malade travaille au théâtre, à la couture pour faire une robe, la broder… Il y a une alliance du Club thérapeutique et de la famille avec des retours réguliers dans la famille. Quand notre fille monte sur la scène du théâtre de La Borde et que le public du 15 août se tourne vers elle qui a de la présence, c’est un miracle de reconnaître ses progrès, ça fait énormément de bien. L’accueil requiert la stabilité des intervenants et leur coordination entre eux, les progrès sont toujours possibles à condition que cette articulation existe. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Dr Blot évoque la fonction d’accueil d’un monsieur qui en pleine bouffée délirante faisait visiter tout son service et jusqu’à la chambre d’isolement. Cette attitude active a permis de se poser la question de l’accueil dans le service des personnes en HO ou HDT, question non encore résolue… Une assistante sociale souligne le poids du forfait hospitalier de 13,5 E, pour un séjour moyen de deux ans dans son hôpital, pour des personnes souffrant de schizophrénie. Le manque de prise en charge des mutuelles requiert des séjours intermittants, les MDPH surchargées ne facilitent pas l’insertion sociale ou professionnelle qui sont problématiques et ce n’est que dans le cas où les familles sont soutenantes qu’on peut envisager la continuité réelle des soins, sinon, c’est la rupture, la marginalisation et le retour à la rue. Les MDPH proposent des orientations professionnelles non adaptées et leur lenteur administrative fait partie du handicap voire le majore. Pas de vraie réponse des ARS à la question des soins de réadaptation, ni sur la vie au quotidien. Les soins sont réduits, les conseil généraux serrent de plus en plus leurs aides, des personnes ne pourront plus être soignées demain, les tierces personnes participeront à l’enfermement domestique… Il y a une attente politique, autre que distributive pour les handicapés. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Marie-Alice Blot rappelle que l’Aide Médicale Etat réformée complique l’accueil des malades étrangers venus en France en voyage pathologique. Roger Fleuret parle des centres de post-cure et de la difficulté de maintenir le contact avec le champ sanitaire qui a « fini son travail » dans le parcours de soins. Pour Serge Bédère, les ponts discursifs entre les différents lieux sont essentiels : la MDPH ne peut pas traiter les cloisonnements, il faut instituer d’autres lieux de paroles partagées pour que les liens de connaissance donnent de la vie dans l’organisation administrative.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A noter que le médico-social géré par les hôpitaux généralise les forfaits hospitaliers : moins de soins actifs pour un même forfait hospitalier, l’indignité mercantile est sans pudeur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La durée des AAH est passée de 10 à 5, voire à 2 ans : certains s’inquiètent de cette précarité économique dont l’État organise le contingentement quand la santé est précaire… D’autres inquiétudes du côté des familles, quand une pathologie médicale importante est conjointe à la pathologie psychiatrique, des discriminations de modalités de traitement ou de prise en charge s’organisent : n’y a-t-il pas un risque de « perte de chance ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Même en psychiatrie le diagnostic d’experts se généralise : batterie de tests, diagnostic, conduite à tenir : « vous avez un trouble schizoaffectif, il vous faut passer un IRM et que votre médecin vous donne du Léponex. » Ce discours entendu à Sainte-Anne surprend l’auditoire: que fait-on de la souffrance de la famille qui est confrontée à un « savoir sur la maladie » qui n’aide pas forcément à accepter ce qui se joue là. Pour M. Masnou le déni des familles fait signe de leur espoir. Les mots sont porteurs de sens, de peur aussi. La personne malade a une interrogation existentielle. Nous disons à notre fille qu’elle n’est pas folle ! Ce qui importe ce sont les rencontres régulières avec la personne et avec sa famille.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour Oury: l’hôpital est dangereux et porte en soi une pathologie. Comme jadis, pour soigner les personnes il faut soigner l’hôpital. La structure bureaucratique n’a jamais été aussi forte que maintenant. Il importe de situer d’où vient la Croix-Marine : retour des camps, Auschwitz, 40 à 60.000 morts de faim dans les hôpitaux pendant la guerre ; s’il n’y eut pas de mort à Saint-Alban, c’est grâce aux associations 1901 qui devinrent Croix-marine. Tosquelles y avait trouvé l’horreur : quartiers de gâteux, d’agités, cellules, contentions, à mon arrivée en 47, il n’y avait plus rien de tout cela, sans médicaments : grâce à la vie quotidienne. Une bibliothèque, un bar, des sorties, un ciné-club où venaient les habitants de St Alban. Il y avait une ambiance de vie, et la responsabilisation de chacun avait tout remis en mouvement. Cela s’est structuré aussi par l’Association Culturelle du personnel. En 1949, Germaine Le Guillant organisa les stages CEMEA où les infirmiers psychiatriques apprenaient les techniques de groupes ; et dès les journées de Bonneval en 1952 Tosquelles, Le Guillant, Daumézon, avec les infirmiers soulignaient l’absolue nécessité d’une structure collective pour soigner les préjugés, l’hôpital, les médecins qui ne sont pas indemnes de la bureaucratie. Il faut mettre cela en question sinon l’on ne peut pas parler d’accueil. Après l’affaire de Pau en 2004, ce sont les administrateurs qui ont été convoqués, pour faire des UMD, rehausser les murs, mettre des barbelés, des caméras… Il ne faut pas laisser passer ça, cela mérite une prise de position. » &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a des suicides, des symptômes qui sont entretenus par les conditions mêmes de l’hospitaliation. Que produisent aujourd’hui les cellules, la mise en pyjamas, les contentions, et quel prix cela coute-t-il ? Catherine Hertzberg raconte qu’un prisonnier avait mis en scène un faux suicide pour aller à l’hôpital ; au bout de 8 jours, il a demandé qu’on le ramène en prison. C’est une anecdote ? Ca fait partie de la question. Lisez la thèse de Philippe Paumelle de 1952, cela donne conscience de ce qui est pathogène, il ne faut pas fétichiser l’hôpital, on régresse à un niveau exceptionnel, c’est un traitement collectif de l’hôpital qui est nécessaire : il faut une approche multiréférentielle, pharmacologique, psychanalytique, neurologique, anthropologique, phénoménologique, tout ça c’est le niveau opératoire qu’il faut soutenir concrètement. Doussinet à Clermont-Ferrand préparait la Croix-Marine, il s’est mis en rapport avec madame Delaunay, la femme du super-Préfet, il a fait des tas de trucs extra-hospitaliers, mais l’intra-hospitalier ? « On y crée un Club » a dit Tosquelles, mais déjà à cette époque, il était difficile de faire comprendre que le club traite l’hôpital, la hiérarchie, la bureaucratie : on pouvait faire du mime, du théâtre, l’administration sortait de son bureau pour jouer les pièces devant les malades, danser au bal du Club. Et comme à Pere Mata, les cours aux infirmiers ont eu lieu pour la première fois, c’était extraordinaire, je n’y connaissais rien, « justement » a dit Tosquelles et ils m’ont tout appris. Cette formation des infirmiers a été supprimée en 1987. Des infirmiers ont fait grève : « nous ne sommes pas là pour balayer… » Les ASH, eux, n’avaient pas le diplôme de la parole pour parler avec les malades… Si on n’analyse pas à ce niveau, tout est récupéré par une bureaucratie de plus en plus armée. Il faut responsabiliser, faire se connaître les personnes, il faut une possibilité de liberté. La fonction thérapeutique c’est au long cours, s’il y a une possibilité de mise en commun des responsabilités concrètes, elle est partagée par les médecins, les psychologues, les infirmiers, les ASH et les malades eux-mêmes…. A condition qu’on leur en donne les moyens. Cela demande une analyse permanente. Comment s’oriente la Croix Marine dans cette période épouvantable de bureaucratisation qui a produit en 1983 le forfait hospitalier, en 87 la suppression des écoles d’infirmiers psychiatriques, en 92 le numerus clausus en médecine qui fait qu’aujourd’hui 1500 à 1800 postes de psychiatres sont vacants dans les hôpitaux… Il faut mettre en question toute cette destruction. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. D’Elloy : « je voudrais parler du mot « accompagnement » qui me semble ambiguë et terrible. Je me souviens que notre fils, la deuxième année de son séjour à La Borde s’accrochait encore à la portière de la voiture quand nous partions. Nous allons le voir tous les mois, maintenant, il nous fait un petit signe et s’en va de lui-même du parking à la clinique. Il a une vie, il n’est plus enfermé comme il l’était avant où il allait de la maison familiale à l’hôpital de jour, jusqu’à ses 26 ans. Maintenant, il est à La Borde, il a une vie normale, il parle de sa vie à La Borde, de l’atelier pic-vert où il va chaque mercredi à l’extérieur dans une sortie du club, comme il parle du cinéma, ou de sa vie quand il voyage avec nous dans la voiture en allant ou venant du sud-ouest à La Borde, il y a une lente structuration. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. Masnou : « Quand quelqu’un vient à La Borde, c’est une autre ambiance, bienveillante. Avec notre fille, nous avons connu la pathologie des établissements, comme toutes les familles. Les établissements isolés qui ont tendance à travailler pour leur propre bénéfice, sans logement collectif avec une réflexion sur l’accueil : 2 personnes qui ne se connaissaient pas devaient partager la même chambre, elles doivent s’entendre, sans partager d’autres activités, impérativement. Si la famille questionne l’effet sur la santé d’une telle situation, il est répondu : « Nous savons notre métier ! C’est ainsi qu’il faut procéder. » Nous sommes confrontés à une fermeture. Il faut pourtant articuler le processus de soin et l’insertion. Dans la structure collective de La Borde, nous avons entendu dire de notre fille que par sa présence, elle fait du bien aux autres… C’est la première fois que nous avons entendu une chose pareille. Cette articulation dans l’intérêt des personnes est autre chose que la pathologie de l’enfermement de l’établissement refermé sur lui-même. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. D’Elloy précise que depuis qu’il est à La Borde et grâce au club, il vit sa vie dans le lieu où il est soigné et dans sa famille où il vient régulièrement, il a autant d’événements à raconter que sa sœur qui habite et travaille à Hong-Kong.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. Lecarpentier précise l’importance de la structuration qui s’est produite grâce à la dimension narrative que soutient le club : l’histoire du club qui se raconte permet aux personnes de se structurer psychiquement. C’est ce qui s’est produit pour le jeune homme : avec l’atelier pic-vert, il y a eu la possibilité de donner une existence au mercredi et de le distinguer des autres jours de la semaine, jusqu’alors mélangés, à partir de là, progressivement, il a reconstruit une temporalité vécue et l’a intériorisée. S’est aussi structurée l’histoire personnelle et familiale autrement que sur le mode de l’énumération sans véritable récit, ce processus thérapeutique a déployé au long cours une articulation structurante et structurée des lieux fréquentés et de sa propre élaboration existentielle. Toute la famille en a ressenti un mieux être.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oury : à propos de la fonction d’accueil : un jeune homme qui va avoir 40 ans était venu dans des circonstances dramatiques, il se présentait sur un mode hébéphréno-catatonique très classique. Il y a quelques années, un mardi soir, il a débarqué, il a pris le train et est venu à pied de la gare de Blois, il nous a supplié de le garder, il avait fait une fugue à l’envers… Il venait d’un appartement thérapeutique de l’ouest de la France. Il est un des meilleurs chauffeurs de La Borde, remarquable, il fait partie du club. Chaque mois, son père vient en train et participe à la réunion Pitchum du Mercredi matin, puis ils vont se ballader. Il y a une sympathie, tout le monde le connaît, il parle de la ville où il habite et reçoit son fils régulièrement pour aller voir un match de foot, ça fait partie d’un accueil permanent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M. Lecarpentier précise aussi qu’il habite désormais dans une maison associative Croix-Marine avec 7 autres personnes qui comme lui y habitent comme tout citoyen de plein droit, il ne s’agit pas d’une maison relai, ni d’une maison pour handicapé, ni d’une maison qui aurait un contrat quel qu’il soit avec l’état : l’association loue cette maison et établit des contrats d’hébergement qui permettent aux habitants de toucher une allocation logement comme toute personne à faible revenu. A noter que sa chatte habite avec lui et apprécie de pouvoir circuler librement dans la maison et particulièrement dans le jardin.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une mère d’une personne qui a des troubles schizo-affectifs se dit très sensible à ce qu’elle a entendu et déplore qu ‘on ne parle plus du tout de psychothérapie institutionnelle au CH de Pau, il y a eu un déclin dans les années 80, mais une attente forte aujourd’hui. Comment transmettre et travailler ces questions quand les soins des crises sont privilégiés, et les médicaments. Elle évoque le manque de places d’hospitalisation et de consultation et secondairement à cela, des suicides dont elle a eu connaissance. C’était paradoxalement plus facile après la guerre puis que tout était à reconstruire. Le CH de Pau fut un lieu vivant aujourd’hui les malades s’y ennuient et il n’y a pas assez de personnel.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une directrice des soins dit son émotion et ne sait comment soigner son hôpital : la bureaucratie, nous en sommes tous les acteurs et ne réussissons plus à construire le dispositif de soin pour qu’il y ait du soin pensé. Les patients fument, les soignants sont devant l’ordinateur. Nous faisons des contentions multipliées, on a spécialisé des unités fermées avec des soins proches de ceux des lieux de détention… Il n’y a plus dans les têtes ni dans les faits de cohérence du soin, de permanence, de continuité des soins nous sommes confrontés à cela tout en y contribuant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une directrice de la Psychiatrie d’un hôpital universitaire dit son trouble devant la présentation au Préfet comme garantie de sécurité du service des urgences, l’existence d’une pièce où il y a un lit et des contentions ventrales, des mains et des pieds. Ellle a en effet été sollicitée pour donner son avis à propos d’un adolescent qui était là attaché sur ce « lit d’accueil » des urgences psychiatriques. Quand un tel équipement existe, il finit toujours par être utilisé. C’est peut-être là une des forces de la bureaucratie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un éducateur spécialisé dit qu’il n’y a pas que dans le champ médical que se pose la question de l’accueil et du manque d’effectifs, voire de la solitude que l’on connaît aussi chez les travailleurs sociaux. Il faut entendre le discours de l’histoire, que le docteur Oury ne démissionne pas, les journées Croix-Marine sont importantes…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Dr François Bonnal parle en détail des Clubs thérapeutiques de son secteur à Ste Gemmes sur Loire, qui travaillent en inter-clubs dans l’hôpital et la cité urbaine et rurale. Mais tout ce dispositif qui a plus de trente ans d’histoire est aujourd’hui mis à mal par les nouveaux outils de l’hôpital : on est contraints par ce qui se met en place à l’hôpital : ainsi, un monsieur s’est retrouvé en HO parce que la PJJ qui suivait ses enfants s’est adressée à un service asectoriel pour qu’interviennent un psychiatre et un infirmier sans lien avec les équipes de secteur, du centre de jour, du CMP et du Club. L’hôpital a aussi une équipe inter-sectorielle qui n’a pas de liens avec l’équipe des secteurs où elle intervient, ni avec les travailleurs sociaux ni avec les élus… Le cloisonnement est complet et l’isolement de ceux qui prennent des décisions comme de ceux qui s’y trouvent confrontés sans concertation. La Fédération des comités hospitaliers et des clubs thérapeutique rend des comptes sur leur budget à l’administration, et partout où ils existent, nous constatons que ça marche mieux et que même les patients les plus en difficulté donnent des idées qui sont mises à profit de façon extraordinaire. Mais pour cela, il faut pouvoir être avec les gens et parler librement pour que les choses puissent évoluer. Il n’est pas facile d’être dans une pensée de l’accueil quand se développe un système urgentiste plus rémunérateur. Les clubs et les associations culturelles permettent de parler, de penser ensemble, pour que les personnels soignants ne tombent pas dans la spirale du désinvestissement de la réflexion collective entrainée par la systématisation des protocoles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oury conclut en évoquant les ravages du modèle italien qui a occasionné la mort de quantité de malades qui se sont perdus dans les montagnes, qui ont été mis à la rue quand les hôpitaux ont été fermés par méconnaissance idéologique des complexités des maladies. En France, quantité de psychiatres ont été séduits par cette mystification du modèle italien, et les idéologies coûtent cher, ce n’est pas du pur esprit. Deux personnes de l’ARS sont venues visiter La Borde il y a deux mois, voici leur conclusion : « Ici, l’architecture est aux normes mais c’est un lieu de vie, ce n’est pas un lieu de soins. » &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La bureaucratie fabrique des ségrégations gravissimes. La Croix-Marine doit reprendre ce qui s’est passé à Pau en Juillet 1953. Les Comités hospitaliers et les Associations culturelles sont en rapport contractuel avec les établissements, ils favorisent l’accueil des familles, des personnes réputées malades et celles réputées les soigner qui peuvent elles-mêmes tomber malades. La Fédération Inter Associations Culturelles et la Fédération Croix Marine devraient se parler concluaient de nombreux participants à l’atelier qui rassembla un tiers des présents aux journées de Pau 2011.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-1095561681748528629?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/1095561681748528629/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/journees-nationales-croix-marine-pau.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/1095561681748528629'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/1095561681748528629'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/journees-nationales-croix-marine-pau.html' title='Journées nationales Croix-Marine PAU Septembre 2011 Atelier Coordination Région Centre'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-4428781341183889206</id><published>2012-01-07T10:47:00.000-08:00</published><updated>2012-01-07T10:47:53.644-08:00</updated><title type='text'>Le temps de l'informatisme par Guy Arthur Rousseau</title><content type='html'>&lt;div style="color: white; font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;1Guy&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 16px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 18px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le temps de « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 18px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;L’informatisme »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 18px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 16px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 18px/normal Times;"&gt;&lt;/span&gt;(Une tyrannie sans tyran)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 16px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;S’il n’y a pas d’autre pouvoir que celui de la langue, son instrumentalisation technique pour nouer le lien social et s’attacher l’être parlant, s’élabore aujourd’hui dans les coulisses du spectacle. L’apparition &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;d’une tyrannie sans tyran (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;1)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et sa manipulation des images (ou des profils) nous permet d’envisager d’en finir avec l’autorité de la parole et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;l’attente croyante &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;qu’elle suscite. Georges Orwell nous l’avait décrite dans sa prophétie d’un &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;novmonde &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;tissé d’un code, l’&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Angsoc, ou Novlangue. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Au cours de l’exercice de conditionnement du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;dernier homme en Europe (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;2)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, O’Brien, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;technicien comportemental, dit à Winston :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;-« &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Quand, finalement, vous vous rendez à nous, ce doit être de votre propre volonté. Nous ne détruisons pas l’hérétique parce qu’il nous résiste. Tant qu’il nous résiste, nous ne le détruisons jamais. Nous le convertissons. Nous captons son âme pour lui donner une autre forme. Nous lui enlevons et brûlons tout mal et toute illusion. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Or, «&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;ce qui oppressait le plus Winston était la conscience de sa propre infériorité intellectuelle » &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;face au savoir incontestable de son bourreau&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous indiquant ainsi la fragilité actuelle de la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;décence ordinaire (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;3)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;à l’épreuve de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;ceux qui savent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. O’Brien poursuit :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;-« &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le commandement des anciens despotismes était: «Tu ne dois pas. » Le commandement des totalitaires était : «Tu dois. » Notre commandement est : « Tu es. » Aucun de ceux que nous amenons ici ne se dresse plus jamais contre nous. Tous sont entièrement lavés. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est, effectivement, à un véritable essorage des signifiants que procèdent ces méthodes au service d’un pouvoir manipulateur, déniant sous le nom de gouvernance, sa propre position. Prétendant en avoir fini avec le despotisme du : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Tu ne dois pas &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», nous supposons être venu à bout du totalitarisme du : «&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Tu dois &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», quand les temps de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;l’informatisme &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;détournent au miroir de la techno-science les pouvoirs de la langue. Ils amènent les masses - fascinées par les images et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;soumises à ceux qui savent sur l’autre &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;- à revendiquer &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;de leur propre volonté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, comme le dit O’Brien, l’attribution d’un profil les réifiant. (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;4)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Une propagande largement médiatisée, a pour but de tisser le discours courant d’injonctions techno scientistes. Elle se développe aujourd’hui, en toute impudeur, et ne recule devant aucun montage trompeur. Le tour de passe-passe consiste à invoquer, à grand renfort d’enquêtes et de preuves statistiques, les conclusions de la polémique inné/acquis à propos de l’autisme, par exemple, quand le caractère incontestable du terrain génétique ne relève pas du même registre que celui de la reconnaissance symbolique du sujet parlant !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: white; font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Un film complaisamment diffusé sur les réseaux internet, nous donne une parfaite illustration de ce malentendu artificiellement entretenu, et transformé en coup gagnant : (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;5)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le mur&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;la psychanalyse à l’épreuve (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;sic&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;) de l’autisme », &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;est un modèle de management de l’Autre, communication audiovisuelle manipulant les images à l’intention de ceux qui, rassurés par leur permanence et leur fixité, ne demandent qu’à en être informés (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;6)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Son introduction est particulièrement éclairante :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Sur le fond d’écran noir d’une énonciation sans visage, c’est-à-dire sans place repérable, la voix péremptoire de la réalisatrice annonce une thèse scientifique indiscutable : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Tous les autistes présentent une anomalie dans une zone du cerveau ». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;En conséquence, dit-elle, la psychanalyse, cure par la parole, « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;dans l’ignorance de cette découverte »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, doit être dénoncée comme inopérante.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;A la rigueur froide de ce premier plan, succèdent les visages de psychanalystes supposés répondre, du lieu de leur pratique clinique, à des questions dont on ne sait si elles leur ont été directement adressées. A découvert (c’est-à-dire sans se dissimuler derrière l’écran noir), ils s’expriment, en laissant apparaître, sans fard, les manifestations inconscientes de tout être parlant. A la certitude absolue du discours scientiste, ils s’exposent ainsi au « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;report infini de la vérité à travers le langage» (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;7)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. Ils &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;tiennent, de fait, un discours honnête mais faillible - même s’il est parfois discutable (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;8)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;– convaincus qu’ils sont, que le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;mi-dire de la vérité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;9 &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;peut-être entendu dans le contexte éthique de la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;décence ordinaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Son art de la communication ne masque pas les intentions prédatrices de la réalisatrice administrant la preuve visuelle par un découpage habile de séquences choisies, exhibées hors contexte, épurant les échanges et forçant les images à la causalité linéaire d’un exposé paraissant ainsi rigoureux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Il est cuisant pour les praticiens de voir que ceux qui se sont colletés avec patience et depuis si longtemps aux questions des enfants autistes, ceux qui ont accueilli leur sensibilité avec&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;bienveillance, ceux qui en ont perçu l’appel d’humanité soient ainsi maltraités, livrés à une parodie d’entretiens scientifiques les réduisant à l’absurde. Ils ont, semble-t-il, en négligeant les conditions d’énonciation qui leur ont été faites, dévalué leur propre langue pour privilégier la dimension spectaculaire de la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;langue du management.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est non seulement oublier l’irréductibilité à la communication de masse, de la psychanalyse, pratique de l’intime, mais c’est aussi ignorer que : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;La hargne, souvent la haine dont la psychanalyse semble désormais la proie, renvoie à une aversion plus profonde : la haine du langage telle qu’elle s’exprime dans l’homme d’aujourd’hui » (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;10)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Haine du langage et par conséquent de l’être parlant. Le ridicule d’une image, par exemple, présentant le silence de l’un d’eux au regard d’une interlocutrice sans visage, met en évidence la cruauté de la réalisatrice qui, lors de l’entretien, a été témoin du sens de ce silence dans l’élaboration de la pensée de celui qui parle, et qui a l’indécence de la réduire, pour le spectacle, à un geste burlesque ! La dérision est l’arme contemporaine de la casse de la fonction humanisante du symbolique, l’arme d’une communication efficace.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le film, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;« Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme », &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;s’accompagne ainsi de coups bas qui en disent long sur le respect d’une langue ou d’une pensée différente, illustrant ce que Pasolini nommait, à propos de la société &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;marchande spectaculaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;techno fascisme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. Une autre séquence du film nous apporte pourtant quelques indications sur ce qu’on appelle, à grands renforts de publicité, la nouvelle approche de la question de l’autisme : Dans l’un des deux«&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;bonus» (sic) &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;qui accompagnent les vidéos, le docteur Monica Zilbovicius, chercheur à l’INSERM fait un exposé clair et pédagogique sur les localisations cérébrales.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Apparaissant sur l’écran noir d’une Vérité énoncée en ouverture du film, elle règne sur les outils orwelliens de fascination des masses : adossée à un arrière-plan de cassettes vidéo, elle a pour prochain un écran d’ordinateur, soutien spéculaire, affichant un cerveau accompagné d’une légende : -«&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le cerveau est né pour changer. ». -« L’enfant aussi», &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;est-on tenté d’ajouter ! Empreint des principes du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Novlangue&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, son propos adapte la langue des spécialistes aux besoins de la vulgarisation en réduisant le vocabulaire (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;11)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;à une expression simple. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Expertise sociale &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;interaction, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;par exemple, sont des mots qui remplacent, hors affects, le vocabulaire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;complexe et nuancé qui tente de rendre compte des ambiguïtés d’un sujet engagé dans un essentiel processus de narrativité, en proie à l’inquiétude de l’alternative intimité-altérité. Au détour d’une phrase, elle dit : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Quand on entend des voix, même des sons, le cerveau les traite d’une autre façon. La voix c’est pas la parole, ça peut être des sons comme « hum hum » où « papa », n’importe quel bruit qu’il puisse faire... »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;En écoutant l’enfant, il relève effectivement de la responsabilité de l’adulte de faire de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;papa &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;un &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;bruit quelconque&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. C’est un choix scientifique indiscutable. Mais ce choix ne risque-t-il pas, dans les circonstances ordinaires de la vie, de détourner &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le petit d’homme &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;de l’entrée dans l’univers de l’être parlant, fiction nécessaire à l’avènement de sa subjectivité ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est un risque pris pour l’autre que ce refus de saisir l’occasion de donner valeur humaine à la matière verbale. Aux onomatopées du bébé, n’est-ce pas de notre émerveillement que nait l’invention d’un sens : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Il a dit papa &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;!» ? Moment de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;re-co-naissance&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, constitutif de l’humanité de l’homme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;La pratique psychanalytique se situe sur ce versant de la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;décence ordinaire &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;dont les vertus sont la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;reconnaissance&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;partage &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;l’échange (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;12)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, vertus en parfaite concordance avec celles de la fonction symbolique. Elle implique l’interrogation permanente, aussi bien de celui qui parle que de celui qui écoute. Elle s’oppose à toute réification. Sinon elle rejoindrait le camp de ceux que hantent, souvent dans la crainte de l’autre étranger, un « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;féroce désir de ne pas co-naître &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;» (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;13)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Une question finale se pose donc : Quand découvrirons-nous la localisation cérébrale de l’autisme chez l’animal ? Ne doutons pas qu’il ne s’agit pas moins que d’une ambition raisonnée qui porte en elle le fruit de son croisement avec la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;langue du management &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;: l’homme &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;neuro économique (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;14)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Cette conception « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;bouchère » (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;15)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;de l’humanité n’est pourtant pas sans conséquences : relayée par les médias dans le but légitime « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;d’informer le public &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», elle encourage à la fabrication d’une langue politiquement correcte, dont le code de substitution permet de rendre désormais inutile toute police de la pensée ! Dans cette période d’une inquiétante familiarité, période de crise des valeurs humaines qu’elles soient économiques ou morales, la maîtrise technique de la condition d’un être parlant réduit à l’échange stimulus-réponse, apparaît comme le vœu du plus grand nombre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Au temps de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;l’informatisme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, l’impérialisme d’une carte génétique déterminante, nous dispensant des incertitudes de la parole, ne marquerait-il pas le retour du refoulé, répétition d’un passé funeste prise pour une mutation inscrite dans le progrès de l’humanité ? Déjà, certains textes officiels subissent la contamination d’un &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Novlangue &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;managérial restreignant les limites de la pensée critique, au profit d’un savoir comportemental sur l’autre. A leurs recommandations d’expériences politiquement correctes, de mises en grille et de réifications, s’ajoute une dissuasion discrète quant aux pratiques qui s’autorisent de la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;demande du sujet et qui font place à l’inconscient, c’est-à-dire à la part constitutive du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;parlêtre, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;rebelle parce que désirante Les pratiques psychanalytiques qui conservent leurs principes ne sont pas interdites, bien sûr, ce qui nécessiterait d’assumer la responsabilité d’une &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;inter-diction&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. Le tour de passe-passe de la gouvernance consiste à ne pas recommander celles qui refusent de se soumettre à l’ordre linguistique officiel (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;16)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, ce qui revient au quotidien à laisser au zèle de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;serviteurs volontaires, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;la gestion programmée de l’extinction des &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;lieux d’asile d’une parole vraie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. Le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;réseau &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(terme fétiche du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Novlangue&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;) non-lieu de la parole prétendument prise par tous (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;17)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, rend caduque l’&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;institution &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(terme désuet), espace de reconnaissance et de socialisation favorisant la métabolisation du symptôme en parole.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est à l’expérience concrète de ceux qui ont travaillé la question institutionnelle en référence à la psychanalyse que nous devons de pouvoir entendre la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;valeur humaine de la folie &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;comme appel. Comme le disait François Tosquelles : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;L’homme souffrant ira toujours à la recherche d’un lieu où il puisse parler, voire dissimuler sa souffrance psychique, et ces lieux seront toujours – hors de soi et à l’intérieur de soi – des lieux institutionnalisés, c’est-à-dire des lieux, plus ou moins rituels, de rencontre et de parole entretenue avec les autres » (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;18)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Il nous reste à réinterroger les tours de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;la servitude volontaire, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;en nous tournant vers les poètes qui, nous arrachant au conditionnement animalier, laissent, par amour, résonner les mots sur le métier à tisser de la langue, sachant que &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;: « C’est la langue qui poétise et qui parle à ta place » (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;19)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Guy-Arthur Rousseau&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, Nantes, le 6 décembre 2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(1)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Hannah Arendt : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Du mensonge à la violence ». Calmann-Lévy Paris 1972.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(2)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Titre que Georges Orwell souhaitait donner à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;1984.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est son éditeur qui en décida autrement.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(3)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Common decency&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;, dont Georges Orwell déplorait la perte, cause pour lui de la crise de la culture. Cf. Brice Bégout&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;: «la décence ordinaire ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;4)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;C’est-à-dire d’une figure réduite à sa plus simple expression, substituée à la complexité d’un visage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 12px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(5)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Film de Sophie Robert :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Depuis plus de trente ans, la communauté scientifique internationale reconnaît l’autisme comme un trouble neurologique&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;"&gt;entraînant un handicap dans l’interaction sociale. Tous les autistes présentent des anomalies dans une zone du cerveau,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le sillon temporal supérieur, identifiée en l’an 2000 par le Dr Monica Zilbovicius, psychiatre à l’INSERM.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Hélas, en France la psychiatrie qui reste très largement dominée par la psychanalyse, ignore résolument ces découvertes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Pour les psychanalystes, l’autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur résultant d’une mauvaise&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;relation maternelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Sophie Robert a réalisé une longue enquête auprès d’une trentaine de pédopsychiatres-psychanalystes afin de démontrer par&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;l’absurde (de l’aveu même des principaux intéressés !) l’inefficacité de la psychanalyse comme traitement de l’autisme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(6)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Ici le mot est à entendre dans son sens étymologique, soit&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;recevoir une forme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(7)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Roland Barthes :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;La quinzaine littéraire, numéro 205&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(8)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Certains propos peuvent être considérés au sens propre comme «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;déplacés »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;. Ils accréditent les critiques les plus violentes, tout autant que les erreurs de Bruno Bettelheim - largement médiatisées, à propos de la responsabilité des familles - permettent encore aujourd’hui une diabolisation de certaines interprétations, et jettent un discrédit sur l’ensemble des pratiques psychanalytiques. Il est évident que l’acharnement sur une erreur a pour but d’empêcher la transmission de l’œuvre de Bettelheim.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;A noter la juste position de Pierre DELION qui dit que : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Ces théories sont totalement dépassées&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», et que :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;« la psychanalyse sert à comprendre ce qui se passe entre l’enfant et ses accompagnants. Elle n’est pas dans l’explication des causes de l’autisme. »,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;ajoutant qu’il a été victime d’un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;abus de confiance&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;de la part des réalisateurs de films.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Libération,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le jeudi 8 décembre 2011).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(9)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Jacques Lacan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 8px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(10)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Jean clair : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Journal atrabilaire ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Gallimard. Jean Clair poursuit ainsi : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;[...] Domination absolue du sensoriel sur le spirituel. [...] Le Sinnlichkeit que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;redoutait Freud a fini par l’emporter sur le Geistigkeit dont il se réclamait. [...] Nous semblons désormais en perpétuelle représentation, sommés de bavarder sans penser. [...]La psychanalyse avait gardé, ainsi, seule peut-être dans un univers totalement technicisé, le respect de la langue. Dans la Bérézina du système éducatif, elle s’obstinait, demeurée fidèle à la loi du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;logos et dans le calme du cabinet, à sauver coûte que coûte les mots de la tribu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Freud, dit-on, écrivait comme Goethe. La comparaison est sans doute excessive, mais son sens est sous-estimé : pratiquer l’analyse, c’est bien avoir de la langue une connaissance si intime, si précise, exacte et poétique à la fois, qu’elle s’apparente à celle d’un écrivain. Cette prétention-là est devenue intolérable. Les hommes s’expriment désormais par purs réflexes cognitifs, ne répondent qu’à des stimuli sensoriels, comme le chien de Pavlov salive et aboie. Tout trouble ou tout ralentissement dans la communication ne relève que du physico-chimique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Ceux qui hurlent à la mort aujourd’hui contre la psychanalyse le font en écho à ceux qui, dans les années 30, en URSS et en Allemagne, voulaient interdire son exercice. Voici revenu le temps des brutes. »&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(11)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Dans l’appendice à «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;1984, les principes du Novlangue »,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Georges Orwell écrit :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;« Impossible d’employer le vocabulaire A à des fins littéraires ou à des discussions politiques ou philosophiques. Il était destiné seulement à exprimer des pensées simples, objectives, se rapportant en général à des objets concrets ou à des actes matériels. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(12)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Cf. Jean-Claude Michéa :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le complexe d’Orphée, la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Climats.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(13)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Cette fameuse formule était précédemment employée pour désigner le mécanisme autistique chez l’enfant. Il semble bien que l’on pourrait l’utiliser désormais pour l’ensemble du champ d’accueil du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;petit d’homme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Times; font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(14)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Pierre Legendre écrit dans « la société comme texte » (fayard) : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Depuis lors, « robot », vieux vocable d’origine russe évoquant le travail de l’esclave, a fait fortune pour désigner la machine construite à « l’imitation de l’homme » ; non plus l’antique et traditionnel marionnette mais « l’homme second » produit de l’industrialité, conçu pour devenir un être autonome pré programmé. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(16)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Cf. a ce sujet le mouvement de « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;sauve-qui-peut &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», qui consiste chez certains psychanalystes à céder sur leur propre vocabulaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 10px/normal Times; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(17)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Dans « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;la dignité de penser &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», Roland Gori évoque Walter Benjamin, à propos de la modification de la nature du savoir et de la parole dans nos sociétés spectaculaires : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Chaque spectateur peut se transformer en expert, mais encore parce que l’attitude de cet expert au cinéma exige de lui aucun effort d’attention. Le public des salles obscures est bien un examinateur mais un examinateur distrait »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(18)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;François Tosquelles, « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Soins psychiatriques &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;» numéro 9-1981.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 10px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 6.5px/normal 'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(19)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Schiller. Cité par Roland Gori dans : « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;La dignité de penser &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;», LLL, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 10px/normal Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;les liens qui libèrent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="color: #848484; font: normal normal normal 8px/normal Arial; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Helvetica Neue', Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-4428781341183889206?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/4428781341183889206/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/le-temps-de-linformatisme-par-guy.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4428781341183889206'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4428781341183889206'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2012/01/le-temps-de-linformatisme-par-guy.html' title='Le temps de l&apos;informatisme par Guy Arthur Rousseau'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-1061928352034433038</id><published>2011-12-17T00:05:00.000-08:00</published><updated>2011-12-17T00:05:27.460-08:00</updated><title type='text'>Autour de Wilfred R. Bion. Conférence F. Lévy. BPP Tours</title><content type='html'>&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;o:DocumentProperties&gt;   &lt;o:Template&gt;Normal.dotm&lt;/o:Template&gt;   &lt;o:Revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt;   &lt;o:TotalTime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt;   &lt;o:Pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt;   &lt;o:Words&gt;1706&lt;/o:Words&gt;   &lt;o:Characters&gt;9725&lt;/o:Characters&gt;   &lt;o:Company&gt;Croix Marine 41&lt;/o:Company&gt;   &lt;o:Lines&gt;81&lt;/o:Lines&gt;   &lt;o:Paragraphs&gt;19&lt;/o:Paragraphs&gt;   &lt;o:CharactersWithSpaces&gt;11942&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt;   &lt;o:Version&gt;12.0&lt;/o:Version&gt;  &lt;/o:DocumentProperties&gt;  &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt;   &lt;o:AllowPNG/&gt;  &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:WordDocument&gt;   &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:TrackMoves&gt;false&lt;/w:TrackMoves&gt;   &lt;w:TrackFormatting/&gt;   &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:PunctuationKerning/&gt;   &lt;w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;   &lt;w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;   &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;   &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;   &lt;w:ValidateAgainstSchemas/&gt;   &lt;w:SaveIfXMLInvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:IgnoreMixedContent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:Compatibility&gt;    &lt;w:BreakWrappedTables/&gt;    &lt;w:DontGrowAutofit/&gt;    &lt;w:DontAutofitConstrainedTables/&gt;    &lt;w:DontVertAlignInTxbx/&gt;   &lt;/w:Compatibility&gt;  &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="276"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;  &lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt; /* Style Definitions */table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Tableau Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin:0cm; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:"Times New Roman"; mso-ascii-font-family:Cambria; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:Cambria; mso-fareast-theme-font:minor-latin; mso-hansi-font-family:Cambria; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:"Times New Roman"; mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-fareast-language:EN-US;}&lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;    &lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;La Bibliothèque pour la psychanalyse de Tours &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Conférence de François Levy le 25 novembre 2011&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Autour de Wilfred R. Bion.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Prises de notes vagabondes de MC Hiebel-Barat&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;François Lévy est psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, &lt;br /&gt;où il dirige un séminaire sur la pensée et l’œuvre de W. R. Bion. Il a préfacé la traduction française des&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.ithaque-editions.fr/livre/10/Seminaires+cliniques"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color: windowtext; text-decoration: none; text-underline: none;"&gt;Séminaires cliniques&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; du même auteur.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Dans ses propos d’introduction, François Lévy évoque le poète John Keats que Bion aime à citer notamment dans son ouvrage L’Attention et l’Interprétation&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;…&lt;i&gt;je veux parler de cette faculté négative, la capacité d’être dans l’incertitude, le mystère, le doute, sans s’irriter à quêter des faits et une raison&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Bion appellera à son tour &lt;i&gt;capacité négative&lt;/i&gt;, la capacité à observer, à découvrir la réalité d’une situation et à y réfléchir. L’observation des faits est aussi une forme de pensée.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Les pensées, les conditions de leur naissance, leur croissance, leurs absences, leur mystère&amp;nbsp;: c’est à l’énigme qu’elles représentent que Bion consacre son travail de psychanalyste pour tenter d’en saisir le processus directement auprès de celles et ceux qui précisément rencontrent le plus de difficultés pour mener le travail de penser, les personnes psychotiques. Il s’y consacre, dit&amp;nbsp; François Lévy, avec un optimisme, dont il ne se départira pas, pour en ramener au jour la moindre étincelle.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Pour Bion, même lorsque l’élaboration n’a pas lieu, le matériau psychique de l’humain reste disponible, pour s’ouvrir à son heure à l’élaboration. Rien n’est jamais fermé, révolu, arrêté. A condition d’entendre ce qu’il y a de plus profond dans la psyché, à condition d’essayer d’accroitre les capacités de langage, de dialogue, de penser. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;L’analyse est ce lieu du dire où l’analysant rencontre l’autre comme différent de lui et, sur et dans la personne duquel il exerce une activité de pensée primaire en projetant des pensées non encore penser. Identification projective de ce que Bion désigne, dans l’outillage théorique qu’il propose autour de la capacité humaine de réfléchir, par le terme «&amp;nbsp;éléments béta&amp;nbsp;», motions pulsionnelles surgies des expériences émotionnelles, faits non digérés, non transformés qui rendent l’existence indigeste et difficile et sous la domination desquelles la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Pour François Lévy, le souci de connaissance de Wilfred R. Bion représente une véritable révolution dans la pensée psychanalytique du même ordre que la rupture épistémologique que Freud introduira dans le champ de pensée traditionnel de la fin du XIXème siècle.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le psychanalyste anglais est mu par une immense curiosité pour la vie de l’esprit, les mécanismes de la pensée, l’élargissement de la connaissance de l’homme. Ce qui importe avant toute chose pour lui, c’est la création de liens de penser entre les personnes, ce qui s’échange entre elles dans un aller-retour relationnel, ce qui n’est pas toujours nécessairement équivalent à se comprendre mais sans lequel il n’y a pas de développement psychique possible. Bion formule l’hypothèse que l’identification projective est une forme précoce de ce qui plus tard sera appelé une capacité de penser autrement dit la capacité d’entrer en contact avec les puissances du reste du monde. A condition que ce mécanisme rencontre dans son parcours projectif une réciproque, à savoir une activité introjective d’un autre qui reçoit les projections d’éléments béta, les accueille pour leur donner sens, autrement dit les transforme dans un échange relationnel qui ouvre au processus d’humanisation, qui humanise les émotions (la frustration, l’envie) aux prises avec la réalité (la faim), qui permet progressivement de passer d’une vie biologique insupportable à une existence possible par et avec les autres humains.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Je suis mort le 18 aout 1917&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: Bion participe à la Grande Guerre. Il rejoint les forces de l’armée de sa Majesté britannique. Il est en Flandres, à Ipres. Au cours d’une attaque terrifiante, tous les hommes qui se trouvent sous ses ordres sont tués. Il est le seul survivant, au milieu des cadavres. Expérience quasi indépassable, expérience de mort psychique, d’une vigueur traumatique exceptionnelle qu’il relatera dans ses Mémoires de Guerre.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Nous le savons, c’est à partir des perturbations psychiques prenant la forme de rêves traumatiques à répétition que Freud sera amené à remanier la première topique&amp;nbsp;: inconscient, préconscient, conscient. Comment en effet rêver de quelque chose aussi désagréable (unlust) alors que le rêve est l’accomplissement d’un désir&amp;nbsp;? Ces premiers concepts ne sont pas suffisants pour comprendre ce qui se passe psychiquement pour ces hommes. D’où le travail de Freud et l’élaboration de la 2ème topique&amp;nbsp;: ça, moi, surmoi et les instances moi idéal / idéal du moi.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;C’est à l’occasion de la deuxième guerre mondiale que Bion commence son travail sur la psychologie des petits groupes&amp;nbsp;à partir du fonctionnement des groupes dans les casernes militaires&amp;nbsp;: pourquoi autant d’inefficacité alors même que la survie des hommes est en jeu&amp;nbsp;? Pourquoi aussi peu de concordance entre les actions et les missions&amp;nbsp;: revenir victorieux&amp;nbsp;? S’ébauchent au cours de ces observations les hypothèses de base du fonctionnement mental, d’un état psychique dès que des individus se trouvent rassemblés dans un groupe (ici militaire)&amp;nbsp;: fonction du leader et dépendance des membres, affinités électives entre les uns et les autres (couplage), attaque/fuite groupée y compris dans la capacité de se liguer dans la haine du leader pour demeurer un ensemble constitué ou tous fuir pour que dans la fuite commune le groupe reste formé.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Cette «&amp;nbsp;aire archaïque indifférenciée très vivace de réaction groupale&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2543048884096880956#_edn1" name="_ednref" title=""&gt;&lt;span class="MsoEndnoteReference"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;», Bion la nomme le protomental du groupe qu’il soit constitué ou en voie de constitution.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;A partir de quoi nait la pensée&amp;nbsp;? Pour Bion, penser c’est créer des liens d’où tout l’intérêt qu’il va porter aux premiers temps de la relation environnement-bébé, de ces premières interactions précoces le plus souvent entre la mère, l’environnement premier, et son bébé. Pas un environnement exceptionnel, mais un environnement déjà suffisamment et simplement ajusté aux émotions du bébé dans ses premiers mois de vie où son existence prend forme.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;C’est la mère, le plus proche adulte tutélaire, mais cet adulte peut ne pas être la mère si celle-ci s’absente de façon fréquente, qui au cours des premiers échanges avec son bébé lui permet de s’humaniser en donnant sens par ses paroles et ses gestes aux odeurs, aux sons, aux lumières, aux variations de températures que le bébé ressent comme émotions primordiales en provenance du monde extérieur. Donner sens, c’est lui permettre de les intérioriser, de se familiariser avec ces objets, de les mettre en lui comme bons objets internes. Donner sens aux cris du bébé, les reconnaître dans ce qu’il exprime, vient de l’autre maternel autrement dit dans le processus d’humanisation à tous les âges de la vie donner sens, reconnaître, penser, vient de l’autre. Reconnaître l’autre, penser avec l’autre, c’est aimer.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;La question du Contact est d’une importance essentielle dans la capacité d’être en relation, de construire le monde les uns avec les autres. Chez certains patients, le contact représente un danger terrifiant dont ils se protègent pour survivre en attaquant tout lien, tout ce qui se présente du côté des liens. Comment alors entrer en contact avec ces patients&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Au cours de l’analyse l’accord de pensées a toujours un effet de grande résonnance jusqu’à causer parfois des ravages épouvantables. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Au début de la séance, le patient ne ferait-il pas autre chose en fixant tel ou tel objet du paysage que de projeter sur le tableau accroché au mur, les rideaux de la fenêtre, un vase, une chaise, des éléments béta, des éléments mauvais, des éléments d’agressivité, de haine dont il cherche à se débarrasser ailleurs que sur la personne de l’analyste&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;L’analyste, dit Bion, doit tenir compte de l’identification projective évacuatrice sur ces objets inanimés. Par sa fonction phorique, il lui revient de prendre en soi et avec soi ces évacuations pour essayer de penser les objets expulsés, et de les restituer transformés (fonction alpha) par sa propre pensée à l’analysant.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Les bébés usent de ce procédé pour traiter leurs émotions primitives&amp;nbsp;: cris, gesticulation, muscles&amp;nbsp;: les mains qui tapent sur la tablette de la chaise haute parce que le repas n’arrive pas assez vite, les cris qui se renforcent parce que la mise au sein ou son substitut tarde à satisfaire ce qu’il ressent de désagréable et qu’il ne peut pas encore reconnaitre comme une sensation de faim. C’est la mère qui va lui ouvrir par la répétition du quotidien la métabolisation, la connaissance de ce que le nouveau né subi comme impression de ses sens, avec son chant à elle, que Bion appelle la capacité de rêverie maternelle ou encore fonction alpha&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;oui oui mon bébé, tu cries, tu as faim, je me dépêche, c’est bientôt prêt. Voilà, ça y est, ça fait du bien n’est-ce pas, tu es mieux comme ça mon bébé&amp;nbsp;» et plein d’autres lallations maternelles qui transforment le sentiment angoissant de frustration et de persécution de la réalité externe en du bon lait qui coule maintenant dans la gorge du nourrisson tenu dans l’odeur et la chaleur de sa mère. Origine du processus de penser, décrit par Bion, au moyen de l’abstraction contenu-contenant à partir du modèle du canal alimentaire du bébé en interaction avec sa mère. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Bion sait que les humains souffrent d’un défaut de connaissance. Notre capacité de penser est rudimentaire. L’analyse est un moyen de raccorder en nous des connaissances, refoulées dans un contenant appelé par commodité Inconscient, mais également non refoulées parce que héritées, transmis à l’insu de nos propres parents, ce que l’on peut appeler populairement les secrets de famille, les cadavres dans les placards.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Bion en vient à repenser la théorie freudienne et notamment l’Œdipe (Éléments de psychanalyse p.48). Ce qui intéresse Bion ce n’est pas le discours universel sur la question de l’Œdipe dans les différentes facettes de la sexualité humaine, pas&amp;nbsp; la valeur constante du mythe d’Œdipe dans la psychanalyse. C’est au contraire l’inconnu, ce qui n’a pas encore été visité. Il apporte un questionnement nouveau&amp;nbsp;: qu’est-ce qui a poussé Œdipe à vouloir connaître à tout prix en questionnant l’oracle de Delphes les causes de la peste qui s’était abattue sur Thèbes&amp;nbsp;? Ce que Bion questionne c’est l’enchaînement causal&amp;nbsp;: pourquoi cette obstination de connaissance chez Œdipe pour identifier le meurtrier de Laïos alors que Tirésias essaie de l’en dissuader&amp;nbsp;? Le point d’inconnu est ici la quête de la connaissance, la curiosité de l’homme sur lui-même, ce que Bion nomme la pulsion épistémologique. L’énigme de la Sphinge est de la même essence. La réponse est le malheur de la question&amp;nbsp;: suicide de la Sphinge et de Jocaste, aveuglement et exil d’Œdipe qui est lui-même le meurtrier qu’il recherche, malédiction de toute descendance&amp;nbsp;: morts violentes d’Étéocle, Polynice, Ismène, Antigone.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Les mythes, écrit Bion, du Jardin d’Éden et de la Tour de Babel renvoient d’une manière analogue aux attitudes d’un dieu hostile à ce que les hommes accroissent leur connaissance, parce qu’une telle recherche est ressentie comme une mise en cause de sa suprématie.&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2543048884096880956#_edn2" name="_ednref" title=""&gt;&lt;span class="MsoEndnoteReference"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le mensonge, comme illusion, erreur de l’homme sur lui-même est une voie d’accès à la vérité comme capacité du sujet à parler en son nom et non plus de la place à laquelle il est assigné par son et ses histoires. Cette vérité là est à l’opposé de toute doxa ou vérité imposée au nom de laquelle il ne peut exister de doutes, de contestations, de principe de contradictions.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;!--[if !supportEndnotes]--&gt;&lt;br clear="all" /&gt;  &lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div id="edn"&gt;  &lt;div class="MsoEndnoteText"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2543048884096880956#_ednref" name="_edn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoEndnoteReference"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Mireille Fognini Perspectives et apports de Bion au travail clinique Le Coq-héron in Cairn.info.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="edn"&gt;  &lt;div class="MsoEndnoteText"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2543048884096880956#_ednref" name="_edn2" title=""&gt;&lt;span class="MsoEndnoteReference"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; W.R.Bion, Éléments de psychanalyse PUF 1979 p. 64&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-1061928352034433038?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/1061928352034433038/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/12/autour-de-wilfred-r-bion-conference-f.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/1061928352034433038'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/1061928352034433038'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/12/autour-de-wilfred-r-bion-conference-f.html' title='Autour de Wilfred R. Bion. Conférence F. Lévy. BPP Tours'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-6129696779822593846</id><published>2011-12-03T01:32:00.000-08:00</published><updated>2011-12-08T23:43:59.285-08:00</updated><title type='text'>Rencontre et Hiérarchie : Hélène Chaigneau</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Séminaire de Psychothérapie Institutionnelle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;CHU de Tours. Année 2011-2012&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Séance N°1&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Lundi 21 novembre 2011 Psy D&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Thème : Rencontre et Hiérarchie&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Lecture : &lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Hélène Chaigneau&lt;/span&gt;, PAROLES,&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Collection La boîte à outils, Institutions, Cour-Cheverny Janvier 2011, p 38 à 55.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9 participants.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Introduction : Serge Drylewicz, psychiatre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Scribe : MC Hiebel-Barat&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le texte par lequel nous avons choisi d’inaugurer la première séance du séminaire optionnel de PI (Psychothérapie Institutionnelle) DESC 2011-2012 s’intitule :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Hiérarchie, ségrégation et psychothérapie institutionnelle » paru dans Soins Psychiatrie, n°9, mai 1981.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’ensemble de l’ouvrage est d’une lecture agréable et facile. Teinté d’une forte dimension d’oralité, il est cependant difficile à résumer. Ce n’est pas un traité méthodique de psychothérapie institutionnelle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quelques éléments de biographie d’H. Chaigneau :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Source http://balat.fr/Helene-Chaigneau-1919-2010.html&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Née le 12 octobre 1919, Hélène Chaigneau s’est éteinte le mardi 31 août 2010 au matin. Une cérémonie funéraire a eu lieu à Paris le mardi 7 septembre au cours de laquelle ses amis lui ont rendu hommage.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Pierre Delion&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; : « Hélène Chaigneau, psychiatre des hôpitaux, chef de service à Niort, Prémontré, Ville Evrard puis à Maison Blanche, a contribué à l’approfondissement permanent des concepts de la psychothérapie institutionnelle par son souci de la rigueur et de la justesse. Son esprit profond et critique et sa brillante intelligence des personnes et des évènements en ont fait un des piliers de la sagesse psychiatrique. Par sa présence elle contribuait toujours à l’élévation du débat, en dévoilant chez chacun des participants des qualités souvent insoupçonnées, et en renvoyant les auteurs d’interventions verbeuses dans leur médiocrité. Sans jamais manquer de respect avec l’autre, elle pouvait tenir ses propres positions avec une éthique intangible. Les soignants qui ont travaillé avec elle, les patients qu’elle a pris en charge quelquefois sur des dizaines d’années, se souviendront d’une femme remarquable qui avait su mener à bien la révolution psychiatrique du secteur en appui sur sa praxis psychanalytique et sur les réflexions de la Psychothérapie Institutionnelle. Membre active de ce mouvement avec François Tosquelles, Jean Oury, Horace Torrubia et d’autres, elle était très connue et estimée plus généralement dans les cercles psychiatriques, et notamment autour du mouvement de l’Evolution psychiatrique, elle a puissamment contribué à la formation des psychiatres et des infirmiers psychiatriques, en insistant toujours sur l’importance de ces derniers dans le soin au long cours. Plusieurs de ses élèves (Karavokyros, Baillon…) n’ont pas peu contribué à développer de véritables politiques de secteur dans les services qu’ils ont dirigés. Elle a été l’auteur avec Chanoît et Garrabé du rapport sur les « Thérapeutiques institutionnelles » au congrès de Psychiatrie et de Neurologie de Langue Française à Caen en 1971. Elle laisse une énorme série d’articles de fond sur la psychiatrie et la psychopathologie dispersés dans de nombreuses revues scientifiques. Une édition de ses principaux articles et contributions est en gestation sous la direction de Jean Garrabé, Lise Gaignard, Josette Puel, Michel Balat. Le premier volume devrait paraître en fin d’année 2010 aux éditions Campagne première.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une éthique intangible : « une pensée soumise ne peut pas s’honorer d’être psychiatrique ».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Modestie, gout du concret, méfiance du copinage.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Jean Oury&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; : « Pour moi : trois rencontres absolues... qui plient l’existence de façon définitive : François Tosquelles et Jacques Lacan en 1947, et Hélène Chaigneau en 1955... Trois variétés de silence, d’“intériorité subjective”, comme on le dit quelque part.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors la hiérarchie avec Hélène Chaigneau ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quelques mots clés : articulation, ségrégation, sélection.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ségrégation : séparation des populations de couleur d’avec celles des blancs. Rapport dominants-dominés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sélection : le tri entre ceux qui vont mourir là tout de suite et ceux qui vont survivre pour combien de temps ? : la sélection à l’arrivée des trains aux portes des camps. Choisir les individus comme les objets, ceux qui conviennent le mieux, qui seront le plus utiles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La hiérarchie est en rapport avec l’être-debout, elle est en rapport avec la dimension anthropologique de la verticalité et comme telle avec l’énigme mythologique de la &amp;nbsp;Sphinge :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et trois jambes ensuite6 ? » (Apollodore, Bibliothèque, III, 5, 8)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« (...) Œdipe trouva la solution : il s’agissait de l’homme. De fait, lorsqu’il est enfant, il a quatre jambes, car il se déplace à quatre pattes ; adulte, il marche sur deux jambes ; quand il est vieux, il a trois jambes, lorsqu’il s’appuie sur son bâton ». (Ibid.)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Œdipe, l’homme au pied enflé, est marqué là où il prend appui au sol, là où repose sa plante de pied, le pied si fragile des humains, tel pour Achille le talon, le point de vulnérabilité, point d’humanité exposé à la finitude.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La faculté de se dresser est l’assemblage des articulations en lien avec le narcissisme primaire lorsque la verticalité du tout petit est valorisée et admirée par son entourage : bienvenue parmi nous, petit d’homme ! Aux sources des affects et émotions qui accompagnent les premières expériences du moi dans le rapport à l’objet, sensibilités élevées en savoir intérieur par la phénoménologie, celle de la verticalité ouvre un champ d’expériences perçues dans une dimension de hauteur de la compréhension interne du monde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans cette station du bipède, l’ordre vient d’en haut. L’ordre hiérarchique est inscrit dans l’hominien.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La question de la verticalité renvoie à l’ouvrage de Ludwig Binswanger sur les &amp;nbsp;"Trois formes manquées de la présence humaine" : la distorsion, la présomption, le maniérisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(Le Cercle Herméneutique, « Collection Phéno », 2006).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’homme peut s’égarer en montant : tel est le sens de la présomption, le perdu trop-haut. Le psychiatre suisse montre en effet comment chacun va rater la présence au monde en voulant monter toujours plus haut, en perdant l’assise qui permet de s’élever tout en restant dans le monde commun. Par la hauteur se fait alors une sortie du monde; dans l’être-au-dessus s’amorce un ne-plus-y-être (présentation de l’éditeur).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au XIX me siècle, la mégalomanie se présente comme le paradigme de la maladie mentale : se croire plus fort que tout le monde, prétendre imposer ses présomptions à l’ordre social. J’AI RAISON seul contre tous, se dit sur fond d’une bibliothèque intérieure construite à partir d’un champ d’expériences perçues dans une dimension de hauteur excessive. Derrière le masque mégalomaniaque se dissimule une profonde détresse narcissique. Pour d’autres patients, il s’agit au contraire d’une dimension de largeur minimale, souvent pour des personnes très détériorées, qui se meuvent dans un monde étroit, repliés sur eux-mêmes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’étymologie grecque indique que hiérarchie vient de deux mots : l’un signifie « sacré », « saint », l’autre « commandement » « pouvoir » ou « commencement, ce qui est premier » ce qui est archaïque.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le modèle hiérarchique est-il une aide ou un obstacle à combattre ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La réponse d’Hélène Chaigneau est sans appel : la « dé-hiérarchisation » des relations des soignants, entre eux et avec les patients, apparaît comme une condition fondamentale de la qualité thérapeutique d’un organisme de soins &amp;nbsp;». Le club thérapeutique est la trace concrète de la &amp;nbsp;dé-hiérarchisation : maniement et gestion de l’argent mis en commun, partage des initiatives, exercice partagé de la citoyenneté où chacun a son mot à dire et où les mots des uns ont la même valeur que les mots des autres, construction d’une histoire commune venant faire « rupture de solitudes » liées à la maladie elle-même.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« L’ordre hiérarchique est contradictoire avec le mode de travail en équipe préconisé dans l’exercice de la PI &amp;nbsp;» : quid de la notation par les médecins-chefs de service (les petits marquis disait Lucien Bonnafé) des infirmiers. C’est dit Hélène Chaigneau une anomalie de taille, sauf à y exercer un contre pouvoir favorable aux infirmiers par rapport à l’administration.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’éthique d’une position hiérarchique dans une équipe (hiérarchie éthique) est de se tenir dans une posture mobile en fonction de ce qu’apporte les uns et les autres dans leur diversité, posture mobile pour tenir compte des évolutions des situations, posture mobile pour combattre les rigidités statutaires, accepter le conflit et en toutes circonstances la dialectisation des points de vues contradictoires.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avoir le dernier mot, c’est une volonté de vaincre les oppositions, de faire disparaître les contradictions dans la logique du principe de non contradiction (Viktor von Weizsäcker) de remporter une victoire accompagnée de ses trophées : tributs de guerre, esclaves etc.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’égalité de paroles dans une équipe, c’est un pari gagné par tous ou par le plus grand nombre. Mais l’égalité ne saurait se confondre avec l’interchangeabilité ou l’anonymat dépersonnalisant des statuts qui viendraient recouvrir aussi rôle et fonction : « ceci n’a rien à voir avec un nivellement qui se ferait toujours au plus bas, comme tous les nivellements, et qui consisterait à proclamer que « tout le monde, il est égaux, tout le monde, il est pareil &amp;nbsp;».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le point de vue de certains peut influer d’une façon particulière le cours d’une discussion en raison de leurs engagements dans telle ou telle situation. Ces engagement et implication personnels ouvrent un droit à celui qui les ont pris et mis en acte : le droit de s’exprimer sans être jugé. Il s’agit dans un travail d’équipe d’être solidaire dans la diversité. C’est d’une très grande complexité de ne pas confondre uniformité avec égalité, égalité avec égalitarisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il importe de se dégager du rapport hiérarchique afin de pouvoir prendre appui sur les capacités de chacun au-delà des rigidités statutaires.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La constitution d’équipes de petite taille qu’Hélène Chaigneau appelle ‘équipes partielles’ par opposition à ‘l’équipe totale’ du secteur &amp;nbsp;dans son ensemble permet pour les soignants d’assurer une présence auprès des patients, dans la cité par exemple, en étant de façon plus ténue au prise avec le fonctionnement hiérarchique hospitalier traditionnel. Equipe mouvante, constellations éphémères.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le décentrement par rapport à l’inscription verticale hominienne de la hiérarchie a pour chacun qui l’expérimente un effet de solitude dans sa présence auprès d’un patient et de son entourage. L’infirmier de secteur ne dispose plus de la couverture hiérarchisée habituelle. Mais il est au contraire exposé à la fidélité de la présence qu’il offre à la personne qui est en souffrance et dont la survie pourrait être en mise en jeu par une disponibilité entravée par l’organisation du travail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les infirmiers qui prennent en main organisationnelle et imaginative leur travail d’infirmier exercent ‘une option missionnaire’ &amp;nbsp;: l’option de se porter à la rencontre de l’autre plutôt que d’attendre qu’il se porte à lui. A condition toutefois de ne pas se mettre trop en avant pour ne pas court-circuiter la constellation de la personne elle-même et respecter son histoire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Buffon écrit qu’ « Il n’existe vraiment dans la nature que les individus », et que les genres, ordres, classes, sont dans l’imagination. Elles sont le fait du diable dit Hélène Chaigneau .&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La ségrégation est une utilisation pervertie de la catégorisation, processus articulatoire du fonctionnement psychique, qui s’est formé en profondeur à partir de nos propres expériences vécues. La ségrégation est une dénaturation de l’articulation distinctive par application à l’homme des classifications botanniques (Littré), une sorte de cabinet de curiosités.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les catégories ont une dimension anthropologique, elles s’intéressent à l’homme en situation d’homme dans les distinctivités représentées.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Josette Puel, dont les propos prolongent ceux d’Hélène Chaigneau dans ce chapitre, rappelle les 3 antonymes de hiérarchie : anarchie, désordre, égalité .&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Si les sentiments de frustration et de dépossession s’installent dans un groupement humain dont l’objectif principal est de soigner, il y a de fortes chances pour que la préoccupation principale des soignants devienne la désignation du coupable et du manque &amp;nbsp;», manque d’effectifs, de reconnaissance, de temps etc. Surgit alors comme moyen de défense collective la problématique du bouc émissaire, celui vers qui les regards accusateurs convergent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ses études des fonctionnements des petits groupes, W. Bion appela principe d’attaque/fuite, l’unisson de mise à mort du bouc émissaire pour sauver l’unité du groupe. Certains responsables d’établissement &amp;nbsp;en position hiérarchique n’hésitent pas à assumer directement ce rôle de bouc émissaire pour que le groupe ‘personnel de l’établissement’ n’éclate pas mais reste solidaire par ses griefs contre le mauvais objet hiérarchique.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais dans la plupart des situations, c’est bien souvent la mort de l’institution perçue comme la génératrice de tous les méfaits.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les patients s’évanouissent, l’objectif de soin devient secondaire sous les coups de boutoir que provoquent la frustration et le manque en miroir des équipes soignantes en difficultés de soins.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Seule la hiérarchie éthique, qui réfère la pratique à l’objectif de soins et donc en ressort unique au malade, peut prévenir l’ensemble du risque narcissique où chacun, ou quelques chacuns (cloisonnement) s’épuisent à se complaire et à se déliter. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-6129696779822593846?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/6129696779822593846/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/12/seminaire-de-psychotherapie.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/6129696779822593846'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/6129696779822593846'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/12/seminaire-de-psychotherapie.html' title='Rencontre et Hiérarchie : Hélène Chaigneau'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-4982076880715091628</id><published>2011-10-03T22:46:00.000-07:00</published><updated>2011-10-03T22:46:35.207-07:00</updated><title type='text'>Serge Drylewicz Croix-Marine Paris 2006</title><content type='html'>&lt;i&gt;De quels mouvements parlons nous? De quels parcours?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;par &lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Serge Drylewiscz, psychiatre, praticien hospitalier chef de service.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;Journées nationales Croix-Marine Paris 2006&lt;br /&gt;Atelier de la région Centre animé par Dr Michel Lecarpentier&lt;br /&gt;26.09.2006 Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Dans l’ambiance actuelle, celle de la nouvelle gouvernance à l’hôpital, celle du paradigme du changement et de la mobilité pour se plier aux ajustements financiers de la mondialisation, la notion de parcours est trop souvent assimilable à celle de mise en réseau sécurisé, évitant la mise en question de ce qui provoque, au fond, la violence, l’échec, l’écrasement des potentialités personnelles, Ce qui ne marche pas n’est pas tenu comme porteurs de dialectique et de critique. Mais comme échec de la pédagogie, échec d’une conception laxiste (soixante-huitarde) des relations à l’autorité et à la loi. Les parcours en psychiatrie et dans le social, deviennent de plus en plus mal différenciés, et les récentes propositions de lois sarkoziennes qui prétendent modifier la loi du 27 juillet 1990 tendent de faire un amalgame entre violences et maladies mentales. L’on attend des services de psychiatrie une réponse aux heurts surgissant dans la cité, dont on abstrairait la dimension de reflets des contradictions du système capitaliste.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Il faut que ça bouge semble t on nous dire de toute part!et il faut que les machines à gaz que sont les réformes produisent du chiffre! Les médecins conseils, traquent l’abus des inadéquations, les sur-consommations de psychotropes ; les missions d’accréditations imposent des normes dans un système hospitalier qui devient un vaste circuit affronté aux normes de qualité zéro défaut. Il faut que ça bouge, que les clients payent, que les patients deviennent de plus en plus client. Face au déficit des budgets hospitaliers, qui touche presque tous les chu, toutes les recettes deviennent bonne: grand progrès, le chu de tours, contre l’avis du conseil d’administration, a décidé de faire payer les chambres seules.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Il faut que la psychiatrie se prépare à la fameuse T2A, et apprenne à choisir ses patients, pardon, ses clients, et trouve les moyens d’évacuer vers le social, ce qui est trop long à soigner, ce qui résiste aux traitements par psychotropes. Le plan santé mental traite clairement de la fongibilité des ressources entre le médical et le social, dans un environnement de dépenses médicales et sociales en régression.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Cette régression, j’en aurai encore une illustration par l’appel des travailleurs sociaux de l’aftam de tours qui voit son budget réduit de 30%, empêchant par exemple l’aide aux transport des migrants sans papiers pour se rendre aux commissions de recours. Difficile de croire que notre activité de soignant en psychiatrie n’est pas directement atteint.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Pourtant, comme on ne cesse de nous le demander &amp;nbsp;il faut que ça bouge, que l’on cesse d’être des facteurs de freins aux changements, et caser les patients dans la cité, évidemment à condition de garantir leur invisibilité, leur transparence, surtout aux yeux des maires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Il faut interroger cette question du mouvement, en rappelant d’emblée cette distinction aristotélicienne entre le muto, le mouvement et le mutatio le changement; d’évidence trop souvent l’appel au changement, dynamique mue par une dialectique, n’est qu’une translation du même, dont on aurait magiquement, par une autre dénomination opérer la mutatio.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le parcours proposé aux patients soignés en psychiatrie, peut s’apparenter à de simples déplacements dans l’espace, qui sans doute les amènent à devenir des entités repérer comme les utilisateurs spécifiques de dispositifs où ils prennent le qualificatif de locataire, passagers, rmistes, etc... Mais cela sans que rien ne change de leur relégation d’un champ d’autonomie authentique. On peut même craindre que la tentative d’unification et de confusion des champs médicaux et sociaux aggravent la méconnaissance des problématiques singulières : un exemple: au nom de la territorialisation, on nous propose en Indre et Loire la mise en place d’unités d’interventions de psychiatrie d’urgence; on nous précise même que dans le cadre du plan santé mentale, il y aura de l’argent. je crains que cette territorialisation, opposée au secteur , ou prétendant la dépasser, ne soit que la mise en réseau de cases segmentant la variété des expressions psychopathologiques en unités de courts séjours, pour adolescents jeunes adultes, schizophrènes,dépressifs, longs séjours, services géronto-psychiatriques avec des structures bien balisées assurant leur objectivation. Ceci tout en organisant le rejet et la ségrégation des exclus précaires, pour lesquels toujours en Indre et Loire on pense ouvrir une centaine de places dans un ensemble qui sent son petit Nanterre au bord de la loire. Je pense donc au découragement de ces travailleurs sociaux trimbalant des gens d’un stage à un autre, d’une case à l’autre d’un monopoly sans finalité autre que d’entretenir un mouvement et un ersatz d’espoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;les identités diverses qui décorent le sujet d’un qualificatif d’assuré- responsabilisé il doit se sentir culpabilisé du déficit de l’assurance maladie- de client: il consomme et donne son avis au directeur de la qualité dans des questionnaire savamment construit pour aider l’entreprise hôpital à défendre sa place sur le marché ( Internet)- usager d’un service public que n’est plus qu’une entreprise chargé d’une mission de service publique, toutes ces identités sont totalement cadenassées par une impossibilité structurelle de les organiser en collectif délibératif et consultatif , en collectif citoyen dans une organisation sociale et politique de plus en plus monarchique sous des apparences décentralisatrices. Toutes ces identités, en deviennent des faux-self, des étiquettes corsetant le cloisonnement d’individualités séparés d’une inscription dialectique dans la cité, avec les autres comme citoyens. Le risque est grand de méconnaître l’extrême difficulté du changement comme mouvement psychique intime, fondamentalement kinesis impliquant le corps vécu, en le confondant avec le changement de lieux&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Dans mon travail quotidien, je trouve beaucoup de souffrances dans les équipes soignantes soumises à des changements d’organisations qui sont des atteintes profondes à leurs identités professionnelles et plus profondément à leurs identités de sujets désirant animés par un idéal professionnel forgés dans la reconnaissance d’autrui comme sujet et non comme client par exemple. La réduction des identités soignantes à ne plus être que des rouages interchangeable, d’une machinerie aux finalités strictement économiques est profondément délabrante des soignants comme sujets atteints dans leurs idéaux, ce qui ne peut pas être sans un effet considérable sur les identités attendues des patients.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Un exemple encore illustrant où nous en sommes. Il y a huit jours nous recevions dans notre service notre nouveau directeur général. C’est un homme ouvert, humain, compétent. Je lui faisais part des déclarations de son directeur des affaires financières lors de la réunion dite de procédure budgétaire concernant la psychiatrie: je reconnaissait à ce cadre dynamique la sincérité de ses propos: pour lui, la psychiatrie est la dernière roue du carrosse; pour lui les médecins ne sont que des producteurs. Réponse de notre directeur, « &amp;nbsp;mais il a raison, de son point de vue!!! », confirmant ainsi le clivage entre le soin et le « &amp;nbsp;management ».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le mouvement, le changement, est un itinéraire dans un paysage intérieur qui se modifie, qui ne peut se réduire aux apparences, et qui exige donc de nous comme soignants ou intervenants sociaux une sensibilité qui est bien de l’ordre de la compréhension, des mouvements de transferts et de contre-transferts au moins aperçus et travaillés. Notre expérience de soignant au contact de l’expérience de vie extrême des patients schizophrènes, est himalayenne comme l’évoquait Oury; elle est dans une dimension éthique pour témoigner de cette dimension qu’il qualifie de transcendante, d’au delà d’une saisie fermée et quantifiable telle que la VAP (valorisation à l’activité en psychiatrie) prêtant commencer à cerner pour jauger notre efficacité au regard du coût des soins.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Cette difficulté de l’ascension; de l’avancée, du mouvement, cette présomption qui affronte le danger et l’effort le plus extrême Samuel Beckett nous le jette dans les feuillets du rapport écrit par Molloy pour ces étranges agents, les bienveillants peut être, qui viennent chaque semaine les recueillir :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“Et maintenant, finissons. Allongé à plat ventre, me servant de mes béquilles comme des grappins, je les plongeais devant moi dans le sous-bois, et quand je les entais bien accrochées, je me tirais en avant, à la force des poignets, heureusement assez vigoureux encore, malgré ma cachexie, quoique tout gonflés et tourmentés par un genre d’arthrite déformante probablement. Voilà en peu de mots, comment je m’y prenais. Ce mode de locomotion a sur les autres, je parle de ceux que j’ai expérimentés, cet avantage, que lorsqu’on veut se reposer on s’arrête et on se repose, sans autre forme de procès. Car debout il n’y a pas de repos, assis non plus. Et il y a des hommes qui circulent assis, et même agenouillés, se tirant à droite et à gauche, en avant, en arrière, au moyen de crochets. Mais dans la motion reptile, s’arrêter c’est commencer tout de suite à se reposer, et même la motion elle même est une sorte de repos, à côté des autres motions, je parle de celles qui m’ont tant fatigué: et de cette façon j’avançais dans la forêt, lentement, mais avec une certaine régularité, et je faisais même quinze pas par jour sans m’employer à fond. Et je faisais même du dos, plongeant aveuglément derrière moi ma béquille dans les broussailles, dans les yeux à demi clos le noir ciel des branches. J’allais chez Maman. ET de temps en temps je disais, Maman,, sans doute pour m’encourager. Je perdais mon chapeau à chaque instant...Mais j’avais toujours présent à l’esprit, qui fonctionnait toujours, quoique au ralenti, la nécessité de tourner, tourner sans cesse, et tous les trois ou quatre rétablissements, je modifiais le cap, ce qui me faisais décrire, sinon un cercle, tout au moins un vaste polygone, on fait ce qu’on peut, et me permettait d’espérer que j’avançais droit devant moi, malgré tout, en ligne droite, jour et nuit, vers ma mère”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le but du voyage est lui même incertain, évoquant la naissance et la mort, dans une déhiscence de l’identité, de ses souvenirs, de tout ce qui serait repères vitaux de notre propre reconnaissance à nous même,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;On peut se mettre au chevet de Molloy, comme soignant, comme sujet essayant de ramasser des miettes d’un récit embourbé dans ses incertitudes:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ Je suis dans la chambre de ma mère. C’est moi qui y vis maintenant. Je ne sais pas comment j’y suis arrivé. Dans une ambulance peut être, un véhicule quelconque certainement. On m’a aidé. Seul je ne serai pas arrivé. Cet homme qui vient chaque semaine, c’est grâce à lui peut être que je suis ici. Il dit que non. Il me donne un peu d’argent et enlève les feuilles. Tant de feuilles, tant d’argent. Oui je travaille maintenant, un peu comme autrefois, seulement je ne sais plus travailler. Cela n’a pas d’importance, paraît il.... Je ne sais pas grand ‘chose, franchement. La mort de ma mère, par exemple. Etait elle déjà morte à mon arrivée? Ou n’est elle morte que plus tard? Je veux dire morte à enterrer. Je ne sais pas. Peut être ne l’a t on pas enterrée encore. Quoiqu’il en soit, c’est moi qui ai sa chambre. Je couche dans son lit. Je fais dans son vase. J’ai pris sa place. Je dois lui ressembler de plus en plus. Il ne me manque plus qu’un fils. J’en ai un quelque part peut être. Mais je ne crois pas. Il serait vieux maintenant, presque autant que moi.”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Toutes ces embrouilles, ces incertitudes sont une remarquable mise en situation de la fragilité des distinctions de registres. Autant de défis à ce que nous accrochons du sujet morcelé, dissocié, déstructuré. Autant de défi à ce que nous accrochons d’autrui, ce que nous essayons d’en comprendre dans une construction biographique qui peut être extrêmement leurrante, constituer une méconnaissance. sans doute faut il parvenir à s’adresser à un arrière plan qui supporte l’essence du sujet, s’intéresse aux objets qui l’entoure, objets réalisant cette déduction de l’existence par son reste, attentif à cette fonction primordiale du silence qu’évoque Molloy:” ramener le silence, c’est le rôle des objets”.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Olivier 26 ans est hospitalisé dans notre service pour la première fois de janvier 2003 à mai 2004 pour une décompensation aigue d’une schizophrénie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Dans les antécédents psychiatriques, on retrouve une première hospitalisation dans un autre service de tours en septembre 2000. Il exprimait alors des idées délirantes et d’auto destruction, présentait des propos délirants à thèmes sexuels et alimentaires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;en 2001, il est hospitalisé deux fois un mois et demi à bordeaux. A la suite de ces deux hospitalisations, il connaît une longue période d’errance dans la rue. Il s’était, dit il fait des fausses idées auxquelles il croyait, que des gens lui volaient son énergie. Il s’était donné une fusse identité pour ne pas être identifié par les méchants, s’appelant “Cédric Dupart” selon un code. Il évoque des choix anti-technologiques, avec la démarche d’être avec la nature. Il était aussi devenu “ claustrophobe”, d’où aussi sa vie dans la rue, à faire la manche.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Sur le plan biographique:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Les parents se seraient rencontrés dans une secte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le père est décrit comme névrosé, consommant beaucoup de psychotropes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;La mère est décédée en 1987, en se jetant dans l’ Indre. Elle se serait mise à délirer. Olivier avait alors 7 ans.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Selon sa soeur, olivier aurait été victime d’une maltraitance sexuelle vers cette époque, de la part d’une cousine âgée d’une quinzaine d’années.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le père se remarie: la nouvelle belle mère aurait mal traité les enfants; olivier et ses trois soeurs sont lacés dans un foyer. Le couple se sépare, et la nouvelle compagne semble permettre une amélioration, assez récente des relations entre le père et ses enfants.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Dans l’enfance, olivier est décrit par sa soeur comme toujours joyeux, bout en train, très actif, sportif. C’est un enfant gentil, mais anxieux.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Olivier est un bon élève, réussissant un bac technique pour devenir technicien de mesure physique, mais avec le projet d’être opticien. C’est vers 17-18 ans qu’il commence à consommer du cannabis.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;A son arrivée dans le service, sa symptomatologie est assez impressionnante: il avait l’impression d’avoir une araignée derrière la tête, mais il sait que ce n’en est pas une, il sait que c’est son col de chemise qui le gêne. Ce n’est pas la première fois qu’il ressent cette impression; il décrit notamment une impression d’araignée dans la bouche.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Pendant près d’un an, olivier va déambuler de façon permanente, des journées entières, dès qu’il se lève. D,’un pas rapide il parcourt le couloir du service, ne s’interrompant que pour prendre un repas à toute allure et pour se coucher et dormir le plus possible. Toujours en marche, c’est peut être ce symptôme incoercible, contraignant de façon absolue qui m’évoque le plus ces marcheurs de Giacometti dont parle Jean genet dans “ l’atelier de Giacometti”: “non seulement les statues viennent sur vous comme si elles étaient très lointaines, du fond d’un horizon extrêmement reculé, mai où que vous vous trouviez par rapport à elles, elles s’arrangent pour que vous qui les regardiez, soyez en contrebas. Elles sont très au fond d’un horizon reculé, sur une éminence, et vous au pied de la butte. Elles viennent, pressés de vous rejoindre, et de vous dépasser”. (p64)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;En avril 2004, donc après plus d’un an d’hospitalisation, sans accepter de sortie du service, il adhère à un projet d’installation dans un foyer de jeune travailleur, non sans bien des réticences. Coïncidant avec cette acceptation, il semble nettement moins anxieux, moins pressé dans sa déambulation; d’ailleurs, “ je peux jouer, dit il, au scrabble, à la belote” après avoir refusé toute participation aux activités.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;En mai 2004, quelques jours avant d’aller au foyer, il se fracture la main droite en frappant dans une porte, mais il affirme qu’il est très heureux de devenir locataire du foyer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Nous associons cette installation, avec une hospitalisation de jour, d’abord quotidienne qui doit satisfaire sans doute son besoin de marche, notre service étant assez loin du centre ville.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;début Juin 2004, Olivier nous confie un peu plus de son monde vécu:” j’ai toujours beaucoup de tocs. J’ai toujours besoin de marcher. Mais je marche plus vite. Mes tocs: c’est ouvrir et fermer les lumières. Les robinets, je les revérifie tout le temps. Je mets 10 minutes à revérifier les portes. Ma bouteille d’eau, je l’ouvre et la referme; le tube pour ma peau, je vérifie toujours que cela soit bien fermé. En 2001, ça m’a duré 7 mois et demi; j’en parlais pas, car j’avais peur de parler. Si j’ai donné un coup de poing dans la porte, c’est que j’arrivais pas à terminer un toc: fermer le robinet. C’est pas la première fois que je tape dans la porte. Une nuit, j’ai du lutter contre le risque que les hallucinations reviennent. Ça me piquait dans le cou: c’est la seule fois. J’en ai eu une autre ici, mais je l’ai pas dit, il y a deux mois: j’ai senti quelques chose dans le cou, je l’ai projeté, et j’ai vu une araignée, ça a duré une seconde. C’est une des seules hallucinations que j’ai eu: d’habitude, c’est tactile; ça m’est arrivé de voir une araignée qui tombe, mais ça ne dure qu’une fraction de seconde. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Fin juin 2004&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ Je commence à m’inquiéter, il y a plein de signes qui me font craindre que je vais me mettre à délirer...plein de signes qui me font penser que je suis différent des autres. J’ai l’impression que quand je regarde les gens, ils m’envoient un message par télépathie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;J’ai bien conscience que c’est pas vrai, que des impressions, mais j’ai peur qu’un jour je les prennent pour la réalité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;J’ai bien conscience que c’est pas vrai, que des impressions, mais j’ai peur qu’un jour je les prennent pour réalité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Ça dirige ma vie par moment: au moment de sonner chez les gens, je renonce, car j’ai quelqu’un qui me dit de pas le faire, et pour acheter c’est la même chose.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Par moment ça me fait peur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;juillet 2004&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;J’ai passé toute une semaine en noir: j’ai envie de m’énerver tout le temps, de frapper tout le temps...c’est plus les mêmes trucs qui se font: c’est pas beaucoup la télépathie, mais c’est les personnes qui se transforment: toujours la même personne que je croie voir; un ami de lycée: ça me fait plaisir de le revoir vraiment. Ça le fait avec trois personnes: un ami que j’ai connu pendant un an, et une amie d’enfance...je croie la voir partout.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Je croie les voir, et au moment où je m’approche pour leur dire bonjour, c’est plus eux...ça me fait tout drôle, car je me demande est- ce que c’est bien eux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;En juillet -août 2004 les préoccupations prennent une ampleur mystique:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ L’autre fois j’ai eu l’impression de voir que des démons” “ il y a deux mondes, l’enfer et le paradis qui devrait contrôler l’enfer, le neutraliser. Moi j’étais là pour les autres, et j’ai été hospitalisé peu après”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;En août 2004, Olivier est ré hospitalisé à Angoulême 10 jours. Quand il reviens nous voir en hôpital de jour ils nous en parle: “ les gens me volent mon énergie: personne ne peut m’aider quand je suis dedans: tout est par des messages indirects, et ça ne se voit pas, personne ne le devine...j’ai fait croire au médecin, que ça allait mieux pour qu’il me laisse sortir...Le hash, j’ai arrêté. Tantôt le Hash ça me détend, tantôt ça me fait l’inverse.”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;En septembre 2004&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Olivier est au CPOA à paris; il évoque une prise d’ecstasy. Il est rapidement transféré dans le service, et pendant plus d’un mois se plaint d’une amnésie profonde.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ J’ai pris un petit bout d’ecsta, et après je me rappelle plus de rien. Je délirai de plus en plus...je me suis retrouvé au bord de la Seine...je savais plus où j’étais...j’ai appelé le SAMU.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ Je le comprend que je suis guéri, car je n’ai plus d’hallucinations, plus de délire, plus de tocs...depuis que je me suis réveillé sur les bords de la Seine le 16 septembre...j’ai fait le 15, car je voulais en parler de mon trou noir et de ce qui est arrivé...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;je voudrais acheter un camion, j’ai des économies, faire des spectacles de rue, une soeur m’a apporté une guitare, j’ai retrouvé toutes mes capacités, j’arrive à improviser...c’est zen, le contact avec la nature...le jonglage, marcher, faire des chemins de GR.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le 15 octobre, Olivier demande à me voir:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ En fait j’ai menti. J’ai d’abord dit que je me rappelais que de Paris; en fait, je me souvenais de tout...C’est comme je me suis d’abord appelé Michel Thomas, du nom d’un SDF que j’ai rencontré, ou qui disait qu’il s’appelait comme cela, j’ai voulu prendre son nom...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;je me suis guéri, en fait je m’étais fait un raisonnement pour le prouver, mais comme je m’en souvient plus, je suis plus très sûr d’être guéri.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Fin octobre 2004, Olivier sort vivre dans un logement indépendant. Il dispose de l’AAH, retrouve régulièrement sa soeur qui vit chez leur grand père maternel&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Quelques hospitalisations de très courtes durées ont encore lieu, lorsqu’il ressent “ les prémisses du délire: perceptions modifiées, bizarrerie de l’ambiance, des sons”; ceci souvent à l’occasion d’une prise plus importante de hash.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Récemment il m’exposait son projet de jonglage dans un cirque “ mais je suis timide, j’y suis pas allé...je suis timide, c’est mon principal problème dans la vie...sinon, je n’en ai pas d’autres.”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ Quelque part, je délire toujours...mais j’en ai conscience...je suis dans un monde parallèle, mais je peux être dans la réalité si je veux; mais j’ai peur d’en parler, qu’on augmente mon traitement, je le gère bien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ Je marchais, au départ, j’avais des angoisses, mais c’est à cause du bonheur...les premières impatiences, peut être à cause des médicaments, c’est partie, alors ça a été du bonheur, puis l’angoisse du bonheur, puis des impatiences, mais je délirais...je croyais être au paradis, j’ai toujours cette impression, mais ça me fait plus peur. J’ai du mal à être à l’aise avec les gens, le monde, pas parce que je les aime pas, mais parce que je les aime.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Maintenant, j’ai des regards doux, qui prouve que j’ai progressé; je suis presque plus agressé maintenant. »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&amp;nbsp;Ce que ce patient nous a confié progressivement sur ces trois ans d’accueil est d’une grande richesse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;on peut entendre de ce récit combien l’approche est différé, prend du temps, n’est possible que par des éloignements et des retours qui vérifient notre capacité à supporter une distance qui teste peut être l’horizon, le presque hors de vue.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Les errances sont l’occasion de tenter d’autres identités, d’en emprunter et d’en affronter les effets. Quête d’identités, qui sont aussi comme l’espoir que les visages égarés de l’enfance se rencontrent à nouveau au prix de la déception lors d’un rapproché qui les effacent brutalement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Rien ne semble stable hormis cette instabilité qui se déplace sur une construction délirante mystique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le corps vécu, délirant, est sans doute le champ d’une tentative de saisir une identité fuyante comme cette araignée sur la nuque, dont Oury évoquait qu’elle pouvait être ce point de rassemblement d’une personne dans le mouvement de la rencontre. Mais c’est aussi ce lieu symbolique que Beckett cite du deutéronome X, 16:” Circoncisez donc le prépuce de votre coeur et ne roidissez plus votre cou”.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Certes pendant plus d’un an olivier semblait indifférent à nos ateliers, notre activité institutionnelle, nos projets d’accompagnement. Marcher était une façon sans doute de poursuivre une fuite dont nous avons accepté d’être le réceptacle; Genet toujours dans son texte sur Giacometti, parle de la rue Oberkampf, comme d’une personne d’une grande élégance, fine, hautaine à pic, singulière et grise- d’un gris très tendre-...belle comme une aiguille, elle monte jusqu’au ciel. Qu’était donc devenu le couloir de notre service, qu’est il dans un regard qui le dépouillerait de sa fonctionnalité triviale? Là aussi il y a un déplacement de sens à accepter advenir&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Le patient qui chemine dans la psychose au travers de ses différentes identités nous rappelle à ces distinctions dialectiques fondamentales de l’identité: l’identité, la différence, et l’identité de l’identité et de la différence. Sans notre aptitude à vivre en nous même ces mouvements de complexité du sujet, nous risquons de le réduire à une accumulation d’identités clivés, sans paysage d’arrière plan,sans cet écho de sens qu’il éveille en nous, et qui nous rend humain, permet notre incarnation.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;J’en reviens à Beckett, voilà ce que confie Molloy :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;“ C’est ainsi que je vis A et B aller lentement l’un vers l’autre, sans se rendre compte de ce qu’ils faisaient. C’était sur une route d’une banalité frappante, je veux dire sans haies, ni murs, ni bordures d’aucune sorte, à la campagne, car dans d’immenses champs, des vaches mâchaient, couchées et debout, dans le silence du soir. J’invente peut être un peu, j’embelli peut être, mais dans l’ensemble c’est ainsi...ils se ressemblaient, mais pas plus que les autres. Un grand espace les séparait d’abord. Ils n’auraient pas pu se voir, même en levant la tête et en se cherchant des yeux, à cause de ce grand espace, et puis à cause du vallonnement du terrain, qui faisait que la route était en vagues, peu profondes, mais suffisamment, suffisamment. Mais le moment vint où ensemble ils dévalèrent vers le même creux et c’est dans ce creux, qu’ils se rencontrèrent à la fin. Dire qu’ils se connaissaient, non, rien ne permet de l’affirmer. Mais au bruit peut être de leur pas, ou avertis par quelque obscur instinct, ils levèrent la tête et s’observèrent, pendant une bonne quinzaine de pas, avant de s’arrêter, l’un contre l’autre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;OUI, ils ne se croisèrent point, mais ils firent halte, tout près l’un de l’autre, comme souvent le font, à la campagne, le soir sur une route déserte, deux promeneurs qui s’ignorent, sans que cela ait rien d’extraordinaire. Mais ils se connaissaient peut être. Quoiqu’il en soit, maintenant, ils se connaissent et se reconnaîtront je pense, et se salueront, même au plus profond de la ville. Ils se tournèrent vers la mer, qui, loin à l’est, au delà des champs, montait haut dans le ciel palissant, et ils échangèrent quelques paroles. Puis chacun reprit son chemin”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Serge Drylewicz&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; 25 septembre 2006 TOURS&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-4982076880715091628?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/4982076880715091628/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/10/serge-drylewicz-croix-marine-paris-2006.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4982076880715091628'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4982076880715091628'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/10/serge-drylewicz-croix-marine-paris-2006.html' title='Serge Drylewicz Croix-Marine Paris 2006'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-8733731452823015501</id><published>2011-09-08T23:22:00.000-07:00</published><updated>2011-09-08T23:22:41.278-07:00</updated><title type='text'>Notes de lecture par MC Hiebel-Barat</title><content type='html'>&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #b45f06;"&gt;De quoi la psychanalyse est-elle le nom ?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #b45f06;"&gt;Démocratie et subjectivité&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Roland GORI&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;. Éditions DENOËL 2010.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #444444;"&gt;&lt;b&gt;Sur la route d’Oedipe &lt;/b&gt;par &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;MC Hiebel-Barat&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les polémiques qui ne cessent de se réouvrir sous des formes de plus en plus actives au sujet de la psychanalyse s’inscrivent au sein de la société mondialisée de marché où les mœurs du vivre les uns avec les autres sont dominées par une logique économique néolibérale débridée. La logique de marché colonise tous les champs anthropologiques de la culture à la santé en passant par la justice, l’enseignement, la recherche et tant d’autres disciplines encore.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tel est le constat autour duquel s’organise l’ouvrage de Roland Gori : « De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le rejet de la psychanalyse, ses mises en cause jusqu’à l’éviction de son enseignement des universités Roland Gori propose les analyser au regard de ce que l’auteur appelle le nouveau système de civilisation des mœurs, avec ses formes nouvelles de temporalité : urgences, scoop, événement en temps réel, faits divers en direct. La notion d’après coup dans sa dimension d’une pensée mise en histoire est mise à mal avec la logique instantanée de l’audimat, cheval de Troie de la logique de marché. Société du spectacle, téléréalité. Nous assistons à la montée d’actualités de propagande à visée de diversion pour mieux asseoir le concept exclusif de gouvernement de la Cité mondiale : la passion totalitaire de l’intérêt des puissants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La démocratie de la souveraineté populaire est dévoyée chaque jour sous nos yeux hypnotisés par les écrans de télévision en démocratie d’opinion dont les médias sont les nouveaux crieurs publics.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ce contexte néolibéral de court terme politique, social et économique, que vient dire la psychanalyse pour être d’une façon aussi vive qu’au temps de Freud vécue comme la peste à combattre ? De quoi donc est-elle le nom pour faire dans le présent si peur et déchaîner ainsi les hostilités ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Roland Gori avance une hypothèse : la psychanalyse ne serait-elle pas le nom de ce qui s’oppose à une police des normes par laquelle s’accomplissent la disparition du politique et le déni de la démocratie ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Roland Gori se livre, avant tout essai de réponse, à une analyse institutionnelle en profondeur de l’ambiance néolibérale planétaire et ses diverses manifestations.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les discours et prises de décisions des gouvernements au royaume de la mondialisation utilitariste ont pour visée le formatage d’un homme nouveau, l’homme neuro-économique, intériorisant de lui-même les normes sociales pour bien se comporter dans son propre intérêt économique s’appréciant exclusivement en termes quantitatifs.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il existe une seule norme de référence de l’intérêt des activités humaines : la norme statistique selon le principe normatif néolibéral des identités abstraites mesurables sur le marché mondial des biens et des services. Toutes les activités humaines peuvent être et sont transformées en actes commensurables. Seule la norme quantitative confère de la valeur aux événements de la quotidienneté en les réduisant à des opérations comptables plus ou moins profitables et toujours évaluables. Civilisation d’arpenteurs&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans la novlangue internationale de l’Organisation Mondiale du Commerce, l’homme est un instrument, un ‘type’ regroupé par ‘classe homogène’, soumis aux évaluations des expertises et à la publicité qui le transforment en unité statistique de consommation, en stock de main d’œuvre disponible, en unité de production, une sorte d’entreprise au rendement plus ou moins performant. Ainsi réifié, l’homme ‘sans reste’, réduit à sa qualité marchande, l’individu n’est rien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sous l’effet de la référence statistique, le peuple disparaît, remplacé par la notion rationnelle moderne de population qui en est la négation et le jouet d’une manipulation anthropologique : l’évaluation, la nouvelle façon de donner des ordres dit avec pertinence Roland Gori.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La conscience réifiée est une conscience arrachée par tous moyens à la conscience de l’histoire. Apparition d’une conscience anhistorique, ex nihilo, tabula rasa de l’historicité temporelle. Plus de peuple. Que des populations homogènes dont l’individu n’est plus qu’un segment-capital humain dont le comportement régulièrement évalué doit être volontairement conforme (autocontrainte individuelle) à la norme sociale économique et statistique. Le réel de la société néolibérale assigne à chacun une place dans un champ de production où la valeur humaine se transforme en valeur financière.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« C’est tout une vision du monde, écrit Roland Gori, une métaphysique autant qu’une anthropologie, une culture autant qu’une politique, qui se trouve sans cesse réaffirmée par les rituels variés de l’évaluation » qui supplantent les processus d’humanisation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette nouvelle civilisation des mœurs a sa bannière qui flotte sur le monde : le risque, cet ami qui vous veut du bien (p.183). Véritable séisme culturel et social dans la manière de penser l’individu et la société, le risque n’est pourtant que l’arbre qui cache la forêt : la politique de la peur, la manipulation des catastrophes savamment orchestrées : incendies, tornades, émigration, grippe H1N1, jeunes des banlieues, fous dangereux, charlatans. La peur grossit et particulièrement la peur de l’autre, bien alimentée par les États pour mieux justifier la mise en servitude, la transparence (caméras), la surveillance constante des populations sur le marché infini des risques (p.193).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sous l’écran de fumée du risque couve le feu d’une civilisation dominante sécuritaire et raciste articulée avec la norme statistique et l’étendard du risque.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La norme est porteuse d’une prétention de pouvoir (M. Foucault, les Anormaux). En ce sens la norme est politique, philosophique, éthique. Et lorsque la norme est quantitative, le vrai se confond avec l’exact (p.199). L’évaluation avec ses procédures et ses effets constitue le nouveau savoir dominant dont le quantitatif est l’élément exclusivement prévalent.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les chiffres ont une science qui leur donne un savoir pratique scientifique : la statistique, « un moyen de faire de la politique sans l’avouer comme un choix politique, mais en dissimulant derrière elle comme une pure administration technique et objective du vivant » (p.165).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les formes du savoir sont étroitement dépendantes des formes du pouvoir. Les sciences positives s’installent dans une civilisation positive parce qu’elles sont les plus propices à accueillir les valeurs d’Ordre, de Progrès, de Raison.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sous les injonctions de ce savoir scientifique des chiffres (travailler plus pour gagner plus) surgit une fausse morale, faux self, qui lui correspond, morale objective sur l’utilité des relations humaines puisque l’autre se présente toujours comme un concurrent, un rival, en compétition pour tirer la meilleure plus-value économique (montre Rolex) de toute situation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La politique néolibérale crée de toute pièce une fiction anthropologique des masses : faire croire à chacun aux caractères objectifs de ses décisions par une conduite toujours plus performante au nom de ses intérêts. Une nouvelle Vérité est à l’œuvre : la vérité des chiffres et sa misère éthique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La civilisation capitaliste promeut une connaissance qui ignore l’importance du dire vrai, qui ne se soucie que de l’utile, que des services, et qui était dans cité antique celle que l’on réservait aux esclaves (p274).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que devient le sujet historique qui oriente le sens de l’existence ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que devient l’être singulier dans la fiction anthropologique de l’objectivité comme guide de toute chose humaine ? Cette part lumineuse irréductible aux normes, le reste ultime de l’humain dans l’homme ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que deviennent le goût du partage, l’amitié, l’amour dans une civilisation où l’autre est toujours un rival, un concurrent pour le partage du gâteau ? Que deviennent les processus d’humanisation ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les mythes, les poèmes et les poètes ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comment mettre en panne le système ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comment sortir de la civilisation néolibérale des mœurs ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le titre de la dernière partie de l’ouvrage de Roland Gori insuffle l’espoir :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Notre culture du sujet démocratique ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est une culture qui remonte loin dans le temps. Au temps de la tragédie grecque, de la grande époque du mythe, comme forme de pensée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un homme à la fin du XIX me siècle a su être là pour accueillir ce que l’auteur appelle le fantôme de l’Antiquité, le spectre de la subjectivité et sur lequel il dépose le nom d’Œdipe. Freud est cet homme qui réhabilite le mythe et son pouvoir de dire le vrai. Et Roland Gori de préciser un point fondamental sur l’herméneutique du sujet : « Freud, dit-il, n’interprète pas le mythe d’Œdipe et la tragédie de Sophocle mais il se laisse interpréter par la vérité de leurs discours ». Les mythes sont les obscures perceptions internes que les sujets ont de leurs appareils psychiques. Ils exposent une vérité que la logique et les sciences expérimentales congédient en visant à objectiver le psychisme au travers de la norme génétique héréditaire et des preuves par les images cérébrales.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le nom d’Œdipe est une vérité singulière à chaque sujet, vérité collective d’une mutation dans les pratiques sociales de la cité. Le nom d’Oedipe promeut une conception du soin qui excède le médical au sens de « ce que l’art du médecin doit à l’amour et au transfert dont la science positive ne veut pas entendre parler » (p.266).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors de quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Roland Gori se risque à répondre :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« la psychanalyse émerge comme rescapée d’une culture antique et démocratique qui résiste à sa disparition programmée par les nouveaux dispositifs de subjectivation de la civilisation capitaliste » (p269). A vouloir en finir avec ce reste (la pensée du mythe) irréductible à la pensée rationnelle dont la psychanalyse est le nom, « on risque de perdre et la Raison et la Démocratie (p.293).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Culture antique, civilisation capitaliste. La civilisation s’oppose à la culture.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La civilisation est la matrice du processus de modélisation sociale. La culture est un processus d’humanisation partagée continu. C’est une œuvre symbolique, une œuvre de construction, au jour le jour pour habiter le monde avec les autres hommes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour conclure j’ai choisi ces quelques lignes de la p.407 :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Seule une culture qui respecterait la biodiversité des langues, des histoires et de leurs valeurs, qui inviterait à leur « rhapsodie fluviale » (Hamidou Sall) et à une « créolisation » (ibid.) de leurs traits pourrait redevenir cette matrice permettant de penser les conditions tragiques de l’existence ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-8733731452823015501?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/8733731452823015501/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/notes-de-lecture-par-mc-hiebel-barat.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8733731452823015501'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8733731452823015501'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/notes-de-lecture-par-mc-hiebel-barat.html' title='Notes de lecture par MC Hiebel-Barat'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-8810624102909086077</id><published>2011-09-04T01:37:00.000-07:00</published><updated>2011-09-04T01:37:58.089-07:00</updated><title type='text'>Violences ordinaires : parlons-nous ! par Joseph Rouzel</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Institut européen psychanalyse et travail social&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Source :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.psychasoc.com/Textes/Violences-ordinaires-parlons-nous"&gt;http://www.psychasoc.com/Textes/Violences-ordinaires-parlons-nous&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;&lt;b&gt;Joseph ROUZEL&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;, psychanalyste, responsable de Psychasoc,&amp;nbsp;rouzel@psychasoc.com&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Intervention au &lt;b&gt;Colloque scientifique international qui s’est tenu en Arles du 29 au 31 octobre 2009&lt;/b&gt; sous le titre de&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« &lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple; font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;b&gt;Violences ? Parlons-en, parlons nous ! Etat des lieux des discours et des pratiques&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; »&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Violences ordinaires : parlons-nous ! 1&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« La nature humaine par ci, la nature humaine par là, la nature humaine demande avant tout qu’on lui fasse violence », Paul Claudel, Tête d’or .&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a donc, si je suis à la lettre Paul Claudel : la nature humaine d’un côté, la violence de l’autre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le « on » désignant le corps social, la communauté humaine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi faut-il faire violence à la nature dite humaine ? Parce qu’elle déborde, elle nous excède. Ce que Freud nomme pulsion de mort et Lacan jouissance, l’« humain, trop humain » de Nietzsche, cette jouissance de la vie qui anime chacun de nous et exige son immédiate et complète satisfaction, demande qu’on lui fasse violence. Cette violence nécessaire, légitime, comme la désigne Max Weber, c’est la violence des institutions et au premier chef le langage d’où s’origine toutes les autres : famille, éducation, gouvernements, police, justice etc Autrement dit l’espèce humaine ne survit que dans une lutte incessante où s’affronte la violence de la nature humaine et la violence sociale. Freud.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives, une bonne somme d’agressivité . Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de la martyriser, et de le tuer. Homo homini lupus ». On peut prendre acte ici de l’étonnante actualité de ce texte de 1929 signé du père de la psychanalyse, extrait de Malaise dans la civilisation . L’homme est un loup pour l’homme. Cette assertion que Freud emprunte au philosophe anglais Thomas Hobbes, lequel la tient de l’auteur comique latin, Plaute court donc tout au fil de l’histoire des hommes. Ce loup, il faut bien lui limer les dents. Mais au nom de quoi ? Ce « au nom de quoi » fonde la légitimité de la violence sociale exercée sur les sujets. En effet « au nom de quoi peut-on vivre ? se demande Pierre Legendre. C’est à dire : pourquoi vivre ? Oui Pourquoi ? » (La fabrique de l’home occidental ) Autrement dit au nom de quoi s’effectue la transmission intergénérationnelle qui permet le traitement de cette violence fondamentale. Au nom de quoi les sociétés humaines imposent à leurs petits la « castration symboligène », pour reprendre une expression de Françoise Dolto, qui permet à chaque sujet de vivre parmi les autres ? Toutes les civilisations humaines se sont inventé des « au nom de quoi », des totems qui fondent des tabous, des entités supérieures – des dieux animaux à l’invention par un pharaon, Akhénaton, d ’un dieu unique, en passant par des esprits de la nature et des éléments. C’est le socle qui détermine des principes, des valeurs au nom desquels se déclinent les figures d’autorité qui autorise le traitement de la violence par la mise en place d’une violence légitime.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans Totem et tabou tout part d’un meurtre. Le « au nom de quoi » s’origine dans un meurtre mythique qui marque la nature humain au sceau d’une violence fondamentale. Le lien social est donc d’emblée établi sur un meurtre à l’origine. Rappelons l’histoire, ce grand mythe, le seul inventé au XXe siècle. On le doit à Freud. Même si les données ethnologiques sur lesquelles il s’appuie ne tiennent pas, cependant, le mythe demeure. C’est la fonction d’un mythe de se présenter comme actuel, voire d’actualité. A l’origine une horde de grands singes ont à faire à un mâle dominant, ce qui permet une certaine organisation sociale naturelle. C’est le seul à avoir accès aux femelles. Un jour les jeunes mâles se réunissent - naissance du lien social - et décident de se débarrasser du tyran. Ils le tuent et en consomment les morceaux dans une cérémonie que Freud désigne comme « totémique ». Ensuite ils s’interdisent toute relation aux femelles, frappées alors de tabou - ce qui en fait des femmes - et pour ce qui est de jouir ils n’ont plus qu’à aller « se faire voir ailleurs ». Naissance de la famille, de l’interdit de l’inceste et des alliances interfamiliales.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne vais pas commenter le mythe freudien, cela a déjà largement été fait par d’autres. Je vais m’attacher à en tirer deux ou trois choses pour éclairer mon propos. Le meurtre du mâle dominant de la horde, figure de la toute puissance, engendre la capacité de l’espèce humaine à s’organiser autour de signifiants que Freud va nommer : Totems. Ce que Lacan énonce à sa façon « Le symbolique se manifeste d’abord comme le meurtre de la chose et cette mort constitue dans le sujet l’éternisation de son désir » (Ecrits , p. 319) Le Totem se présente comme un organisateur social à partir duquel vont s’ancrer les générations successives, puisque chacun en tire son nom (ex : Ben, fils de, c'est-à-dire fils du nom). C’est donc au nom du nom, au nom de l’origine du langage, ce que Lacan nomme « nom-du-père », au nom des pères de nos pères que nous faisons violence à nos enfants. Mais c’est aussi à partir du Totem que va s’ériger un ordre social, une distribution de l’espace, des fonctions, comme a pu le montrer Claude Levi-Strauss. Ce mode de déclinaison des généalogies, qui remonte toujours plus haut pour fixer ses fondations, en témoigne les nombreuses listes que l’on trouve dans la Bible : X engendra Y qui engendra Z etc Ce point d’arrimage de la fonction de nomination, autrement dit fonction symbolique, garantit à chaque sujet une place singulière au prix d’accepter l’assujettissement à cet ordre fondé sur les différences. L’aspect tabou découle de cet ordre. Non seulement le sujet humain ne saurait s’autoengendrer, mais il est toujours intégré à une chaîne de transmission dont l’origine est mythique. De fait il ne fait pas la loi, c’est la loi qui le fait. La perte de ce principe de nomination et de transmission désarrime complètement un sujet de la loi symbolique. Les anciens égyptiens le savaient bien qui condamnaient un délinquant à n’avoir plus de nom, donc plus de place. Ce qui à cout terme le condamnait soit à mourir, soit à errer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà ce qui se passait encore il n’y a pas si longtemps. C’est au nom de ce principe d’antériorité, d’autorité et d’altérité, le monde des 3A dont parle Jean-Pierre Lebrun, que s’établissait la légitimité de la violence portée contre la nature humaine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Or récemment le « au nom de quoi » a pris du plomb dans l’aile. Dieu est mort : on connaît la date de l’acte de décès : 1896, et c’est signé Mr Nietzsche, c’est lui qui a fait « l’autopsy », et c’est la même année que Freud invente le concept d’inconscient. Ce n’est peut-être pas sans lien. Donc Dieu est mort, les dieux sont tombés sur la tête, d’aucuns pensent même qu’ils sont partis en vacance !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Or ce qui a basculé en peu d’années, c’est ce « au nom de quoi ». Je vais essayer d’en donner un petit aperçu. Je prendrai une journée et quelques faits, le 26 octobre 2009 pour l’illustrer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lundi 26 octobre 2009. Lu dans Libération :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;· Violent incidents à Fréjus : affrontements entre des jeunes et la police suite à la mort d’un jeune homme en moto. Il avait tenté d’échapper aux policiers qui voulaient le contrôler.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;· OM-PSG, le match qui se joue à Marseille est reporté pour cause de grippe A. Echauffourées dans les rues de Marseille : 10 blessés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;· Le même jour on annonçait le 26 e suicide d’un salarié à France Telecom.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comment comprendre ces faits ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un jeune homme se met hors la loi, il n’était pas autorisé à rouler en trial sur l’autoroute, il se dérobe au contrôle, meurt en se plantant dans un arbre. Les jeunes des quartiers entrent en guerre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les supporters de Marseille et du PSG sont nombreux à fréquenter les abords des matchs en véritable batailles rangées : fighting.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A France Telecom un homme qui n’en peut plus de la vie qu’il mène se suicide.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notons que dans les trois cas l’on accuse une fois la police, une autre la Ligue de foot et une troisième France Telecom. Bref dans ces actes de violence ce ne sont jamais les sujets les responsables. On botte en touche : c’est pas lui, c’est l’autre. Le discours médiatique vole leur acte à ces sujets, en les amalgamant dans des ensemble où ils disparaissent : les supporters du foot, les jeunes de banlieue, les suicidés de grandes entreprises qui souffrent au travail. Au-delà de ces explications sociologiques qui ont certes leur pertinence - je ne nie pas les violences policières, ni les violences aux abords des terrains de foot, ni les violences au travail dans les entreprises - cependant, ce type d’explication mécanique m’a choqué, parce qu’à chaque fois le sujet disparaît. Il n’y aurait plus qu’un grand Autre qui nous voudrait du mal et nous ne serions que les marionnettes de cet Autre terrible.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais autre chose doit nous attirer l’attention, c’est l’usage rémanent du chiffre. 10 blessés par ci, 26 suicides par là. Toutes les informations sont ainsi truffées de chiffres, les noms disparaissent. L’Autre que l’on tient responsable de tout est ainsi le grand géomètre, le grand architecte, le grand mathématicien, le grand ordonnateur de la disparition des sujets. Tout se réduirait au chiffre. Ce règne de la quantité est un signe des temps, pout reprendre un titre du mystique René Guénon.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Donc dans nos sociétés modernes, cet ordre transcendant du Totem a été battu en brèche. Ce ne sont plus les règles de la nomination qui donnent place à chacun, un par un, qui opèrent, mais le chiffre. Ce qui prédomine l’organisation de nos actuelles sociétés, c’est le chiffre absolu. Le nouveau dieu loge dans un ordinateur où le monde est passé en permanence à la moulinette du numérique. Une logique comptable s’est emparée de nos civilisations modernes. Cette société post-moderne que Guy Debord décrit comme le règne de la marchandise et du spectacle ne tient que sur des opérations comptables. (La société du spectacle ) Un nouveau dieu nous est né, le divin marché, comme le nomme mon camarade Dany-Robert Dufour. Mais le marché n’est organisé que par le chiffre. L’expression managériale le dit bien : il faut faire du chiffre, et à n’importe quel prix. La dignité humaine que Kant estimait devoir échapper à la marchandisation, n’est plus qu’un des arguments que l’on place en tête de gondole pour appâter le chaland. Le dévoiement du terme éthique en témoigne. Ainsi les banques viennent de lancer des placements éthiques qui rapportent gros.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On peut schématiquement situer l’origine du chiffrage généralisé des sociétés modernes en deux endroits. D’abord l’invention des statistiques pour déterminer les risques de criminalité dans une population donnée en 1850. Ensuite dans les camps de la mort où un être humain est réduit à un n° de matricule. Ma tante, Jeanne Couplan, lorsqu’elle arrive à Ravensbrück le 2 aout 1944, n’a plus pour la désigner que le matricule 62816. C’est un chiffre qui s’en va en fumée le 26 mars 1945.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un jour où j’assistais à une réunion de directeurs en présence de François Tosquelles, alors que ceux-ci faisaient part de leur satisfaction au regard des chiffres des populations pris en charge dans leurs établissements, agrémentant la démonstration de force schémas, camemberts colorés et autres histogrammes, celui-ci prit la parole : « Eh ! Oui, tout commence par des chiffres, puis on vous les tatoue sur la peau et vous savez comment ça finit ? A l’abattoir ». Un long silence a suivi son intervention qui remettait les choses à leur place. L’humain n’est pas chiffrable. L’humain n’est pas un emarchandise.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Qu’est-ce que ce règne du chiffre produit ? Dans le mythe de la horde primitive les alliés qui se liguent contre le mâle tout jouissant, s’arriment à un contrat social d’intérêts communs. Ils ne sont pas encore liés par la fraternité humaine. Il leur faudra en passer par une dette inconsciente liée à la culpabilité d’avoir tué le père de la horde. Or la dette, qui n’est pas une dette chiffrée ni chiffrable, devient constitutive de l’espèce humaine au sens où chacun doit, comme l’énonce Maurice Godelier dans L’énigme du don , faire quelque chose de la vie qu’il a reçu. C’est une dette symbolique, donc impayable, « c’est une dette qui échappe à l’échange », précise Jean-Bernard Paturet. 2 La dette fonde le lien social. Cette dette se détermine d’avoir reçu la vie et la parole en héritage. Il n’est pas d’autre remboursement de la dette que d’en faire quelque chose dans sa propre vie. Nous passerons donc notre vie à la rembourser, en paroles et en actes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Or dans notre monde postmoderne, la dette a pris une forme particulière. A partir du moment où elle n’est plus référée à une transmission symbolique, elle s’aplatît comme dette chiffrable, dette d’argent. Et au-delà de cet écrasement on peut entendre tous ces chiffres qui nous envahissent comme un paiement qui serait possible, épuisable. Dans les camps de la mort le n° de matricule fait sauter le nom des prisonniers, et les inscrit au registre de la comptabilité. A partir de là le seul souci des bourreaux, qui abolissent l’humain par son chiffrage, est une question comptable. C’est ce qu’Eichmann explique au tribunal de Jérusalem. Son problème était uniquement technique et comptable : comment exécuter et faire disparaître des milliers de personnes dans une même journée ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comment alors distinguer l’humain des bestiaux dans un abattoir ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A partir de là le monde post-moderne produit un espace social sans dette symbolique, donc sans histoire, mythe ou récit d’origine. Les seules références s’établissent pas le biais de la science, tout est affaire de comptage, de statistiques. Le monde est remis dans les mains des experts, les ex-pères ! La technologie domine la production. La réalité sociale est tramée de questions réduites à l’état de problèmes à résoudre. Le problème, il suffit de le mesurer, de le chiffrer pour lui trouver une solution. Il s’agit bien d’un univers totalitaire organisé par le chiffre. Tout est affaire de gestion comptable. Les petits boutiquiers des ressources humaines sont aux avants postes. L’homme réduit au chiffre – statistiques du chômage, de la sécurité sociale, et ne parlons pas des projets à objectifs des entreprises, des évaluations des établissements etc - devient la chose de la science comptable. Ainsi se réaliserait le projet d’un homme entièrement programmable, circulant comme objet du chiffre, béat dans les engrenages de la marchandisation et du spectacle, enfin débarrassé de la dette symbolique et de se raconter et de se reraconter l’histoire de la venue au monde l’humanité et de sa propre présence au monde. Nous avons rêvé d’une humanité sans histoire enfin pacifiée, débarrassée de la violence, la science l’a fait. Mais il ne faut … pas s’y fier. Car finalement, c’est encore pire. Parce que le règne du chiffre qui envahit tout nous réduit à l’état de chiffre. Là où nous pensions maîtriser l’objet de consommation, voilà qu’il nous consume. Sur ce vaste échiquier mondialisé, nous n’apparaitrions plus qu’à l’état de pièce comptable dans une ligne budgétaire. Ouvrons les yeux, tout autour de nous s’organise à partir cette tyrannie du chiffre, qui est le bras armé du néolibéralisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’effondrement de l’économie avec les subprimes nous montre que ce monde ne tient pas. J’ai été étonné de voir dans le film de Nicolas Hulot Le syndrome du titanic , l’amoncellement d’objets divers et « avariés » : voitures au rebut, ordinateurs, carcasses d’avions etc. Car cette massification des objets produits, dégurgite un nombre énorme de déchets sous lesquels nous sommes petit à petit ensevelis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que faire ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qui se présente comme violence radicale, la numérisation généralisée de l’humain, appelle des violences désespérées de certains. Il ne s’agit pas de les expliquer, ni encore moins de les excuser, mais d’en restituer à leurs auteurs le poids de responsabilité. Autrement dit qu’ils puissent en répondre. C’est à dire là où la science sociale les ferait passer par pertes et profits dans des opérations de comptabilité, - confer les statistiques des crimes et délits -, d’en restituer à chacun le tranchant subjectif.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Qu’est ce à dire si ce n’est rendre vivace et vivante la parole dans tous les domaines de la relation humaine : famille, école, entreprise etc. L’extraire de cette gangue indécente où le néolibéralisme l’a enfermée en en faisant un instrument de contention : ainsi du débriefing.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il s’agit donc au sens ouvert, non seulement de parler, mais de SE parler. C’est la raison pour laquelle, participant à la préparation du congrès d’Arles sur les violences, j’ai proposé en intitulé ce « parlons-nous ». Entendons ce pronominal comme seule modalité vivable de faire lien social. Il y a donc lieu de déchiffrer, c’est à dire de sortir de l’impérium mundi comptable, par la parole.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Si je meurs me confiait dans mon cabinet un jeune psychotique qui ne pensait qu’à se suicider pour rejoindre au ciel son père décédé, on ne pourra plus SE parler ». Et c’est bien cette énigme d’êtres liés par la parole qui l’a maintenu en vie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au nom de quoi ? Me direz-vous. Au nom de la parole qui nous a fait parlants. Car la parole parle. C’est ce que ne cesse de nous rappeler Martin Heidegger dans son séminaire Acheminement vers la parole . L’homme ne saurait vivre ni survivre sans cette sève qui nous aliment et nous relie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que faire encore? Peut être comme Alexis Zorba lorsque son projet s’écroule, danser et danser encore. Peut-être au lieu de renflouer les banques pour continuer à faire du chiffre pourrions-nous danser comme Zorba, comme Zarathoustra et déclarer avec Paul Valery dans le Cimetière marin :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;L'air immense ouvre et referme mon livre,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;La vague en poudre ose jaillir des rocs!&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;Envolez-vous, pages tout éblouies!&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #999999;"&gt;&lt;b&gt;Ce toit tranquille où picoraient des focs!&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jean-Bernard Paturet, Au-delà de Freud. Une culture de l’extermination, Cerf, 2009.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-8810624102909086077?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/8810624102909086077/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/violences-ordinaires-parlons-nous-par.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8810624102909086077'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8810624102909086077'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/violences-ordinaires-parlons-nous-par.html' title='Violences ordinaires : parlons-nous ! par Joseph Rouzel'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-8604687068359879631</id><published>2011-09-04T01:22:00.000-07:00</published><updated>2011-09-04T01:22:40.162-07:00</updated><title type='text'>Violences et sexualités par Thierry Goguel d'Allondans</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple; font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Violences et sexualités&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Thierry GOGUEL d'ALLONDANS&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;C’était un temps déraisonnable&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;On avait mis les morts à table&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;On faisait des châteaux de sable&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;On prenait les loups pour des chiens&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;Tout changeait de pôle et d’épaule&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;La pièce était-elle ou non drôle&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;Moi si j’y tenais mal mon rôle&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;C’était de n’y comprendre rien&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;b&gt;Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; 1&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La sexualité humaine est, si l’on se réfère, entre autres, à l’anthropologie et à la philosophie, le plus prodigieux analyseur des tensions entre l’individu et le collectif.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour Georges Balandier, par exemple, la sexualité humaine est un phénomène social total et « cet aspect de la nature de l’homme est celui qui a été soumis le plus tôt et le plus complètement aux effets de la vie en société »2.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour Michel Foucault, on le sait, l’étude des sexualités lui a permis de brosser un tableau non seulement de l’évolution historique des mœurs et des morales socioculturelles, mais aussi d’interroger les écarts, les normes, les différences et le traitement social de toutes les formes d’anormalité.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dès lors, il apparaît, de manière presque banale, que la sexualité rime avec la violence, que les sexualités riment avec les violences, et même qu’elles les recèlent, en fait, intrinsèquement. Il suffit pour cela d’étudier la complexité, de tout temps et sous toutes latitudes, des rapports homme/femme, des rôles sexuels et sexués, des codes et des rituels amoureux, des prébendes culturelles de la virginité, etc. Les formes progressivement policées des rapports humains atténuent, par endroit et par moment, cette violence, sans l’abroger. Mais peut-il en être autrement ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous souhaitons circonscrire notre questionnement à l’entrée dans la sexualité des jeunes générations. La découverte et l’exploration des corps s’accompagnent, ici, d’une confrontation aux pulsions et aux instincts, en amont ou de manière concomitante à&amp;nbsp;l’élaboration d’un désir. « Moi j’étais violent, parce que je n’avais pas pu être tendre... Oui. C’est bien ça » déclare Christophe, le jeune héros de Printemps au parking de Christiane Rochefort, après une première expérience sexuelle mais aussi amoureuse3. Qu’est-ce qui peut contenir un tel déferlement ? Les adultes sont, parfois, curieusement amnésiques devant leurs cadets, comme si des berges solides maintenaient, à tout coup, l’impétuosité du torrent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si de telles rives symboliques, elles-mêmes souvent d’une rare violence, existent bien pour bon nombre, il demeure qu’en matière de sexualité, il n’existe évidemment pas de mode d’emploi. Et même si Jacques Lacan rappelait, à l’envi, qu’il n’y a pas, à proprement parler, de rapports sexuels, c’est encore un mythe tenace.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au début du XXe siècle, en France, une majorité des pères, catholiques pratiquants, exemple d’une hypocrisie ambiante, faisaient initier leur fils par une professionnelle du sexe, afin de le préparer utilement (?) à un mariage plus socialement convenable.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est finalement l’intégration d’une norme sociale qui contient, à la périphérie, les excès de toutes sortes, les expériences intimes et les refoulements. Et cela fonctionne, tant au niveau individuel que collectif, au point que certains peuples ignorent des sexualités communément admises par d’autres. A ce titre, les jeunes deviennent, à l’approche de leur puberté, l’objet de toutes les attentions de leurs aînés soucieux que le cycle se perpétue, avec un minimum de variants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour le pire et le meilleur, des contenants (des containing diraient Bion ou Anzieu) sociaux et familiaux vont indiquer, aux jeunes, les chemins empruntables, les chemins de la conformité. Et pourtant, cette (con)formation demeure implicite, les schèmes de pensée s’élaborant par la transmission d’autres valeurs. Les difficultés familiales de certains jeunes homosexuels en témoignent, car ce n’est pas tant la sexualité qui dérange ici que ce qu’elle dit d’autre trop ostensiblement, et ce qu’elle implique socialement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un heurt particulier apparaît lorsque le containing social est par trop différent du containing familial. C’est le cas, par exemple, de nombreuses jeunes filles, issues de l’immigration maghrébine, qui n’ont, de loin pas, les libertés de leurs frères, même lorsqu’elles sont françaises depuis deux voire trois générations.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce déchirement laisse alors la place soit à des pathologies somatiques (plus fréquentes chez les filles), soit à une violence agie pour contrer la violence subie (plus souvent l’apanage des garçons). Cette distorsion rend compte d’incompatibilités structurelles entre la construction de l’identité psychique et l’appropriation d’une identité culturelle. Il est d’ailleurs tout à fait étonnant de remarquer que, pour une majorité des jeunes concernés, les troubles cessent, se déplacent ou se réduisent significativement, à l’entrée dans la vie adulte.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si l’on admet que la vie adulte se caractérise, en principe, par l’inscription dans un tissu social, que des rôles distincts participent d’une reconnaissance sociale, que les habitus d’un groupe concourent à l’intégration ou l’insertion dans celui-ci, on peut imaginer ce que peuvent être les contraires à un âge où l’horizon est encore indéfini lorsqu’il n’est obscurci.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une société nourrit ses tabous, édicte ses règles. Si la psychanalyse explique certaines pathologies ou conduites déviantes, à l’adolescence, par l’ignorance ou le rejet d’une Loi symbolique, un ensemble de problématiques ne saurait être réduit à ce constat. Les jeunes, dans leur grande majorité, n’ignorent pas les règles du vivre ensemble, leurs représentations sont empreintes des valeurs de leur groupe. Mais, d’une part ils s’y confrontent souvent pour la première fois, d’autre part tout cela leur semble construit hors d’eux. Quelques-uns sont alors dépassés et vivent comme contraintes les cadres qui dessinent les espaces de liberté. C’est une problématique fréquente chez les jeunes adeptes de l’errance urbaine. Toutefois, certaines situations s’aggravent lorsque, sur un mode généralement défensif, un groupe oppose, à la justice ou l’injustice sociales, des règles qui lui semblent prévalentes, tel le&amp;nbsp;soutien inconditionnel et la mobilisation massive en faveur de jeunes délinquants.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« La pièce était-elle ou non drôle ? Moi, si j’y tenais mal mon rôle, c’était de n’y comprendre rien ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En matière de sexualité, deux phénomènes prennent des proportions, au moins au niveau de l’espace public, non négligeables, aujourd’hui : les viols en réunion (encore appelées « tournantes ») et les agressions à caractère homophobe. Sans être l’exclusivité des jeunes, la grande majorité de ces délits est perpétrée par eux. Ces actes, chacun à leur manière, soulignent des crises identitaires profondes. Si certaines perversions sexuelles (pédophilie, inceste, crime à caractère sexuel, ...) dénotent une construction surmoïque défaillante, ce n’est pas, au premier chef, le cas des violences juvéniles que nous évoquons maintenant. Même en prison, le sort dévolu aux « pointeurs » (les pervers sexuels) est bien différent de celui des jeunes délinquants sexuels4 ; un « casseur de pédés », respecté, ne sera pas inquiété comme le sera un père incestueux ; il faudra souvent isolé un pédophile alors que les participants aux « tournantes » jouiront d’une protection, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, qui fera, par ailleurs, cruellement défaut à bon nombre de leurs victimes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est que ces interdits, de l’inceste et de la pédophilie, participent d’une Loi symbolique plus communément admise. Les viols en réunion et les agressions homophobes assignent des places aux agresseurs comme aux agressés, des places ou des non-places d’une conformité consternante. Est-ce, là aussi, une explication du manque d’ardeur des forces de police en ces matières ? Les victimes n’ont pas toutes droit à la compassion. Que ce soit dans la situation de la jeune fille violée ou du gay tabassé, ce que donnent à lire les agresseurs, c’est la distinction radicale entre eux (les victimes), les autres (les conformes) et eux-mêmes (les dominants). On sait que les jeunes filles victimes de « tournantes » n’ont pas été choisies par hasard. La plupart d’entre elles étaient, pour différentes raisons, en situation de fragilité5. Elles ont alors été identifiées par leurs bourreaux non plus comme des femmes-sujets mais telles des putes-objets, comme le démontrent les affligeantes rationalisations des jeunes violeurs lors de leur instruction.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au même titre, l’homosexuel n’est plus un homme, il représente un danger dans la construction périlleuse d’une identité masculine, bien malmenée de nos jours, qui se réfugie, là, dans les archétypes de la virilité. De nombreux agressés relèvent la violence des coups portés essentiellement au visage (lieu de l’identité) et l’ambiguïté des propos qui les accompagnent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En mettant à mal, en premier lieu, leurs victimes c’est aussi eux-mêmes, dans leurs identités psychiques et culturelles, que ces jeunes délinquants mettent en péril. C’est aussi, bien sûr, la part du féminin qui est extraordinairement bafouée. Les Ni putes, ni soumises, dans leur combat, l’ont bien compris, de même que les militants de SOS Homophobies. « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais ces passages à l’acte ne sont que des épiphénomènes dans le contexte plus large des sexualités juvéniles. Dans nos sociétés de l’hyper modernité, « un temps déraisonnable », l’individu est, de plus en plus, amené à se bricoler lui-même, à se mettre au monde. Le rapport au corps, notamment par les marques corporelles, des jeunes, l’illustre parfaitement. « Nous ne sommes plus des héritiers » disent les anthropologues. Le chemin n’étant plus tracé, dévie plus fréquemment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dès lors, l’entrée dans la sexualité accentue, souvent, le désarroi des adolescentes et des adolescents. Là aussi, nous sommes passés d’une société avec des rites de passage6 à une société où prolifèrent des passages sans rite. A ne plus savoir comment se mêler de cela, les adultes laissent seul, le jeune, dans un paysage dominé par les violences liées à la sexualité. Ces violences sont multiformes ; elles commencent, sans aucun doute, par le spectre du sida, mais elles s’expriment aussi dans les canons de la beauté véhiculés par la publicité, dans l’étalage médiatique des corps et des sexualités, etc. Mais si le jeune a, aujourd’hui, un accès quasi immédiat aux images, celles-ci restent muettes, ou tout du moins sans une parole vraie qui donnerait enfin du sens. Il lui manque donc le sens, d’où quelques conduites insensées où l’on tue le différent, chez soi et chez l’autre, pour ne pas se laisser altérer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces postures sont extrêmement rigides ; elles creusent d’avantage l’écart entre le masculin et le féminin; elles rendent, encore un peu plus, difficiles les rapports hommes/femmes ; elles distillent la peur de l’autre dans des systèmes dominants/dominés. Le cinquième congrès européen Sciences de l’Homme et Sociétés7 a été bien inspiré en choisissant sa thématique et devrait nous aider à affiner le questionnement que nous proposons ici.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors que nous baissons souvent les bras, nous sommes déconcertés face à quelques jeunes plus extrêmes que d’autres, et pourtant, « leurs baisers au loin les suivent »...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;* &lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Educateur spécialisé, anthropologue. Formateur en travail social (IFCAAD – Schiltigheim), docteur et chercheur associé de l’université Marc Bloch (Strasbourg II)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;1 Poème de Louis Aragon, adapté et mis en musique par Léo Ferré.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;2 Georges Balandier, Le détour, Paris, Fayard, 1985, p. 57.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;3 Christiane Rochefort, Printemps au parking, Paris, Grasset (coll. Livre de Poche n° 3101), 1969, p.154.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;4 Comme si leurs délits n’avaient précisément pas un caractère sexuel, ou tout du moins pas un caractère sexuel déviant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;5 Nous renvoyons à la prolifique littérature sur le sujet, dont l’article fort synthétique de Karima Guenfoud, « Violences dans les rapports filles-garçons », dans Agora n° 28 « Rites et seuils, passages et continuités », Paris, L’Harmattan, 2e trimestre 2002.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;6 Nous renvoyons à notre ouvrage : Thierry Goguel d’Allondans, Rites de passage, rites d’initiation. Lecture d’Arnold van Gennep, Québec, Presses de l’Université Laval (coll. Lectures), 2002.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;7 « Femmes/Hommes. L’invention des possibles », organisé par Cultures en mouvement, 7 au 10 juillet 2004, Cannes (Palais des Festivals).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-8604687068359879631?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/8604687068359879631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/violences-et-sexualites-par-thierry.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8604687068359879631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/8604687068359879631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/09/violences-et-sexualites-par-thierry.html' title='Violences et sexualités par Thierry Goguel d&apos;Allondans'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-4983829852152501960</id><published>2011-08-24T11:34:00.000-07:00</published><updated>2011-08-24T11:34:04.807-07:00</updated><title type='text'>Le doudou par Chrystel Benoît, psychanalyste</title><content type='html'>        &lt;!--[if !mso]&gt; &lt;style&gt;v\:* {behavior:url(#default#VML);}o\:* {behavior:url(#default#VML);}w\:* {behavior:url(#default#VML);}.shape {behavior:url(#default#VML);}&lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;o:DocumentProperties&gt;   &lt;o:Template&gt;Normal.dotm&lt;/o:Template&gt;   &lt;o:Revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt;   &lt;o:TotalTime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt;   &lt;o:Pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt;   &lt;o:Words&gt;1803&lt;/o:Words&gt;   &lt;o:Characters&gt;10281&lt;/o:Characters&gt;   &lt;o:Company&gt;Croix Marine 41&lt;/o:Company&gt;   &lt;o:Lines&gt;85&lt;/o:Lines&gt;   &lt;o:Paragraphs&gt;20&lt;/o:Paragraphs&gt;   &lt;o:CharactersWithSpaces&gt;12625&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt;   &lt;o:Version&gt;12.0&lt;/o:Version&gt;  &lt;/o:DocumentProperties&gt;  &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt;   &lt;o:AllowPNG/&gt;  &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:WordDocument&gt;   &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:TrackMoves&gt;false&lt;/w:TrackMoves&gt;   &lt;w:TrackFormatting/&gt;   &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:PunctuationKerning/&gt;   &lt;w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;   &lt;w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;   &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;   &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;   &lt;w:ValidateAgainstSchemas/&gt;   &lt;w:SaveIfXMLInvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:IgnoreMixedContent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:Compatibility&gt;    &lt;w:BreakWrappedTables/&gt;    &lt;w:DontGrowAutofit/&gt;    &lt;w:DontAutofitConstrainedTables/&gt;    &lt;w:DontVertAlignInTxbx/&gt;   &lt;/w:Compatibility&gt;  &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="276"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;  &lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt; /* Style Definitions */table.MsoNormalTable	{mso-style-name:"Tableau Normal";	mso-tstyle-rowband-size:0;	mso-tstyle-colband-size:0;	mso-style-noshow:yes;	mso-style-parent:"";	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;	mso-para-margin:0cm;	mso-para-margin-bottom:.0001pt;	mso-pagination:widow-orphan;	font-size:12.0pt;	font-family:"Times New Roman";	mso-ascii-font-family:Cambria;	mso-ascii-theme-font:minor-latin;	mso-fareast-font-family:"Times New Roman";	mso-fareast-theme-font:minor-fareast;	mso-hansi-font-family:Cambria;	mso-hansi-theme-font:minor-latin;	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;}&lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;    &lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 19px; font-weight: bold;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;Le doudou... ou objet transitionnel&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Par &lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Chrystel Benoît-Marhuend&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, psychanalyste &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;D.W. Winnicott, à l’origine du terme d’objet transitionnel, considère de façon plus générale « l’espace transitionnel » comme l’espace intermédiaire entre la réalité intérieure de l’enfant et la réalité extérieure. Cet espace, ni tout à fait illusoire, ni tout à fait réel, est le lieu de rencontre entre les deux réalités qui interfèrent l’une avec l’autre et qui font de chacun d’entre nous quelqu’un d’exceptionnel, doté d’une capacité de perception exceptionnelle. En quelque sorte, l’enfant est un petit schizoïde potentiel dont l’espace transitionnel permet de rassembler les deux mondes (intérieur et extérieur) et lui procure ainsi l’unicité du moi ; l’objet transitionnel favorise l’atténuation de la dissociation entre le dedans et le dehors.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;Le phénomène transitionnel dans son ensemble comprend non seulement l’objet transitionnel en tant que tel, mais également toute activité buccale, les sons émis par l’enfant, gazouillis, bruits anaux, etc.… (cf. « De la pédiatrie à la psychanalyse » de Winnicot). L’objet transitionnel vit dans l’espace transitionnel, il y tient une place essentielle, nous le connaissons tous sous le nom de « doudou ».&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;Qui d’entre nous ne s’est pas retrouvé impuissant devant une crise, qui n’est pas sans évoquer celle de l’hystérie, du petit enfant dont le doudou a été oublié ou perdu, et ce, d’autant plus s’il se trouve en phase d’endormissement ? Il ne s’agit pas là d’un simple caprice. En effet, le doudou n’est pas un simple jouet parmi tant d’autres, il est chargé d’une multitude de significations et remplit plusieurs rôles nécessaires à la construction du moi de l’enfant&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;Le nourrisson, issu d’un lieu confortable et douillet, où le sentiment de frustration ne faisait pas partie de son quotidien, va devoir faire face dès sa naissance à un monde pour lequel il n’est pas préparé : celui de la réalité. Il n’est pas de transition entre les deux. &lt;br /&gt;Lorsqu’au petit matin le réveil nous extirpe brutalement d’un rêve agréable pour nous ramener à la réalité, nous nous adaptons au prix d’un sacrifice mais sans grande contestation à la situation, et bien que nous en gardions un sentiment d’amertume quelques instants encore, notre statut d’adulte « au moi construit », nous permet de surmonter la difficulté et d’affronter le monde extérieur tel qu’il est. Pourtant, certains d’entre nous s’aménagent un petit temps de transition, entre l’instant où ils quittent le lit et celui où ils passent la porte, il y a ceux qui se prélassent longuement dans un bain ou ceux qui prennent un petit déjeuner en parcourant rêveusement un magazine. Cette attitude correspond à s’accorder le temps (et les moyens) de revenir à la réalité. On pourrait appeler cela l’espace transitionnel, c’est à dire le lieu où le temps de quelques instants seulement, l’illusion et la désillusion, la rêverie et la réalité, se rencontrent, se mêlent, jusqu’à ce que la deuxième prenne le pas sur la première. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;De la même façon, le nourrisson qui ne retrouve le bien être total tel qu’il l’a connu au cours de sa vie intra-utérine, qu’au moment où il prend le sein, (ce sein avec lequel il ne fait qu’un, ce sein qui lui appartient et qui pourtant lui échappe épisodiquement), puisque rien ne lui permet de vivre ce manque dans la douceur et la progression, va se créer son propre espace transitionnel, dont l’objet transitionnel tient le premier rôle. Il s’agit de se donner les moyens de passer d’un temps où l’enfant avait et était le tout, à une alternance entre l’avoir et l’être absolus et le sentiment de manque par une voie de transition en évitant la douleur excessive.&lt;br /&gt;Si l’objet transitionnel est le lien entre la mère et l’enfant, il représente aussi ce qui va lui permettre de s’en détacher. Qu’il s’agisse d’un jouet, d’une couverture, d’un mouchoir, que l’enfant soit fille ou garçon, il est en général indispensable à son équilibre et à son développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La présence/absence de la mère crée chez le nourrisson une angoisse. L’objet transitionnel, qui lui donne le sentiment d’avoir avec lui le sein de façon permanente (il en est son substitut), va jouer un rôle de calmant, notamment au moment de l’endormissement. Lorsque l’enfant est près de sombrer dans le sommeil, il désinvestit alors le monde extérieur pour réinvestir, de sa libido, son moi, c’est à dire qu’il y a repli total sur soi ; une régression fragilisante que la présence du doudou permet d’apaiser. Il lui permet de lutter contre l’angoisse dépressive. &lt;br /&gt;L’objet choisi par l’enfant n’est pas innocent. Ainsi, le coin de couverture par exemple en tant qu’objet partiel, représente l’objet partiel qu’est le sein de la mère. Il est de façon plus précise le sein durant les cinq ou six premiers mois de la vie, mais à la période dépressive (sevrage), l’objet prend une autre dimension dans la mesure où la mère est alors considérée comme une personne totale et non plus comme un ensemble d’objets partiels (sein, visage, mains…), c’est à dire qu’il est à la fois nostalgie du sein perdu et investi de nouvelles fonctions. . &lt;br /&gt;C’est pourquoi le ressenti de la relation mère/enfant est capital, parce qu’il est nécessaire que l’objet interne (introjecté) soit suffisamment bon pour que l’enfant s’oriente vers l’objet transitionnel. Autrement dit, la valeur qu’il accorde à l’objet interne (c’est à dire ce qu’il est lui en tant qu’être identifié à cet objet) dépend de la perception de l’objet externe ( la mère, le sein existant en tant que seul objet d’identification du nourrisson). La distorsion de perception pourrait alors provenir de ce que Mélanie KLEIN a appelé l’introjection du mauvais objet/sein, par le mécanisme de l’identification projective (mauvais sein parce qu’absent ou projection agressive sur le sein réintrojecté). &lt;br /&gt;Il ne s’agit pas là d’une mère qui répond forcément mal aux attentes de l’enfant, mais l’absence alternative de la mère est mal perçue et insurmontable pour l’enfant ou l’attente de celui-ci est trop excessive par rapport à ce qu’elle est en mesure de lui apporter. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;La mère « suffisamment bonne » évoquée par WINNICOT est celle qui s’adapte aux besoins de l’enfant. Parfois, il y a déséquilibre entre ce que l’enfant demande et ce que la mère perçoit de cette demande, entre ce que l’enfant demande et ce que la mère a la possibilité de donner ou entre ce que la mère donne et ce que l’enfant en perçoit. L’harmonie entre les deux ne va pas toujours de soi. De même, certains enfants n’ont pas recours à l’utilisation de l’objet transitionnel, parce qu’il y a une déformation de la perception, la mère étant elle-même perçue comme l’objet transitionnel ou lorsqu’il y a une carence affective trop importante, entraînant un affaiblissement de la vie affective de l’enfant. Ainsi, on a pu constater que si la mère s’absente trop longtemps, c’est à dire une durée supérieure à la capacité pour le nourrisson d’en avoir le souvenir, l’objet transitionnel est désinvesti.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;L’objet transitionnel favorise dans sa fonction le dépassement du mécanisme de clivage, parce qu’il permet, au sein de l’espace transitionnel, de faire cohabiter illusion/présence du sein en tant qu’objet qui lui revient et réalité ou désillusion/absence du sein de façon interactive, et plus seulement de façon clivée. En d’autres termes, l’objet transitionnel permet d’intégrer la notion d’ambivalence, d’être ou d’avoir « à la fois les deux », « les deux » étant des couples d’opposés (présence/absence, amour/haine), mais tous les deux en activité dans un même temps et un même lieu. L’enfant considérera peu à peu sa mère non plus comme deux entités distinctes (bonne ou mauvaise), mais comme une personne ambivalente, à la fois bonne et mauvaise, qui lui inspire des sentiments ambivalents. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;Une fois que l’enfant intègre la mère en tant que personne, l’objet transitionnel n’est plus seulement objet/sein, ni objet/moi, mais aussi objet tiers, en ce sens où il tient aussi sa part d’identité au père, puisqu’en tant que tiers, s’il a toujours été objet de lien fusionnel avec la mère, il est désormais aussi objet de séparation entre les deux, (au même titre que le nom du père), dès lors que l’enfant est capable de percevoir les objets comme différents de lui, dès lors que la réalité (il n’est pas « le tout ») le touche.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;On peut en déduire que l’objet transitionnel a un rôle d’aide à l’acceptation de la frustration, il en est un outil, comme peut l’être le fantasme qui procède lui aussi à un apaisement de l’angoisse dû à l’illusion. Mais au même titre que le fantasme, l’objet transitionnel devrait avoir un rôle d’étayage favorable au développement, c’est à dire nécessaire un temps seulement, celui de la construction d’une cohérence narcissique du moi. Dans le meilleur des cas, le sujet enfant va s’intéresser à une quantité de plus en plus importante d’objets, délaissant le premier comme seul objet d’investissement narcissique et érotique, il s’ouvre sur le monde extérieur progressivement, son aptitude à symboliser grandissant avec lui, ses intérêts vont devenir multiples et sa façon d’exprimer ses affects aussi. Ce n’est cependant pas toujours le cas. En effet, on peut voir chez certains adultes la persistance au recours à l’objet transitionnel (souvent celui de l’enfance), nécessaire en période d’angoisse, de solitude ou de dépression, essentiellement à l’heure du coucher, voie de régression par excellence. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;On pourrait aller plus loin en considérant comme objets transitionnels les gris-gris, les objets de superstition qui n’ont d’autres buts que d’apaiser l’angoisse de l’inconnu, et de donner l’illusion d’être en sécurité parce que pas seul, en possédant de façon symbolique l’autre formant ainsi un tout. Il s’agit simplement d’un déplacement de l’investissement libidinal par rapport à l’objet initial. Mais il s’agit surtout d’éviter de supporter un total processus d’individuation pour lequel le sujet ne se sent pas assez fort. Il n’y a qu’un pas à franchir pour qualifier de façon plus générale tout ce qui relève de la croyance comme étant une partie d’un espace transitionnel, se nourrissant à la fois de la douceur de l’illusion (FREUD lui-même emploiera la métaphore de l’illusion pour désigner la religion) et la rudesse de la réalité, aménageant à la réalité un espace d’illusion qui l’aseptise et réservant dans un même temps une place dans sa réalité intérieure à la réalité extérieure impossible à nier, et ternissant quelque peu le champ illusoire. &lt;br /&gt;Cette extrapolation peut paraître excessive, mais se vérifie dans les cas les plus concrets, comme dans le processus de deuil par exemple, où la croyance en Dieu peut permettre à certains individus de disposer du matériel nécessaire à les soutenir dans l’épreuve, à accepter la réalité, même et surtout s’il est utilisé de façon transitoire (messes mortuaires, rites….) et même s’il n’est transitoire que de façon partielle, (le sujet était déjà croyant), c’est à dire faire le deuil de l’objet perdu, à savoir l’être cher.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;Ainsi, la religion peut être investie de façon passagère et intense par celui qui a besoin que lui soit proposé un espace lui permettant de se laisser porter par l’illusion (la certitude d’une vie post-terrestre par exemple sans pour autant en avoir la preuve c’est à dire que ce qui pourrait être une hypothèse se transforme par nécessité en certitude), sans cependant perdre de vue une réalité (sans la dénier) qui est la disparition de l’être aimé. De façon moins tragique, il en va de même pour toute activité créatrice permettant de lutter contre l’angoisse, toutes formes artistiques, passe-temps ou passions confondus. On parle alors de sublimation.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 18.0pt; margin-bottom: 7.5pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 7.5pt; text-align: justify;"&gt;On ne décrit l’espace transitionnel à proprement parler en psychanalyse que dans le cadre de l’évolution infantile, mais on peut aisément en retrouver des traces dans la vie adulte, lorsqu’il s’agit d’éviter la dépression, d’apaiser l’angoisse, de surmonter le deuil. La maturité étant alors supposée, on parlera dans certains cas de pathologie, (dépendance excessive à l’objet par exemple), à la différence de l’enfant chez qui il s’agit d’un processus normal. Toute la différence entre pathologie névrotique et présence de symptômes seulement (c’est à dire un évitement de la pathologie), réside dans l’aspect transitoire (ou non ) des signes (suite à une période difficile à vivre par exemple), et dans quelle mesure ils sont gênants dans la vie du sujet.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt; Chrystel Benoit&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; - Psychanalyste&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-4983829852152501960?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/4983829852152501960/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/08/le-doudou-par-chrystel-benoit.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4983829852152501960'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4983829852152501960'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/08/le-doudou-par-chrystel-benoit.html' title='Le doudou par Chrystel Benoît, psychanalyste'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-503266852475741560</id><published>2011-06-28T10:23:00.000-07:00</published><updated>2011-06-28T10:23:49.200-07:00</updated><title type='text'>Avec Michel Balat auprès des traumatisés crâniens en éveil de coma à Château Rauzé dans la clinique d'Edwige Richer.</title><content type='html'>&lt;div style="border-collapse: collapse; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Merci à &lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Michel Balat*&lt;/span&gt;&amp;nbsp;de nous permettre de lire le travail entre les équipes et les blessés soutenu par la logique sémiotique de Charles Sanders Peirce, et les enseignements de la psychanalyse.&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;* notre ami de Perpignan dit souvent Jean Oury, un ami philosophe, mathématicien, sémioticien, psychanalyste.&lt;/div&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Introduction&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Le travail dont il va être ici question a lieu depuis 7 ans dans la clinique de Château Rauzé près de Bordeaux, qui accueille des patients traumatisés crâniens en éveil de coma. Edwige Richer, qui dirige la clinique, et François Cohadon ont, dans de nombreux articles&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn1" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, présenté la problématique clinique générale et les solutions adoptées pour le traitement de ces personnes, —&amp;nbsp;qui se sont nommées «&amp;nbsp;les blessés&amp;nbsp;», du fait de l’accident qui a été la cause de leur état. Nous renvoyons à leurs études pour ce qui concerne les états de coma et, plus spécifiquement, d’éveil de coma.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous voudrions présenter au lecteur une conception du soin qui nous a semblé adaptée aux conditions particulières d’une clinique de l’éveil du coma et de son suivi. Nous décrirons pour cela quelques situations vécues permettant de se faire une idée de ce qui se passe dans le rapport entre les équipes et les blessés. Puis nous donnerons des éléments sur les élaborations à partir de la vie quotidienne dans cet établissement, et qui puisent à trois sources&amp;nbsp;: la théorie médicale du coma, du trauma crânien et de la récupération cérébrale, la théorie sémiotique de Peirce, sa logique et son pragmaticisme, et la théorie psychanalytique de Freud, incluant aussi bien les développements de Lacan que ceux des Winnicott, Klein, etc. Malgré la véritable débauche théorique à laquelle le lecteur peut paraître convié, les conditions mêmes du travail font de ces élaborations un bricolage plus qu’une théorie. Il ne semble pas qu’à l’heure actuelle existe une conception unifiée du travail auprès des traumatisés crâniens. Ce qui suit peut donc être considéré comme une approche, parmi d’autres possibles.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: center;"&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: center;"&gt;*&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;En articulation avec l’organisation propre de l’établissement de soins, nous avons tenté de mettre en pratique un travail institutionnel, inspiré du courant de la Psychiatrie institutionnelle, de François Tosquelles et Jean Oury, en fournissant des lieux de parole et d’élaboration aux différents acteurs de la clinique, aussi bien les blessés et les médecins, le personnel infirmier et de rééducation, que le personnel administratif et de service. L’existence de trois équipes correspondant aux trois phases repérées par Edwige Richer dans le soin des traumatisés crâniens graves&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn2" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;(éveil, rééducation, réadaptation —&amp;nbsp;dans l’ordre) nous a fourni l’occasion de réunions spécifiques (en dehors des réunions dites de synthèse) où sont abordées toutes les questions de la vie quotidienne, que celle-ci inclue ou non le soin proprement dit. Une assemblée générale du personnel est conçue pour permettre à chacun de mettre en lumière ses propres problèmes, mais aussi de sentir sa place dans l’activité soignante. Le signataire de cet article, psychanalyste et sémioticien, intervient tous les deux mois et demi environ, pendant quarante huit heures, du jeudi au samedi.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Il ne nous est bien entendu pas possible d’aborder l’ensemble des questions suscitées par cette pratique. Nous nous bornerons ici à indiquer ce que nous faisons, dans le cadre que nous venons de préciser si succinctement, avec l’équipe dite «&amp;nbsp;d’éveil&amp;nbsp;», c’est-à-dire lors de la première phase d’évolution du blessé (les phases 2 à 4 du Dr Richer, note 2), non sans indiquer les principales hypothèses qui nous guident.&lt;/div&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Quelques jours avant la réunion (dite «&amp;nbsp;de sémiotique&amp;nbsp;»), l’équipe d’éveil sélectionne de 1 à 3 blessés dont elle aimerait que nous parlions. Les motifs avancés pour ces choix tournent autour des thèmes suivants (liste non limitative)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;il n’avance plus&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;nous sommes désinvestis&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;on ne comprend pas ce qui se passe&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;nous sommes en conflit à son propos&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;nous sommes trop attachés à lui&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;on hésite à lui faire passer dans l’autre équipe (de rééducation)&amp;nbsp;», etc. Une fois choisis les blessés dont on doit parler, une vidéo est réalisée sur eux afin de mettre en lumière les faits et l’atmosphère de la vie quotidienne et, lorsque c’est possible, les points qui font l’objet des préoccupations de l’équipe.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;La réunion elle-même a lieu le samedi matin.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Autour d’une grande table se retrouvent le blessé dont il va être question (et ceci quel que soit son état), tout ou partie de l’équipe d’éveil (cette réunion n’a aucun caractère d’obligation, et elle est prise sur le temps de repos de ceux qui y participent), le Dr Richer et moi-même, auxquels s’ajoutent des stagiaires de passages ou des visiteurs «&amp;nbsp;informés&amp;nbsp;». Les salutations échangées, la vidéo est visionnée, puis, généralement, nous faisons le point sur l’histoire du patient, l’histoire clinique certes, mais aussi l’histoire individuelle, telle qu’elle nous est connue par les descriptions de la famille, de l’entourage ou par le dossier médical. Le recueil d’informations n’est pas systématique, nous nous laissons essentiellement porter par les zones d’ombres, les coïncidences, ou par l’insistance mise, par les proches ou l’équipe, sur tel ou tel élément qui paraît significatif. Les discussions durent entre 1 et 2 heures, en moyenne. Le blessé se retire à la fin de la discussion.&lt;/div&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Quelques histoires&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous présentons maintenant quelques situations vécues dans ce groupe afin de permettre au lecteur de saisir la diversité de ce que nous y rencontrons ainsi que celle de nos attitudes. Il doit être clair que ces histoires ne sont ni des exemples ni des preuves de l’excellence supposée de notre pratique&amp;nbsp;! Ce sont elles qui ont conduit nos élaboration au fil des années, nécessitant souvent l’invention de concepts nouveaux ou la reprise et la modification de concepts anciens. Elles font partie de ces réunions du samedi, où, parfois, nous serions bien en peine de dire s’il s’est réellement passé quelque chose. Si celles qui sont sélectionnées ici ont été des jalons visibles de notre élaboration collective, bien d’autres ont filé petit à petit le tissu même de notre travail clinique et théorique&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Deux pôles sont ici fondamentaux :&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;1. La pratique de ce que nous pouvons appeler l’«&amp;nbsp;association libre&amp;nbsp;» de ceux qui sont autour de la table. Nous ne nous laissons guider par rien de particulier, la vidéo et l’histoire des blessés n’étant là que pour fournir des sortes de points de départ associatifs.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;2. Ce sont les réactions du blessé avant et dans la séance qui nous portent dans nos associations. Il est évident —&amp;nbsp;et nous en donnerons la portée théorique plus loin&amp;nbsp;— que toute réaction nous indique qu’un certain point a été touché chez lui.&lt;/div&gt;&lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;Histoire de L…&lt;/h3&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;La petite L…, une enfant marocaine vivant en France, est accueillie dans ce service après un accident de la route, au cours duquel sa mère est décédée. Au jour de notre intervention, L… est là depuis plusieurs semaines, à l’état de coma vigile, ne réagissant aux différentes injonctions du personnel médical que par quelques grognements. Sur le plan physique ses actes sont très sommaires, dénués, semble-t-il, d’intentionnalité. Son corps répond passivement aux soins et exercices divers qui sont effectués (bain, mouvements des membres inférieurs et supérieurs, préhension, prise de nourriture, etc.). Après une matinée consacrée à des discussions théoriques avec l’équipe, il est décidé de discuter autour du matériel vidéo qui nous est projeté. Trois remarques s’imposent à nous&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;1. Les grognements de L… sont modulés&amp;nbsp;: il apparaît que, suivant les circonstances, L… est amenée à produire des cris différenciés.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;2. Lors d’un exercice sur une table de travail, l’équipe présente auprès d’elle est amenée à rire d’une situation où L… semble réagir comme si elle cherchait à dissimuler qu’elle comprenait ce qu’on lui demandait de faire.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;3. L… tenait serrée une barre. La kiné prenant sa main pour lui faire lâcher prise, L… réagit par un cri, provoquant chez la soignante un vif mouvement de recul. Se ressaisissant, celle-ci entoure de son bras les épaules de L…, s’empare de sa main&amp;nbsp;: L… se laisse faire sans cri.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Les deux premières remarques sont commentées ainsi&amp;nbsp;: la réaction par le rire paraît montrer qu’en fait on soupçonne chez elle une compréhension bien plus grande des rapports qu’elle a avec le monde que ce qu’elle laisse voir.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Tout se passe comme si&lt;/i&gt;&amp;nbsp;son attitude passive était, en quelque sorte, délibérée.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;La troisième remarque nous engage à considérer qu’en fait L… provoque dans l’équipe une certaine crainte, manifestée par la vivacité de la réaction de la kiné. Certes, celle-ci réagit ensuite avec beaucoup de douceur, comprenant instinctivement la demande informulée de L…, mais cette réaction est seconde et&amp;nbsp;&lt;i&gt;tout se passe comme si&lt;/i&gt;&amp;nbsp;elle venait en somme, dénier la première.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Ces deux interventions convergeaient vers l’idée suivante, informulée jusqu’alors&amp;nbsp;: L… refuse de sortir de son état, cela nous irrite. L’accès à cette idée ayant été trouvé, l’effet n’a pas manqué&amp;nbsp;: dans les jours qui suivirent, L… a commencé à manifester des actes volontaires, comme celui de tendre le bras.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn3" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;Histoire de D…&lt;/h3&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;D… est depuis plusieurs mois dans la phase végétative de l’éveil de coma. Difficile pour l’équipe de s’occuper de ce qui ne paraît être qu’un corps. Nous regardons en sa présence une vidéo réalisée pour dérouler une journée ordinaire. Le lever. Le bain. La sortie du bain… Tout s’accomplit sans sa participation. Les yeux ouverts, le regard vide, D… absorbe passivement les gestes qu’on exécute pour lui. La caméra est maintenant dans la chambre. Son corps, lavé, essuyé, allongé sur son lit, lentement habillé par Mme H.&amp;nbsp;; les traits de D…, ceux d’un adolescent plutôt agréable à regarder&amp;nbsp;; ses cheveux, coiffés… Mais une mèche est encore rebelle. Mme H., d’un geste délicat, d’une caresse, redonne pureté à son front. Une ombre passe sur le visage du jeune homme. Saisie, Mme H. tente, en répétant son mouvement, de renouer ce contact furtif… Inutile, D… est à nouveau retourné dans son monde.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Durant plus d’une heure de temps, ce moment lumineux fut portée à l’incandescence dans notre groupe. Mme H. sut évoquer avec nous cette ombre portée du désir, cette invite quasi maternelle à l’abandon. Depuis, D… a repris la parole.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn4" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;Histoire de B…&lt;/h3&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;B… rentre dans la pièce, allongé sur le lit poussé par une infirmière, son corps est raide, sa nuque tendue à l’extrême, ses yeux grands ouverts. Quand, au cours de cette réunion qui lui est consacrée, une parole, une question, viendra se poser sur ses yeux, il paraîtra la chasser d’un battement de paupière. Aura-t-il pour autant réagi à cette parole, répondu à cette question par un «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;» ? Qui le sait&amp;nbsp;? Mais tous le pensent, comme tous pensent en silence qu’il aurait quand même mieux fait de mourir, car des mois de calvaire dans un état comme végétatif font désespérer l’équipe de pouvoir jamais l’aider à sortir de sa torpeur. Je m’entends dire «&amp;nbsp;Bien sûr, on se dit que tu aurais bien mieux fait de mourir&amp;nbsp;». L’équipe respire. Ainsi il n’était pas impossible de penser publiquement une telle chose&amp;nbsp;! Mais tous n’avaient pas ce même sentiment. Une jeune infirmière manifeste de l’espoir. Il lui semble qu’à un certain moment, B… n’était pas loin de franchir le cap. Voilà de quoi faire dresser l’oreille. L’équipe est une pellicule, et là, avec cette parole, un bout de vie s’y imprimait. B…, 9 ans, perd son père. Des quatre enfants de la famille, trois —&amp;nbsp;dont lui&amp;nbsp;— sont placés en institution. Sa mère, qui n’en pouvait mais, garde la dernière, une fille. B… a 18 ans, puis 23. L’alcool. Le mariage. Un enfant. La séparation et, trois semaines après, l’accident. Coma. Eveil. Un diagnostic (faux, à n’en pas douter)&amp;nbsp;: état végétatif. Edwige Richer, consultée, émet un doute et, l’arrachant à son destin, l’emmène à Cénac. Une parole surgit de moi : «&amp;nbsp;Mon vieux B…, pourquoi n’est-ce pas toi que ta mère a gardé&amp;nbsp;? La mort de ton père aura été une catastrophe.&amp;nbsp;» B… tourne la tête. Il pleure. Une vague nous submerge.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn5" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;Histoire de H…&lt;/h3&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Autour de la table, l’équipe soignante à laquelle participe H…, mutique. Cette dernière est depuis de nombreux mois dans un éveil de coma qui retentit de ses cris, rauques, orgastiques, à la limite du soutenable. Nous babillons autour d’elle. Elle est assise, prostrée, la tête posée sur la table, ne se relevant parfois que pour, peut-être, manifester un intérêt pour tel passage de notre conversation. Enigme&amp;nbsp;: est-elle dans le coma à la suite de coups portés par son mari&amp;nbsp;? Ou bien à la suite d’un épanchement sanguin dans le cerveau, lié à son alcoolisme&amp;nbsp;? La police a tenu en prison son bonhomme pendant suffisamment de temps pour ruiner sa réputation auprès des voisins —&amp;nbsp;qui, d’ailleurs, n’avaient jamais admis ce prolétaire dans leur cercle doré. Ah, on plaignait beaucoup H.&amp;nbsp;! une brave femme&amp;nbsp;! Quant à son rustre de mari&amp;nbsp;!… A moins que ce soit lui qui soit à plaindre. Qui sait&amp;nbsp;? Il garde ses trois enfants. Une enquête sociale est en cours qui conclura peut-être qu’il faut décidément les lui enlever… L’équipe est divisée à ce sujet.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;«&amp;nbsp;H… pensez-vous que votre mari ne doit pas garder les enfants&amp;nbsp;? Sont-ils en danger auprès de lui&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Ah, ça non&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», répond-elle, relevant son buste et me regardant doit dans les yeux.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn6" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;Histoire de V…&lt;/h3&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;V… a 18 ans. Il est raide sur sa chaise d’hémiplégique. Son regard est fixe. Son seul outil de communication est sa paupière gauche qu’accompagne un léger mouvement de la main gauche. Il est le troisième enfant d’une famille dont la mère gave des oies.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L’accident de V… a eu lieu alors qu’il se préparait à partir de chez lui, ayant trouvé un travail au Château des R…&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Une idée s’impose&amp;nbsp;: V… était peut-être rejeté par sa mère. Et si sa seule position dans l’existence était liée au fait qu’il occupe réellement sa place auprès d’elle&amp;nbsp;? La quittant, il ne pouvait plus exister.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Battant abondamment des paupières, la main gauche frétillante, V… laissait entendre que nous n’étions pas loin de son profond mystère. Pourtant, une certaine discordance, informulable, planait.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Quelques jours après, V… dicte à une infirmière une déclaration d’amour, en lui désignant les lettres de l’alphabet les unes après les autres. Opéré des tendons, les bras plâtrés, il va même jusqu’à articuler ses premiers mots depuis l’accident.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Quelques semaines après, l’équipe s’aperçut d’une erreur dans l’histoire de V… Ce n’était pas lui qui devait quitter sa famille dans les circonstances indiquées, mais un autre patient. On s’était trompé d’histoire. Mais… sa mère avait confié à un membre de l’équipe qu’étant enceinte de V…, elle avait voulu avorter, et cet avortement avait raté. Seule la mère, en effet, pouvait donner cette indication. Elle n’en avait jamais parlé à V… L’équipe ne se sentait pas le droit de l’évoquer devant lui.&amp;nbsp;&lt;i&gt;C&lt;/i&gt;’était donc passé par cette «&amp;nbsp;erreur&amp;nbsp;» d’histoire, qui nous poussait à tirer des conclusions non dénuées de vérité puisque suivies d’effets.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn7" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Hypothèses et Développements&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;L’essentiel des hypothèses de travail qui suivent repose sur des développements de la sémiotique de Charles S. Peirce&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn8" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, philosophe et logicien américain, fondateur du pragmatisme et de la sémiotique. Il est impossible ici de donner une vue d’ensemble de cette sémiotique&amp;nbsp;: nous dirons seulement qu’elle envisage le signe sous le triple aspect catégoriel (le signe comme instance de la catégorie que Peirce nomme la «&amp;nbsp;tiercéité&amp;nbsp;»), logique (le signe-objet, les distinctions de classes de signes) et processuel (la sémiose ou signe en acte). La conception du signe comme instance de la tiercéité en fait le sujet d’une relation triadique authentique, irréductible à toute décomposition en dyade. Une telle triade aura comme premier sujet ce que Peirce nomme un&amp;nbsp;&lt;b&gt;representamen&lt;/b&gt;, comme deuxième sujet l’&lt;b&gt;objet&lt;/b&gt;&amp;nbsp;du representamen et comme troisième sujet l’&lt;b&gt;interprétant&lt;/b&gt;&amp;nbsp;(qui est en fait un representamen ultérieur du même objet). Un signe sera, à proprement parler, un representamen dont l’interprétant est mental. En somme le representamen représente l’objet pour l’interprétant. La sémiose, le processus de signification en quelque sorte, peut être modélisée, à partir de ces définitions, comme la succession des interprétants d’un même representamen.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Les développements des hypothèses que nous avons formées, nous ont été largement suggérés par la pratique psychanalytique. Celle-ci en effet, particulièrement depuis les travaux essentiels de Lacan sur la question du signifiant&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn9" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, implique une réflexion constante sur les rapports du sujet et de l’autre. Dans la mesure où le sujet est pris dans les rets du langage, au point où il dépend des signes pour se signifier, c’est donc toujours dans la mesure où il s’adresse à l’autre qu’il est sujet, mais il lui est aliéné. Cette conception de sujet-objet de la chaîne signifiante est adéquate à celle de la sémiose chez Peirce que nous venons d’exposer si brièvement. Pour l’essentiel, retenons la primauté du representamen (Peirce) ou du signifiant (Lacan) sur le sujet qui en dépend.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Pour rendre compte de la chaîne signifiante ou&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;de la sémiose dans ses rapports au sujet-objet, nous avons défini une sorte de structure tripartite, où trois personnages, chacun sujet d’une fonction propre, développent leur destin mutuel&amp;nbsp;: un scribe, un museur et un interprète. Nous allons décrire ces personnages et leur fonction.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Le scribe est chargé de la fonction d’inscription. Cette inscription des signes se fait sur quelque support, que nous avons nommé la «&amp;nbsp;feuille d’assertion&amp;nbsp;». Inscrire c’est, certes, écrire quelque chose, mais c’est surtout asserter, s’engager au sens du pragmaticisme peircien, où la signification d’une proposition est l’ensemble des actes auxquels elle pourrait conduire. Dans notre travail, la position du scribe est essentiellement celle que nous avons lorsque nous parlons. Nous inscrivons des signes, —&amp;nbsp;en fait des representamen dans la terminologie de Peirce, des signifiants dans celle de Lacan&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn10" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;—, mais, si l’on peut dire, des signes de quoi&amp;nbsp;?, ce qui pose la question du sujet-objet.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous avons depuis longtemps&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn11" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;nommé l’activité de pensée, d’élaboration, qui se passe dans un groupe ou chez un individu, le «&amp;nbsp;musement&amp;nbsp;», d’un vieux mot français. C’est un terme employé par Peirce&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn12" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;pour envisager la situation où la pensée vogue, en quelque sorte, pour elle-même. Le musement est ce qui s’avère avoir été lorsque nous l’inscrivons, lorsque nous l’évoquons. «&amp;nbsp;J’étais en train de penser à…&amp;nbsp;», telle est la formule du musement. Diverses raisons nous poussent à considérer que la reconstitution opérée à ce moment-là est tout sauf complète, nous ne saisissons que des bribes, des chaînes d’un processus beaucoup plus complexe, polyphonique. Le Museur sera ce deuxième personnage en tant qu’il est le lieu même du musement pris dans sa totalité. Le scribe inscrit le musement supposé (supposé car nous n’y avons accès que lorsqu’il s’inscrit, de telle façon que l’inscription est bien première, le musement qu’elle inscrit n’est qu’inféré).&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;C’est un troisième personnage, celui-là même que nous avons nommé l’Interprète, qui sera chargé d’indiquer, à partir des signes du scribe, quel était le contenu du musement. C’est le lieu même de l’inférence.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn13" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Bien entendu ces trois personnages ne sont pas véritablement tels, ils sont des lieux de fonctions, de telle façon qu’un individu peut instancier quasi-simultanément les trois. Par ailleurs envisagés sous l’angle de la topique freudienne Conscient-Préconscient-&lt;wbr&gt;&lt;/wbr&gt;Inconscient, nos trois personnages sont dans le système Conscient-Préconscient.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Dans notre travail, nous avons ainsi découpé les fonctions&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;nous musons tous ensemble autour des questions ouvertes par l’équipe à propos du blessé, un tissu continu de pensées (ou, mieux, de penser) au sein de notre petit groupe,&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;chacun de nous, dans la mesure où il prend la parole publiquement, fait alors office de scribe et inscrit ainsi ce musement continu,&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;—&amp;nbsp;enfin le blessé est le seul interprète de ce qui se passe puisque, en somme, c’est lui, qui par la manifestation de signes, nous indique si nous sommes sur le bon chemin.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Bien entendu il s’agit d’un découpage forcé puisqu’en somme il n’y a aucune raison pour qu’il en soit ainsi. C’est un repérage structural que nous faisons, destiné à nous permettre de saisir les effets d’interprétation.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;L’histoire de D… peut être une bonne illustration de cette structure. Le flot d’idées engagé dans l’équipe à partir de l’ombre sur le visage (museur), trouve son inscription dans la discussion qui s’engage (scribe) et c’est D… lui-même (interprète) qui assure l’interprétation de ce qui s’est réellement passé en manifestant une transformation de sa manière d’être.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Que le museur ne soit pas interprète, nous en voyons l’illustration dans l’histoire de V… En effet il y a eu, lors de la réunion, erreur d’histoire. Ceci nous montre clairement que nous n’étions pas en train d’interpréter l’histoire de V…, mais bien de nous laisser porter par la tonalité générale de sa présence, et de la séance. S’il s’était agi d’une interprétation, elle aurait été inéluctablement fausse. Or, si une interprétation est la mesure des effets du discours (effets immédiats et à plus long termes, c’est-à-dire, d’une certaine façon, effets possibles), V… a bel et bien interprété ce qui dans notre propre discours touchait à ce qui lui était essentiel.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;L’histoire de B… montre la place particulière du scribe. Certes l’équipe, depuis longtemps, laissait dans la sous-jacence des idées, qu’en somme B… aurait mieux fait de mourir plutôt que d’en être là où il était réduit. C’est la fonction de scribe, telle qu’elle s’est manifestée dans cette parole «&amp;nbsp;que n’es-tu mort&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», qui a transformé radicalement la situation. Il en est de même dans le cas de L… Nous voyons là qu’asserter, inscrire, «&amp;nbsp;scriber&amp;nbsp;» (excusez le néologisme) ce que le musement porte sans le savoir (souhait de mort pour B…, peur de L… dans l’autre cas) est souvent une condition de la transformation espérée. Mais dans toutes ces situations, c’est bien le blessé à qui est donné le rôle de conclure, d’interpréter, par la production de nouveaux signes. Dans le cas de H…, c’est le fait de l’avoir simplement placée dans la position d’interprète qui s’est avéré efficient, en lui posant directement une question à laquelle elle seule pouvait répondre autour de cette table.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous estimons en effet que l’activité d’interprète, qui suppose les deux autres fonctions remplies, est l’activité la plus haute à laquelle l’homme peut accéder. Le soin d’une personne en éveil de coma, «&amp;nbsp;pauci-relationnelle&amp;nbsp;» comme on le dit si maladroitement, implique qu’avant toute chose nous nous posions comme but de lui permettre l’accès à la fonction d’interprète.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous avons depuis longtemps&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn14" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;analysé la fonction de ce «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;» que l’équipe recherche sur le corps du blessé comme manifestation d’une certaine intentionnalité de sa part. Il est vrai qu’à un moment donné l’équipe toute entière en vient à l’idée que, par exemple, tel mouvement de paupière signifie «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;». S’il s’agissait d’une interprétation, elle serait quelque peu délirante. Mais ce n’en est pas une&amp;nbsp;: c’est une inscription. L’équipe fait porter le «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;» par ce mouvement de paupière. Dès lors, chaque fois que la paupière battra en réponse à une question, le blessé sera engagé dans sa vie comme ayant dit oui. C’est donc bien un «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;» interprétant&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qui est posé dès ce moment-là. On voit à ce propos ce que le découpage scribe/interprète peut avoir à la fois d’artificiel, —&amp;nbsp;puisqu’après tout lorsque l’équipe décrypte comme «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;» le battement de paupière, on pourrait à bon droit considérer qu’elle produit un interprétant&amp;nbsp;—, et de riche, —&amp;nbsp;car le battement de paupière n’est&amp;nbsp;&lt;b&gt;inscrit&lt;/b&gt;&amp;nbsp;que lorsqu’il a donné lieu à l’hypothèse «&amp;nbsp;il dit oui&amp;nbsp;» et ce n’est qu’&lt;b&gt;à partir de là&lt;/b&gt;&amp;nbsp;que le travail sémiosique se produit.&lt;/div&gt;&lt;h2 style="text-align: justify;"&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Nous n’avons pu ici que survoler un travail complexe. L’articulation de la réunion de l’équipe d’éveil avec celles des autres équipes et du personnel, l’existence d’un journal animé par les blessés (essentiellement ceux de réadaptation), tout ceci ne peut être décrit de manière globale. Toutefois, à l’occasion de telle ou telle situation, nous sommes amenés à percevoir directement la dimension institutionnelle du soin&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn15" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[15]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Sur le plan théorique le modèle «&amp;nbsp;scribe, museur, interprète&amp;nbsp;» a connu des développements dont nous vous avons fait grâce dans ce survol.&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn16" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[16]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Par ailleurs nous avons mis de côté certains aspects de la théorie psychanalytique, particulièrement tout ce qui tourne autour du «&amp;nbsp;stade du miroir&amp;nbsp;» de Lacan, qui nous a permis dans un premier temps de faire la distinction dans les rapports du blessé et de l’équipe entre la vie quotidienne et nos séances spécifiques. On pourrait à juste titre s’étonner de ne pas trouver ici la notion d’Inconscient. Disons qu’il se présente dans un certain rapport entre la continuité du musement et la discontinuité de l’inscription (du scribe ou de l’interprète).&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn17" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[17]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Enfin nous n’avons pas abordé les hypothèses institutionnelles, inspirées pour l’essentiel par le courant dit de «&amp;nbsp;psychothérapie institutionnelle&amp;nbsp;» dont une des figures marquantes aujourd’hui est Jean Oury.&amp;nbsp;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftn18" name="130d65a2a5c7b61d__ftnref" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: center;"&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: center;"&gt;*&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Malgré ces immenses lacunes, nous espérons avoir fait sentir au lecteur que c’est dans l’humble position du scribe que nous pouvons laisser au patient la possibilité d’assumer le plus largement qu’il lui est donné de le faire sa position proprement humaine, à savoir celle d’interprète. Il n’est que de passer quelques heures dans un établissement s’occupant de tels blessés pour savoir qu’il s’agit là d’une décision théorique plus que d’une démarche empirique proposée par les faits (si cela existe&amp;nbsp;!). C’est la raison pour laquelle il a été, et il nous est toujours, indispensable d’en passer par le ciselage des concepts, fût-ce sous la forme d’un bricolage&amp;nbsp;: mais n’en est-il pas toujours ainsi&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Résumé&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; text-align: justify;"&gt;Cet article présente un aspect du travail effectué auprès de traumatisés crâniens dans un établissement spécialisé, la Clinique de Château Rauzé, près de Bordeaux, qui accueille des patients de l’éveil du coma à la réinsertion. Nous nous bornons ici à cette partie de l’activité du centre qui concerne la phase d’éveil. Nous décrivons tout d’abord ce qu’il est convenu d’appeler des «&amp;nbsp;vignettes cliniques&amp;nbsp;», dont la fonction ici est de servir de base à la présentation de l’articulation théorique. Celle-ci emprunte des concepts de la sémiotique (celle de Charles S. Peirce) et de la psychanalyse (plus particulièrement les élaboration du courant de la Psychothérapie Institutionnelle). L’articulation d’ensemble est regroupée autour de trois fonctions essentielles que nous avons cru pouvoir dégager&amp;nbsp;: la fonction d’inscription, qui a comme sujet le «&amp;nbsp;Scribe&amp;nbsp;», la fonction d’élaboration (perlaboration), et son sujet le «&amp;nbsp;Museur&amp;nbsp;» et la fonction d’interprétation, avec comme sujet l’«&amp;nbsp;Interprète&amp;nbsp;». Ces trois fonctions et leur sujet sont liés par une relation dite «&amp;nbsp;triadique&amp;nbsp;», en ce sens qu’elle n’est pas susceptible d’être décomposée en relations dyadiques. De ce point de vue, nous soutenons que notre travail consiste en ce que la partage de ces fonctions met l’équipe proprement dite en position de scribe, le blessé en position d’interprète et la réunion équipe-blessé (sous certaines conditions) dans celle de museur.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr size="1" style="text-align: left;" width="33%" /&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn1" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Par exemple «&amp;nbsp;Problématique spécifique de la phase d’éveil de coma traumatique&amp;nbsp;»,&amp;nbsp;&lt;i&gt;Réadaptation&lt;/i&gt;, 1995, 147, 16-20.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn2" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Voici les différentes phases repérées par Edwige Richer (cf. par exemple «&amp;nbsp;Réadaptation après traumatisme crânien grave&amp;nbsp;» in&amp;nbsp;&lt;i&gt;J. Réadaptation Méd&lt;/i&gt;., 1995, N°4, 170-8.)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;1— La phase de coma, qui va de l’état de non-éveil non-réponse à l’ouverture des yeux. Le risque de mortalité est alors élevé (40%) et le décès intervient dans les huit premiers jours.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;2— La phase végétative, qui va de l’ouverture des yeux à l’exécution d’un ordre simple. Le risque de passage à l’état végétatif permanent est de 4 %.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;3— La phase de manifestation de conscience réactive, qui va de l’exécution d’un ordre simple à la conscience du monde extérieur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;4— La phase des premiers échanges relationnels, qui va de la conscience du monde extérieur à la conscience de soi qui est repérable par la fin de l’amnésie post-traumatique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Certains patients n’atteindront ni la conscience du monde extérieur (pauci-relationnels) ni la conscience de soi. On peut les regrouper dans les handicaps sévères (13 %)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;5— La phase de récupération des incapacités&amp;nbsp;: le patient qui a pris conscience de son état va faire avec les rééducateurs le bilan de ses déficits et de ses capacités restantes et adhérer à un programme de rééducation qui lui permettra de réduire ses incapacités au niveau le meilleur que lui permettront ses lésions.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il lui faut alors prendre la mesure de ses handicaps et c’est le début de la phase suivante&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;6— La phase de restauration d’une identité. Il va devoir accepter ses handicaps et apprendre à les surmonter (étape de réadaptation).&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn3" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cette histoire et les suivantes, ont déjà été racontées dans des ouvrages ou des revues. Nous les avons aménagées ici. Les différences de style des récits tiennent certes à la tonalité des articles au sein desquels ils se trouvaient, mais surtout à l’atmosphère propre des réunions dont il est rendu compte. Celle-ci se trouve dans la revue&amp;nbsp;&lt;i&gt;Chimères&lt;/i&gt;, N°12, été 1991, «&amp;nbsp;Sémiotique, Transfert et Coma&amp;nbsp;», Michel Balat.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn4" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn5" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn6" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;«&amp;nbsp;Le transfert… opéra en un acte&amp;nbsp;», Michel Balat, in&amp;nbsp;&lt;i&gt;Institutions&lt;/i&gt;, N°9, Juin 1991.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn7" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn8" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;On pourra lire de cet auteur&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ecrits sur le signe&lt;/i&gt;, publié au Seuil. En ce qui concerne les ébauches de théorisation concernant sémiotique et éveil de coma, on pourra se référer, p. ex., à «&amp;nbsp;L’homme blessé et la psyché&amp;nbsp;», Michel Balat, in&amp;nbsp;&lt;i&gt;Agressologie&lt;/i&gt;&amp;nbsp;1993, 34, 3:136-140.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn9" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cf.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ecrits&lt;/i&gt;, Jacques Lacan, Seuil.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn10" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il y aurait un débat théorique important pour ceux qu’intéressent les développements conjoints de la sémiotique et de la psychanalyse, sur les rapports de ces deux concepts de representamen et de signifiant. Nous y avons consacré une partie de notre thèse (&lt;i&gt;La triade en psychanalyse&amp;nbsp;: Peirce et Freud après Lacan&lt;/i&gt;, 1986). Mais il ne faut pas s’attendre à un recouvrement complet des significations de ces deux termes, tout au plus des racines communes.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn11" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cf. p. ex. «&amp;nbsp;Sémiotique, Transfert et Coma&amp;nbsp;» (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;), et du même auteur, «&amp;nbsp;Le musement de Peirce à Lacan&amp;nbsp;», in&amp;nbsp;&lt;i&gt;Revue Internationale de Philosophie&lt;/i&gt;, Vol. 46, N° 180, 01/92, «&amp;nbsp;Sur la division du sujet&amp;nbsp;» in&amp;nbsp;&lt;i&gt;S-Revue Européenne de Sémiotique&lt;/i&gt;, Vol. 6 (3, 4), 1994, ou encore «&amp;nbsp;Le scribe, le museur et l’interprète&amp;nbsp;» in&amp;nbsp;&lt;i&gt;Actes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;du colloque Psypropos «&amp;nbsp;du cri à l’écrit&amp;nbsp;», 10/94.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn12" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cf.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Lire Peirce aujourd’hui&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de Gérard Deledalle, de Boeck ed., où se trouve la traduction de l’article de Peirce consacré au Musement.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn13" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Nous renvoyons le lecteur intéressé par ces développements directement issus de Peirce à notre article «&amp;nbsp;Sur la division du sujet&amp;nbsp;», op. cit.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn14" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cf. «&amp;nbsp;L’homme blessé et la psyché&amp;nbsp;»,&amp;nbsp;&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn15" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[15]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Dans «&amp;nbsp;Le Manticien et l’Interprète&amp;nbsp;» in&amp;nbsp;&lt;i&gt;Actes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de Psypropos, nov. 96, «&amp;nbsp;L’Interprétation&amp;nbsp;», nous évoquons une situation où le travail fait auprès de l’ensemble du personnel a été la condition de celui fait avec l’équipe d’éveil.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn16" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[16]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;On pourra lire, par exemple,&amp;nbsp;&lt;i&gt;Autisme et Eveil de coma&amp;nbsp;: Signes et Institution&lt;/i&gt;, Théétète éd., Janvier 1998.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn17" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[17]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cette difficile question a été traitée dans un article écrit depuis 3 ans, mais que les aléa de la publication retardent constamment. Il doit paraître dans un prochain numéro de&amp;nbsp;&lt;i&gt;Cruzeiro Semiotico&lt;/i&gt;&amp;nbsp;dont j’ai eu la charge, consacré à Logique et Psychanalyse.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://mail.google.com/mail/?ui=2&amp;amp;view=bsp&amp;amp;ver=ohhl4rw8mbn4#130d65a2a5c7b61d__ftnref" name="130d65a2a5c7b61d__ftn18" style="color: #0000cc;" title=""&gt;&lt;span&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Nous ne pouvons là encore que renvoyer le lecteur à des publications antérieures. On pourra trouver dans le dictionnaire de psychanalyse&amp;nbsp;&lt;i&gt;L’apport freudien&lt;/i&gt;&amp;nbsp;publié sous la direction de Pierre Kaufmann, Bordas, un exposé des principes, rédigé par Jean Oury, à l’entrée «&amp;nbsp;Psychanalyse &amp;amp; Psychiatrie et Psychothérapie institutionnelles&amp;nbsp;», pp. 572-81.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-503266852475741560?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/503266852475741560/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/06/avec-michel-balat-aupres-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/503266852475741560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/503266852475741560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/06/avec-michel-balat-aupres-des.html' title='Avec Michel Balat auprès des traumatisés crâniens en éveil de coma à Château Rauzé dans la clinique d&apos;Edwige Richer.'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-4363652679901435362</id><published>2011-06-22T12:35:00.000-07:00</published><updated>2011-06-22T12:35:40.266-07:00</updated><title type='text'>Psypropos 2009 Orléans 14 nov. 2009 Jean Oury Le concept d'angoisse</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #444444;"&gt;Journées d'Automne Psypropos 2009 DETOUR ET REPETITION&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;Dr Jean Oury&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, médecin directeur de la clinique de la Borde&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;&lt;span style="mso-tab-count: 1;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;Le concept d'angoisse&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;On l’annonce comme ça, mais c’est d'une prétention extraordinaire ce titre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;On peut tourner en effet autour de quelques aspects du concept d’angoisse aussi bien chez Kierkegaard que dans ce séminaire de 1962-1963 de Lacan sur l’angoisse. D’ailleurs, c’est à la fin de 1963, au moment où il allait le reprendre au mois de novembre, que Lacan a annoncé qu’il n’avait plus l’autorisation de faire son séminaire à Sainte Anne. Et il a pu recommencer en janvier1964 rue d’Ulm, une «&amp;nbsp;planque&amp;nbsp;» trouvée par Claude Lévi-Strauss.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Dans le séminaire de novembre 1963, il annonçait que c’était dommage parce que cette année là aurait été une année «&amp;nbsp;kierkegaardienne&amp;nbsp;». C’est resté comme ça, ouvert.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;On ne peut pas parler de Kierkegaard même en une journée. De Lacan non plus. On peut simplement donner quelques petites indications.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Cela rejoint ce qui a été évoqué ce matin sur la transparence. Par exemple, à ma première rencontre avec Tosquelles à Saint-Alban en 1947, il était en train de lire le traité de Jean Wahl sur Kierkegaard; pour ma part, j’ai toujours renoncé à lire des traités sur Kierkegaard. On avait beaucoup discuté de ça et en particulier à partir d’observations cliniques qu’il avait articulées dans sa thèse de médecine qu'il écrivait l’époque: «&amp;nbsp;Le vécu de la fin du monde dans la folie&amp;nbsp;». Il y avait une observation extraordinaire d’une malade psychotique, qu’il appelait Thaïs, et qu’il interprétait comme une sorte de développement de ce que Kierkegaard appelait «&amp;nbsp;le stade esthétique&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Chez Kierkegaard, il y a le stade esthétique, le stade éthique et le religieux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Une des démarches les plus importantes d’articulation, de mise en place difficile dans ce contexte de civilisation depuis la fin du XIXème siècle, c’est la démarche de Freud. En particulier ce qu’il entend par l’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;angoisse&lt;/i&gt;. Il faut bien dire que l’angoisse, c’est un mot difficile. Tout le monde emploie le mot angoisse. Jusqu’à l’âge de 15-16 ans, je me demandais ce que cela voulait dire, l’angoisse. De quoi parle-t-il? Même ce matin, en venant, je me demandais &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;c’est quoi l’angoisse?&lt;/i&gt; Et je n'en savais plus rien du tout. Pour Kierkegaard, à peine. J’ai peut-être mal dormi, mais je ne crois pas, ce n’est pas ça. Une sorte de travaux pratiques presque. Une sorte de mise à zéro. Rien du tout. Il ne s’agit pas de faire le malin&amp;nbsp;: je vais vous expliquer ce que c’est que l’angoisse. C’est la pire des choses. Quoi faire&amp;nbsp;? Se taire&amp;nbsp;? Peut-être, mais ce n’est pas poli, il faut parler.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Je me souviens de l’usage, du bon usage si on peut dire, de Kierkegaard. Au long des années, je réfléchissais, je lisais. Il faut lire Kierkegaard à voix haute. Il écrivait debout avec trois pupitres, il passait de l’un à l’autre, en signant d’une façon différente. Lire à voix haute, et en danois, mais je ne connais pas le danois. Il y a quelqu’un de très honnête qui avait appris le danois pour lire Kierkegaard, le philosophe espagnol, Miguel de Unamuno. Je pense également à une femme spécialiste de Kierkegaard, décédée il y 2-3 ans, Nelly Viallaneix, de la faculté de Clermont. Elle avait fait paraître, entre autres, «&amp;nbsp;Les discours religieux&amp;nbsp;» de Kierkegaard. Elle disait&amp;nbsp;en particulier : c’est comme la musique, les textes de Kierkegaard. Il faut le lire quand même dans cette pauvre traduction. Et imaginer peut-être.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Dans le Quatrième discours religieux, il y a une phrase de Saint Luc&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;dans la patience acquiert ton âme&amp;nbsp;». Toute l’ironie, l’humour plutôt de Kierkegaard, c’est qu’il dit ça à quelqu’un. 20 ans après le type revient et lui dit&amp;nbsp;: je n’ai pas encore trouvé. Et Kierkegaard répond&amp;nbsp;en disant : c’est &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;dans&lt;/i&gt; la patience et non &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;par&lt;/i&gt; la patience. Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Du bon usage de Kierkegaard aussi dans la rencontre. Cela compte beaucoup la rencontre dans Kierkegaard. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Par exemple, une rencontre de mars 1955 dans un stage CEMEA avec des infirmiers et Germaine Le Guillant, à Poitiers. Dans un bistrot, j’ai rencontré Hélène Chaigneau.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Et on disait&amp;nbsp;: il faudrait quand même réunir quelques personnes pour parler de la misère de la psychiatrie, déjà. Il y avait eu un numéro d’Esprit en 1952 «&amp;nbsp;Misère de la psychiatrie&amp;nbsp;». Ce n’est pas nouveau. Mais c’est bien pire maintenant, c’est même plus ça. On disait qu’il fallait faire un groupe d’une vingtaine de personnes, des psychiatres, on allait bien en trouver quelques uns quand même. Quel est le critère&amp;nbsp;? Je ne sais pas lequel des deux a dit, c’était réciproque, le critère c’est le religieux B de Kierkegaard. On n’avait jamais parlé de Kierkegaard ensemble. Le religieux B, c’est l’anti transparence par opposition au religieux A. Le religieux B serait certainement très mal vu par les technocrates. Le religieux A, c’est par exemple quelqu’un de très croyant, qui va à la messe régulièrement. Ça se voit, il se manifeste, il entreprend les gens pour faire de la propagande, mais en réalité c’est très superficiel, c’est pris dans les manifestations de la vie de tous les jours. Ça se voit. C’est le religieux A. C’est un type bien pensant, quelqu’un d’honnête. Tandis que le religieux B, ça ne se voit pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Kierkegaard raconte: le dimanche après-midi dans les jardins de Copenhague un type&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;se promène, avec son chapeau, son parapluie. Quelconque. Il ne va pas forcément à la messe. Le religieux B, c’est ça. Ce que l’on voulait dire avec Hélène Chaigneau, c’est comment pouvoir distinguer ceux qui seront à ce niveau là, pour parler de choses sérieuses à propos des psychopathologies, de la vie de tous les jours, ou simplement du travail.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Comment se définit le religieux B&amp;nbsp;? Par ce que Kierkegaard appelle, dans un autre texte, le passage de la vie de tous les jours à ce niveau non visible par le paradoxe, le paradoxe absolu. Ce n’est pas le travail d’une finalité, comme faire quelque chose pour le bien, ou pour gagner de l’argent, mais ce n’est pas pour rien non plus, c’est justement le paradoxe, et le paradoxe absolu ce n’est pas le télos relatif, mais le télos absolu. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Nous sommes en prise avec ça dans la vie, dans le travail de tous les jours; non pas le travail surcommandé, avec des fiches, comme prochainement à la Borde, la visite des accréditeurs le 4 décembre pendant 4 jours, la V2. C’est bizarre V2. J’en ai entendu un vrai V2 tomber en 1944-45 à Chatou, ça faisait du bruit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Ce qui est en question dans le travail, c’est tout à fait le contraire. Ce qui compte le plus dans l’existence, ce n’est pas quelque chose qui se voit. Par exemple, sur un mode tout à fait pratique, quand on a encore la liberté de pouvoir travailler sur le plan des groupes, sur le plan institutionnel. Lorsqu’il y a un cas très difficile, quand on a presque tout essayé: psychothérapie, changement de lieu, occupations, médicaments et que pourtant ça ne marche pas. Ça arrive, il y a des gens qui résistent. On fait depuis très longtemps ce que Tosquelles appelait, très bien articulé également par Racamier en 1957, une &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;constellation&lt;/i&gt;. On réunit une dizaine de personnes, par exemple qui sont là dans un collectif, un établissement, des moniteurs et des gens qui connaissent la personne en question, qui savent qui elle est, sans tenir compte du statut, aussi bien un moniteur, une femme de ménage, un cuisinier, un pensionnaire etc.… Et on parle pendant une heure ou deux, en posant des questions&amp;nbsp;: et alors, il est sympathique ce type là&amp;nbsp;? Un peu à la façon des «&amp;nbsp;sympathie et antipathie&amp;nbsp;» des groupes de Kurt Lewin, jusqu’à dire&amp;nbsp;: tu partirais avec lui en vacances&amp;nbsp;? Etc.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;C’est une méthode. Dès le lendemain, il y a une ouverture, il y a quelque chose qui s’est passé, ça va beaucoup mieux, on peut parler avec la personne. Je me souviens d’un type vraiment horrible, il était sale, on ne pouvait pas le laver, il démontait les bagnoles, il faisait des fugues. Constellation. Dès le lendemain, il était changé. Qu’est-ce qui se passe là&amp;nbsp;? A quel niveau&amp;nbsp;? J’en avais parlé au début de la Borde, avec Tosquelles, il disait &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;ça remue le contre-transfert institutionnel&lt;/i&gt;. C’est possible, en effet. On a remué quelque chose de la position de chacun dans son affectivité, dans son désir vis-à-vis de l’autre. Mais à mon avis, surtout le lendemain, quand les gens passaient à côté de ce type, ils n’étaient plus tout à fait pareils&amp;nbsp;: une nuance, un clin d’œil, un geste de la main. Et c’est ça qui compte, et c’est ça qui change tout. Ce n’est pas quelque chose qui se voit officiellement. C’est travailler au niveau de ce qui compte, sur ce qui ne nous paraît pas important.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Dans cette dimension-là et pour donner du relief&amp;nbsp;à ce que je dis&amp;nbsp;: quand Nicolas Philibert est arrivé fin 1994 en disant&amp;nbsp;: &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;voilà je voudrais faire un film sur la Borde&lt;/i&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;En général, je reçois très mal ces demandes, parce que ce qui est souvent le plus important, c’est ce qui ne se voit pas. Il a insisté, il est venu plusieurs mois avec un type de son équipe. Il s’est intégré. Tout le monde le connaissait. Et à la fin, quand il a eu filmé, il m’a dit&amp;nbsp;: j’ai gagné, j’ai filmé ce qui ne se voit pas. Il y a du vrai…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Or ce qui ne se voit pas, ce n’est pas de l’ordre de la signification, mais du sens, Sinn en allemand. Il faut bien distinguer sens et signification. On peut reprendre ce que dit Lacan. Le sens, c’est le lieu de l’énigme, entre les mots, entre les lignes. Le sens, ça n’en finit pas. La signification, c’est cerné. C’est le sens que l’on retrouve dans toute la psychopathologie japonaise. Bin Kimura parle de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;l’aida&lt;/i&gt;, l'&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;entre&lt;/i&gt;. Mais entre, ce n’est pas ce qui se voit. On pourrait dire à tous les bureaucrates, nous sommes les spécialistes de l’entre et de ce qui ne se voit pas. Le religieux B, c’est ce qui fait la spécificité de la relation à l’autre et la qualité de l’autre. Ça ne se voit pas. On pourrait dire&amp;nbsp;: alors si ça ne se voit pas, ça se sent. Mais ce n’est pas à ce niveau, au niveau de la pure sympathie que cela se passe. C’est sur un autre plan. Ça obéit à une certaine logique sur laquelle l’on peut brancher une autre logique, une branche de la logique triadique de Charles Sanders Peirce, mort en 1914. Un ami de Perpignan Michel Balat, qui a succédé à Gérard Deledalle, propose des sortes d’articulations dans la logique triadique, par exemple ce qu’il appelle la logique abductive, c’est-à-dire ce qui est en question dans ce que l’on fait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;La logique abductive, c’est ce qu’il n’y avait pas dans la logique traditionnelle, inductive, déductive. Je prends souvent l’exemple poétique de Machado, ce n’est pas le premier, on trouve ça aussi chez Platon ou Heidegger&amp;nbsp;: &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;le chemin se fait en marchant&lt;/i&gt;. Qu’est-ce que vous allez faire&amp;nbsp;? Je marche. Mais on ne peut pas répondre à la question : pour aller où&amp;nbsp;? Parce que si on sait par avance où l’on va, ce n’est pas la peine, il faut mieux rester sur place. C’est une des formes du paradoxe de Kierkegaard&amp;nbsp;: le chemin se fait en marchant. Si on ne marche pas, il n’y a pas de chemin, mais si on sait où l’on va, ce n’est pas la peine&amp;nbsp;! C’est une mise en question de ce qui va se passer, disons d’une façon grandiloquente, par hasard, bien que le hasard soit une notion un peu louche. Je marche sans trop savoir où, en fin de compte dans le télos absolu dont parle Kierkegaard. Ce n’est pas dans un but défini, mais quand même dans une certaine direction. Cette forme abductive, c’est un des aspects, à mon avis le plus important de ce que l’on fait, aussi bien sur le plan psychanalytique que dans les psychothérapies ou la prise en charge de quelqu’un. Si on sait parfaitement ce que l’on va faire, comme le voudrait la Haute Autorité, on n’aboutit à rien du tout.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;La grande découverte de Freud, ce qui reste non pas une coupure épistémologique mais ce qui a marqué un tournant, qui a vite été écrasé, c’est d’avoir osé dire que ce qui est en question d’une façon basale dans la personnalité, c’est quelque chose de l’ordre du &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;désir inconscient&lt;/i&gt;. Je sais bien qu’il faut faire très attention aux traductions. Le désir inconscient, c‘est compliqué au niveau de la traduction en allemand &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;unbewusstsein&lt;/i&gt;, c’est aussi bien l’insu, das &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Unbewusste&lt;/i&gt;. Mais disons, l’inaccessible directement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Je dis ça d’une façon un peu polémique. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Désir inconscient inaccessible directement&lt;/i&gt;. Qui ne peut être accessible que par le transfert, qui lui même peut donner la possibilité qu’il y ait quelque chose de l’ordre du fantasme. Autrement dit, il n’y a pas d’accès direct au désir inconscient. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Quel est justement le rapport entre l’angoisse et le désir inconscient&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;La difficulté, c’est de transposer et d’écrire à la fois une autre logique que la logique habituelle. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Un petit exemple&amp;nbsp;: je me souviens dans les années 1960, on parlait beaucoup de Claude Lévi-Strauss à ce moment-là. En 1958, bien après &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Tristes Tropiques&lt;/i&gt; ou &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Les Structures Elémentaires de la Parenté&lt;/i&gt;, il avait écrit &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Anthropologie structurale&lt;/i&gt; dans laquelle il faisait la critique du dualisme. Il avait eu l’honnêteté énorme de passer un an de séminaire avec des étudiants pour étudier le grand livre de Sartre, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Critique de la raison dialectique&lt;/i&gt;. Après, vers 1962, Lévi-Strauss avait écrit &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;la Pensée sauvage&lt;/i&gt;, avec tous ces diagrammes logiques. A la fin de cet ouvrage, il y a un chapitre de discussion entre Lévi-Strauss et Sartre. Et à cette époque, je m’étais représenté d’une façon un peu caricaturale cette discussion logique&amp;nbsp;: deux personnes dos à dos, et qui discutent, l’une plutôt du XVIIIème et l’autre du XIXème siècle. Donc qui ne sont pas du XXème siècle. Cela peut sembler scandaleux de dire ça. Lévi-Strauss était très influencé par le logicisme du XVIIIème siècle. Et quand à Sartre, il n’a pas dépassé l’orée du XXème siècle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Il y avait une sorte de négligence logique de la part de Lévi-Strauss, apparue déjà dans un petit livre sur Le Totémisme. Il n’avait pas accès directement à toutes les élaborations de Freud et de Lacan, en particulier sur la logique du phallus etc... &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Cela compte beaucoup. Si l'on n’est pas très rigoureux là-dessus, on ne peut pas mettre en question des problèmes logiques comme l’angoisse, le transfert, le désir inconscient.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;C’est quoi le transfert&amp;nbsp;? Est-ce que cela peut se dire comme ça&amp;nbsp;? Il faut faire attention à la définition qu’on peut donner même de l’angoisse. Si le centre des logiques n’est pas dégagé d’un certain logicisme, je disais du XVIIIème siècle, c’est à dire qui ne tient pas compte du tournant épistémologique de Freud et de Lacan, on en reste à un niveau un peu difficile pour articuler certaines choses. Pour comprendre ce qu’est l’angoisse, le désir, le transfert, cela nécessite un saut épistémologique. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Qu’est-ce qui est à la base même de toute la logique de Lévi-Strauss, qui est pourtant quand même un génie extraordinaire&amp;nbsp;? C’est quelque chose de l’ordre d’un certain logicopositivisme. Et Sartre n’a jamais rien compris, il le disait lui-même, au concept d’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;inconscient&lt;/i&gt;. Dans l’Etre et le Néant, il confond la mauvaise foi et l’inconscient, on ne peut pas compter là-dessus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Et l’angoisse alors, ça tourne autour de quoi&amp;nbsp;? Heidegger a parlé sur l’angoisse, c’est extraordinaire aussi. Le point central chez Heidegger, c’est ce qu’il appelle le &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Sorge&lt;/i&gt;, le souci, et tous ses développements. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Ce que l’on trouve, chez Kierkegaard, le point central sur lequel Lacan n’a pas eu le temps d’insister&amp;nbsp;: c’est &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;le sérieux&lt;/i&gt;. Le sérieux, c’est un des axes du texte de Kierkegaard dans les années 1840-42 intitulé &lt;b style="mso-bidi-font-weight: normal;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Le concept d’angoisse&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, un texte très difficile paru en 1844. Il note par exemple, pour répondre à ceux qu’il appelle avec un grand mépris «&amp;nbsp;ceux du système post-hégélien&amp;nbsp;» : le sérieux, demandez-vous&amp;nbsp;? C’est le sérieux, c’est une notion existentielle, on ne va pas mélanger ça avec toutes vos arguties, c’est à la base de ce que l’on fait, ce ne sont pas des billevesées, ce n’est pas une construction. Ça mène à quoi&amp;nbsp;? Mais on ne sait pas. Et l’angoisse&amp;nbsp;? C’est le signal d’un danger, disait Freud. Lacan essaye de développer cette affaire. Ce qui est en question, c’est le désir, le désir inconscient. "L’objet&amp;nbsp;a", ce n’est pas un objet, il faudrait mettre des guillemets au mot «&amp;nbsp;objet&amp;nbsp;» parce qu’on objective tout. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Quel «&amp;nbsp;objet&amp;nbsp;» a, je suis pour le désir de l’autre&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Et l’autre, ce n’est pas forcément le copain.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Ces développements sont tout à fait proches de ce que voulait dire Kierkegaard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Je vais vous lire simplement une page, p.243,&amp;nbsp;au moment où Kierkegaard, à la fin de son texte, introduit la notion de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;sérieux&lt;/i&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;On peut articuler ça avec tout un schéma de Lacan à partir du texte de Freud &lt;b style="mso-bidi-font-weight: normal;"&gt;Inhibition, symptôme, angoisse&lt;/b&gt;. Il le projette sur des colonnes et des rangées. Et il y a une case qu’il appelle l’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;embarras&lt;/i&gt;. Il faudrait dessiner le schéma&amp;nbsp;: il y a &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;inhibition&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;symptôme&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;angoisse&lt;/i&gt;&amp;nbsp;; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;empêchement&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;embarras&lt;/i&gt;&amp;nbsp;; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;émotion&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;émoi&lt;/i&gt; et puis &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;passage à l’acte&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;acting-out&lt;/i&gt;. Dans une organisation technocratique, comme celle dont on parlait ce matin, on supprime des cases. Quelqu’un qui est dans l’embarras, c’est une faute professionnelle, quelqu’un qui est dans l’angoisse ne peut pas venir travailler, quelqu’un qui est dans l’émoi, il va perdre ses moyens etc.…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il reste &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;inhibition, empêchement, symptôme, émotion&lt;/i&gt;. Ça va encore. C’est l’organisation technocratique. On voit bien le résultat que ça donne. Dernièrement, vous avez peut-être lu ça dans le Monde, une personne, (la petite fille d’une dame que je connais depuis longtemps), avec des fonctions de directrice dans une administration très importante à Paris&amp;nbsp;: à 9h05, elle n’est pas au Conseil d’administration, elle est enfermée dans son bureau, avec la menace des autres derrière la porte pour prendre sa place. Ses collègues viennent voir ce qui se passe, elle a mis une chaise devant la fenêtre, et elle a sauté du 3me étage. Elle est tombée sur un buisson, mais elle n’est quand même pas en très bon état. C’est un effet de sens des structures actuelles qui ne s’embarrassent pas des notions comme l’embarras, l’acting-out, l’inconscient, le désir, ce n’est pas pris en compte dans les circonstances.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Giorgio Agamben dans un petit texte reprenant le traité général des Anges au chapitre &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Angélologie et Bureaucratie&lt;/i&gt; de son ouvrage "Le Règne et la Gloire" dit que le modèle de la bureaucratie, on le trouve chez Saint Augustin, quand il décrit la cité de Dieu. C’est vraiment une bureaucratie extraordinaire, tout le sale boulot est fait par les petits anges, parce que les archanges, on ne les voit jamais. Et derrière la bureaucratie, on retrouve l’empereur romain. C’est vieux, très vieux tout ça. Encore une parenthèse&amp;nbsp;: la Haute Autorité, si ce n’était pas tragique, c’est d’un comique extraordinaire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Le concept d’angoisse p.242&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;«&amp;nbsp;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Que faut-il entendre par certitude et par intériorité. Il est difficile de donner une définition. Je répondrai cependant en disant qu’elles sont le sérieux. Chacun comprend ce terme; pourtant il est surprenant de voir que peu de mots ont plus rarement autant que celui-ci été l’objet d’un examen (…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Macbeth était bien un meurtrier, aussi les mots prennent-ils dans sa bouche un son de vérité qui vous secoue et vous effraie; mais toute individualité qui a perdu le sens de la vie intérieure peut dire aussi&amp;nbsp;: "le vin de la vie est versé" et par suite aussi "désormais, il n’y a plus de sérieux dans la vie! Tout est futilités, car la vie intérieure est la source dont le cours va vers la vie éternelle et de cette source jaillit le sérieux (…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Pour autant que je sache, il n’existe pas de définition du sérieux. S’il en est bien ainsi, je m’en réjouis; non pas par admiration de la pensée moderne stagnante et marécageuse, qui a aboli la définition, mais parce que, pour les concepts relatifs à l’existence, on témoigne toujours d’un sûr esprit de finesse en se gardant de définir; il est en effet impossible qu’on se laisse aller à concevoir sous forme de définition, où elles prennent un autre caractère et deviennent étrangères à l’individu, les choses qu’il s’agit essentiellement de comprendre autrement, que l’on a soi-même comprises et aimées d’une tout autre manière, dans leur originalité.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;De même du sérieux: il est chose si sérieuse que même sa définition est une légèreté. Pourtant je ne parle pas ainsi pour exercer l’insuffisance de ma pensée ou dans la crainte d’éveiller les soupçons de quelque raisonneur hors de pair capable d’imaginer que je ne suis pas au clair :quand il s’agit d’expliquer un concept…&amp;nbsp;» &lt;span style="color: #c0504d;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="color: #c0504d;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Il faudrait lire encore, mais je passe. Kierkegaard fait la distinction entre le sérieux et le mot Gemüth, il avait lu Karl Rosenkranz. On ne vient pas au monde avec le sérieux. Le sérieux c’est quelque chose qui s’acquiert. Comment&amp;nbsp;? On verra. Le Gemüth, c’est le sentiment de sentir qu’on est vivant, le sentiment de la naissance. On l’a, ça ne s’acquiert pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Cela rejoint par exemple, à propos du désir, le désir inconscient inaccessible. Cela a quelque chose à voir avec l’angoisse. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Quel «&amp;nbsp;objet a&amp;nbsp;» je suis pour le désir de l’autre&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; dit Lacan. C’est là qu’il faut bien s’entendre. C’est compliqué à dire en trois mots. Dans le travail de prise en charge collective, aussi bien dans une institution que dans des petits groupes, ou que dans le travail analytique, on a affaire au concept le plus fondamental, le concept du Transfert. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Qu’est-ce que cela veut dire ? Je veux dire par là que ce qui est très important sur le plan existentiel, au niveau de tous les jours, ici ou dans une consultation, c’est quelque chose de l’ordre de la catégorie, disons variable, de la &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. La rencontre, c’est le point de tissage le plus important de l’existence. On trouve la rencontre chez les Stoïciens et Aristote&amp;nbsp;: les rapports entre la rencontre, tuché, tugkanon et ce qui permet de s’exprimer, pour que cela puisse se dire, le lekton. A l’arrière-plan, il y a toujours ces notions là quand on travaille. Ce qui se passe lors d’une consultation, c’est de l’ordre de la rencontre. Ce qui suppose d’essayer d’être au niveau de ce qui se passe, vraiment. C’est-à-dire de faire une sorte d’exercice de mise entre parenthèses de ce qui vous soucie, pour en arriver comme disent les phénoménologues Erwin Straus ou Henry Maldiney au niveau du même horizonné, à être dans le paysage de l’autre. S’il n’y a pas cet effort là, tout ce que l’on peut faire reste artificiel. Cela nécessite de faire un exercice permanent sur soi-même pour mettre l’autre non pas en confiance mais se mettre soi au même niveau que ce qui est en question. C’est très élémentaire mais indispensable pour poser le problème de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;qu’en est-il du désir de l’autre&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Et qui ne va pas apparaître là, en une journée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Ce niveau là vaut aussi bien chez les psychotiques, que disons, chez les normopathes. Qu’en est-il du niveau où je puisse être, pour que l’autre, non pas puisse se dire, mais puisse être là&amp;nbsp;simplement ? C’est à ce moment-là qu’il y a possibilité non pas d’une mise en confiance mais de quelque chose qui ne gêne pas trop la présence. C’est une démarche qui est de l’ordre de la phronésis, une sagesse pratique non contaminée ni par la bureaucratie, ni pas ses propres idées, ni par ses préjugés, être là justement dans une position la plus vigilante.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Je pense par exemple à une situation de phronesis, si l’on peut dire&amp;nbsp;: quand Primo Lévy est arrivé au Lager, au camp de concentration. Il a regardé, comme ça, autour de lui dès les premiers jours. Bien sûr, il y avait des SS, mais ils n’étaient pas tous pareils. Il faut faire attention. Il a remarqué que les types qui sont un peu obsessionnels, ils meurent au bout de 15 jours. Il faut trouver quelque chose&amp;nbsp;: est-ce que c’est bien&amp;nbsp;d’échanger une petite cuiller contre un bout de pain&amp;nbsp;? Ce n’est pas de la techné, c’est de la phronesis. Cela n’a rien à voir avec les fiches techniques de la Haute Autorité. C’est au niveau même de pouvoir déchiffrer quelque chose mais pour cela, il ne faut pas être pris soi-même dans une espèce de statut qui fait écran à ce qui se passe. Qu’est-ce que ça veut dire&amp;nbsp;? Cela veut dire qu’on est en prise avec ce que Kierkegaard appelle le sérieux et qui n’entraîne pas une définition conceptuelle. Le sérieux que Lacan appelle «&amp;nbsp;l’objet&amp;nbsp;» du désir inconscient inaccessible qui est la base et qui va organiser tout le reste de l’existence. Si on reprend la question de l’interprétation, interpréter ce n’est pas expliquer quelque chose. Quand j’ai rencontré Jacques Schotte en 1958-59, un érudit extraordinaire qui parlait plusieurs langues, il critiquait avec d’autres, dans un groupe de travail de Lacan, un mot qui était déjà pris dans une erreur de traduction, le mot de Freud &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Versagung&lt;/i&gt;, traduit couramment par frustration en disant que la psychanalyse doit se poursuivre dans la frustration. J’avais noté tout ce que Schotte disait. Et Jacques Schotte disait que le mot de Freud &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Ver/sagung&lt;/i&gt;, c’était traverser le dit, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;le dict&lt;/i&gt;, jusqu’à ce que ça fasse silence. Cela n’a rien à voir avec la frustration. L’interprétation, c’est tout le processus qui permet de traverser &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;le dict&lt;/i&gt; pour que cela fasse silence. Le silence n’est pas quelque chose d’explicatif, et c’est à partir de là que l’on va pouvoir mettre en question quelque chose de l’ordre du religieux B, du paradoxe absolu ou du désir inconscient inaccessible, ou, comme le dit Freud très bien à la fin de la Traumdeutung, le désir indestructible. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;J’écoutais il y a quelques temps un commentaire sur &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;les images transparentes&lt;/i&gt; de Saint Augustin. C’est intéressant «&amp;nbsp;rendre les images transparentes&amp;nbsp;». C’est toute une notion extraordinaire de ne pas pouvoir fétichiser. La chose la plus grave qui se passe actuellement dans la société, ce n’est pourtant pas nouveau, c’est la fétichisation, des rôles, des statuts etc.…. Fétichisation encouragée, avec les accidents que l’on connaît. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;C’est tout ce qui est contraire à la rencontre, à la tuché, à l’interprétation au sens d’épuisement du dit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;C’est là qu’apparaît le concept opératoire, un mot d’ordre presque, comme le disait Georges Bataille, lorsqu’il disait que le concept est un mot d’ordre politique. Qu’en est-il du transfert à l’hôpital de Blois ou d’Orléans&amp;nbsp;? Le transfert, ce n’est pas être gentil avec l’autre. Qu’en est-il du Transfert, à ce niveau le plus inconscient&amp;nbsp;? Savoir comment pouvoir traiter quelque chose de la vie courante&amp;nbsp;? Quand on est conscient de ce que l’on fait, on est le plus souvent dans l’embarras. Comment traiter l’embarras&amp;nbsp;? Si on n’a pas les moyens de traiter l’embarras, c’est un passage à l’acte, comme le montre le schéma de Lacan. Le nombre de passages à l’acte dans les établissements est extraordinaire. Comment pouvoir traiter ce qui est en question dans l’embarras. C’est à partir de l’embarras que l’on peut inventer des choses extraordinaires, des concepts. Qu’est-ce qui fait que l’on peut conceptualiser&amp;nbsp;? C’est justement l’angoisse, qui va se métaboliser dans quelque chose de l’ordre de l’embarras.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Qu’en est-il alors de la logique que l’on a appelé la logique castrative&amp;nbsp;? C’est-à-dire ce&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;qui fait que l’on peut passer outre beaucoup de choses.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;A la fin du séminaire sur l’Ethique, Lacan donne l’image de quelqu’un qui toute sa vie, a fait le bien, a été gentil, il a donné aux bonnes œuvres etc.…. Il monte au Paradis. Il voit Saint-Pierre en haut des marches. Saint-Pierre le questionne&amp;nbsp;: qu’est-ce que tu as fait de ton désir&amp;nbsp;? L’autre répond&amp;nbsp;: oh, mon désir&amp;nbsp;! J’ai fait le bien à des centaines de personnes. Et Saint-Pierre dit : tu as encore mille ans à attendre, tu peux attendre un peu…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Comment accéder&amp;nbsp;à ton désir ? C’est un chemin très difficile, broussailleux, avec des pancartes où il y a écrit angoisse. Il faut y aller, traverser l’angoisse, c’est par là. Le type dit&amp;nbsp;: j’ai pris le chemin de l’angoisse. Ça va, dit Saint-Pierre, tu peux entrer, ça marche.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Dans le processus analytique, l’interprétation est en rapport avec ce qui permet de ne pas gêner l’autre, ce n’est pas de l’emmener par la main en écartant les épines, c’est d’être dans l’embarras. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Les schizophrènes, disait Bleuler, sont dans la &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Benommenheit&lt;/i&gt;, que l’on traduit malheureusement par abrutissement, en espagnol aussi. Mais ce n’est pas ça du tout que Bleuler voulait dire, mais plutôt qu’ils sont &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;engourdis&lt;/i&gt;. Ils sont préoccupés par des quantités de choses. Par moment, en flèche, ces types sont hyper vigilants. Et c’est sur ce fond là d’hyper vigilance (à condition qu’ils ne soient pas enfermés ou attachés, mais qu’ils puissent circuler, qu’il puisse y avoir de la rencontre), que peuvent se faire ce que Gisela Pankow appelait des greffes de transfert. C’est sur ce fond là qu’un chemin peut se faire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="EN-US"&gt;Ça, c’est le sérieux. Ce n’est pas le souci ou la logique mathématique. Ce n’est pas du même ordre. Le sérieux, c’est ça qui est en question dans ce processus de mise en acte de quelque chose qui n’est pas encore suffisamment articulé et risque à chaque instant d’être récupéré dans les journaux à la mode de toutes espèces.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 200%; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2543048884096880956-4363652679901435362?l=bibliothequeopa.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/feeds/4363652679901435362/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/06/psypropos-2009-orleans-14-nov-2009-jean.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4363652679901435362'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2543048884096880956/posts/default/4363652679901435362'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bibliothequeopa.blogspot.com/2011/06/psypropos-2009-orleans-14-nov-2009-jean.html' title='Psypropos 2009 Orléans 14 nov. 2009 Jean Oury Le concept d&apos;angoisse'/><author><name>MCHB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06738383226698840316</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/-kA50A8irRWk/Tei0ivgWrDI/AAAAAAAAA4U/WZ4g7hECAM4/s220/Photo%2Bdu%2B40040657-06-%2B%25C3%25A0%2B11.07.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2543048884096880956.post-5479391039645858283</id><published>2011-06-14T12:36:00.000-07:00</published><updated>2011-06-14T12:36:24.859-07:00</updated><title type='text'>Entretien avec Fernand DELIGNY/L'Express-Méditerranée</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;br /&gt;&lt;div align="center" style="margin-bottom: 12.0pt; text-align: center;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: 16pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: blue;"&gt;FERNAND DELIGNY&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-size: 16.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-size: 16.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"&gt;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center" style="margin-bottom: 12.0pt; text-align: center;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: 16pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;UNE VIE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: 16pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;EN MARGE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center" style="margin-bottom: 12.0pt; text-align: center;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: 16pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt;30 ans de dialogue avec des irrécupérables&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-size: 16.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: purple;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="mso-special-character: line-break;" /&gt; &lt;br style="mso-special-character: line-break;" /&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-size: 10.0pt;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méditerranée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Vous vous êtes occupé successivement d'enfants difficiles, de jeunes délinquants, d'arriérés mentaux. Chaque fois, à travers des expériences très neuves et délibérément vécues en marge. Au fond, d'Armentières, dans le Nord, à Monoblet, dans les Cévennes, votre ambition n'a peut-être été que d'apporter, comme vous le dites, « un peu d'eau fraîche au vieux moulin libertaire&amp;nbsp;». &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Dans quel milieu familial a pu germer cette volonté ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Fernand Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Cette volonté ? Il ne faudrait pas s'y méprendre. C'est maintenant que je parle d'une position «&amp;nbsp;libertaire&amp;nbsp;». Cette volonté dont vous parlez, c'est bien à mon insu qu'elle s'est manifestée et je n'arrête pas de chercher ce que peut bien vouloir dire ce mot-là que j'ai trouvé un jour accolé à mon nom. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Cela dit, mon grand-père était capitaine des douanes et mon autre grand père, instituteur. Le père du capitaine des douanes était douanier et secrétaire d'une section anarchiste, par là haut dans les Ardennes. Ma mère, quand elle était petite, connaissait les tournées prévues par les douaniers; alors, elle faisait signe avec une lanterne aux fraudeurs, quand c'était le moment de passer. Mon père s'est fait tuer - j'allais dire comme tout le monde - à la guerre, en 1917. Il n'était pas parmi les déserteurs. Il était lieutenant dans l'infanterie. Ses frères avaient fait carrière et semi-fortune dans la mercerie. Alors moi, il fallait que je sois officier. Mon parrain me payait des cours d'escrime et d'équitation. Mon grand-père me faisait travailler le soir, à la maison. J'ai eu, je crois, les prix d'excellence et tous les premiers prix jusqu'en sixième. J'en ressentais une honte qui me chauffe encore les joues. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Votre mère était d'accord sur cette carrière d'officier ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Elle n'en disait rien. J'étais le Deligny de service, le seul héritier mâle. Il devait y avoir un héritage latent. C'est quand je me suis retrouvé à la porte de la classe préparatoire à Saint-Cyr, un beau jour d'octobre, à la rentrée des classes, que tout a raté&amp;nbsp;: les quinze ou vingt qui étaient là, en rang, avec leur petit calot bleu pâle, je crois...J'ai dérapé jusqu'à la classe de philo. A l'oral, on m'a interrogé sur «&amp;nbsp;I'instinct et l'habitude&amp;nbsp;». Je n'avais lu que ça tout au long de l'année. Tout ce que j'avais pu trouver à lire là-dessus. Ça continue maintenant, par-dessus quarante ans d'une petite existence qui a persisté jusque-là, malgré la guerre, l'autre, la guerre et le reste. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;J'en étais au lycée. J'étais en hypokhâgne pour récupérer une bourse de pupille de la Nation, sous couvert de préparer une agrégation de philosophie. Au beau milieu de l'année scolaire, je suis resté dans le petit bistrot au bord du terminus du tram. Impossible d'aller me rentrer dans ce lycée surnommé Faidherbe que je fréquentais, si on peut dire, depuis douze ou treize ans. Je suis resté dehors. D'être là, dehors, alors que ça n'était ni un jeudi, ni un dimanche, ni un jour de vacances, c'était la fête. Et fête encore lorsque j'allais faire des séjours à l'Hôpital psychiatrique d'Armentières, I'Asile, alors que j'aurais dû être au cours de psychologie, à la fac, que je désertais allégrement. Fête encore quand les ouvriers de Fives Lille acceptaient que nous, les étudiants communistes, prenions part à leurs manifestations. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Le service militaire m'est tombé dessus&amp;nbsp;: j'avais oublié de renouveler ma demande de sursis. 1936 et cette polka dansée aux accents de la musique du 43e R.I. rassemblée pour nous convaincre d'en revenir aux talons joints. Je me suis fait à l'idée que c'est moi qui ai esquissé le premier pas de danse, alors que pratiquement je n'ai jamais dansé de ma vie, mais c'est peut-être un dénommé Poirier, un des trois demeurés qui étaient, dans cette caserne, mes compagnons d'ordinaire. Et cette mer et ces dunes, vers La Panne, en Belgique où j'étais passé, un mois ou deux avant la fin de ce service qui n'en finissait pas. J'ai appris, plus tard, que j'étais en règle. Le capitaine ou je ne sais qui avait écrit «&amp;nbsp;instituteur&amp;nbsp;» pour justifier ce départ prématuré. Je ne l'étais pas du tout. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Le Front populaire , qu'est-ce que cela a représenté pour vous ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Une allégresse qui n'en finissait pas, un jour après l'autre. Une farce énorme. Un «&amp;nbsp;c'est vrai&amp;nbsp;» qui s'amplifiait et prenait des proportions de révolution. La guerre d'Espagne. Les brigades internationales. Le copain avec lequel je menais une existence difficile resté vers Madrid et moi ramené sur les bords de l'événement à collecter des fonds pour les enfants espagnols... &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt; Vous étiez membre du P.C. ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;J'étais aux Jeunesses communistes. Ma carte du Parti, je l'ai prise et reprise et reprise. Je ne me suis jamais remis d'avoir été au lycée et d'avoir été, même très vaguement, étudiant. Privilégié. Je n'avais pas la même densité qu'un ouvrier ou qu'un paysan. Je n'ai jamais pu m'extirper ce sentiment-là.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et vous avez été instituteur ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Oui. Instituteur suppléant dans une classe de perfectionnement à Paris, près du lac Daumesnil. J'avais demandé un village de montagne. Quinze gosses difficiles qui, chaque année, attendaient le suppléant de service. Je crois qu'en quelques jours, j'ai épuisé la gamme des erreurs pédagogiques, de la séduction aux hurlements. Et puis, j'ai eu comme une lueur&amp;nbsp;: le Bois de Vincennes n'était pas loin. J'ai attendu que les autres classes soient rentrées et j'ai redescendu l'escalier avec ma quinzaine d'anormaux sélectionnés derrière. Pas une marche ne craquait. Dans la rue, je marchais devant. Je n'osais pas me retourner. J'entendais que ça chuchotait. D'un coup d'oeil, je les ai vus, en rang par deux. Ils se donnaient la main, grands et petits, comme des mouflets de la maternelle. A l'école, dans la cour, deux ou trois d'entre eux étaient les caïds. Il y a des images comme ça que je garde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Dans quel état d'esprit abordiez-vous l'enseignement ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Gagner ma vie... Et pourtant, cet argent que je recevais tous les mois, ça m'a étonné pendant longtemps. Mais je n'avais pas d'intention pédagogique. C'est de me trouver là, dans cette école, avec cette petite bande de gamins rétifs à ce que je devais leur apprendre, eux là et moi le maître. Le maître de quoi ? Il y avait quelque chose d'insupportable dans cette double contrainte. Eux et moi, nous étions astreints à nous trouver là, face à face. Le long du trajet et dans les allées du Bois de Vincennes, alors, là, je ne me souviens pas du tout de ce qui pouvait avoir lieu ou ce qui a pu être dit. En tout cas, il n'était pas plus question pour moi que pour eux de réformer l'École. Il me semblait et il me semble encore que ça valait mieux que des heures dans les lieux prévus pour.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;A cause de la liberté ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;A cause du projet. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Incompatible avec l'institution scolaire ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Radicalement. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Pourquoi ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Parce qu'il s'agit d'une institution et, qui plus est, obligatoire. Mais Ivan Illich parle mieux que moi de tout ça&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2543048884096880956#_ftn1" name="_ftnref" title=""&gt;[1]&lt;/a&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;: Ça serait donc une institution à supprimer ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Ni plus ni moins que les autres. Supprimer l'école me paraît tout à fait utopique. En revanche, ce que je défends, c'est la nécessité de la marge et de ce qui peut s'y passer. Ce qui peut avoir lieu là, lorsqu'on en retrouve des bribes reprises dans les institutions qui se retournent, se remuent et se remettent inlassablement au goût du jour, est irrémédiablement dénaturé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;D'après vous, qui est responsable ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Qui vous voulez... N'importe qui et personne. Le &lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt;ON&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; de la civilisation. Il m'a fallu un bon bout de temps, trente ans et plus, pour en arriver à y voir un peu plus clair dans l'intérêt possible de ces tentatives réitérées dont il peut apparaître que je les ai menées et qui ont eu cours alors que j'y étais, dans ce coup-là, dans cette démarche-là. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Si je les revois, toutes ces tentatives pas faciles à dénombrer car elles s'articulaient les unes aux autres, il me semble percevoir, en filigrane, au travers des événements venus de l'histoire du moment, une cause commune à l'ensemble des individus concernés par le projet en cours, je veux dire les individus partisans de ce projet. Que naisse une cause commune à des gardiens d'asile et à une petite centaine de gamins, dont un certain nombre ont été expertisés pervers, ce qui équivaut à un internement sévère et à vie et voilà ce petit ensemble qui se met à dériver vers le dehors. C'est-à-dire vers les circonstances réelles, aussi sûrement qu'un iceberg s'éloigne de la banquise. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;C'est ce qui s'est passé, peu après 1940, à Armentières. J'avais beau avoir gagné mes galons d'éducateur principal, vu la pénurie de ces spécialistes-là à l'époque, j'étais en quelque sorte capitaine d'un iceberg et ça ne se conduit pas comme une 2 CV. J'étais de bonne foi. Je profitais du vent de quelques révoltes remarquables dans les bagnes d'enfants de l'époque. Je n'avais pas d'idées toutes faites à placer. J'ai prévenu qu'il faudrait une ferme ou n'importe quoi à quelques kilomètres de là, de l'asile. L'administration, tout compte fait, a dit&amp;nbsp;: non. Je me suis mis à pied tout seul. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Tout est rentré dans l'ordre à force de gendarmes munis de leurs ustensiles, alors que pendant des mois, des années, ça avait marché tranquillement, au stade, en ville, partout et sans la moindre sanction par-dessus le marché. Et ça avait marché assez bien assez longtemps, les gardiens étant levain de l'affaire, pour que je sois sollicité, en pleine Occupation, pour organiser la prévention à la délinquance juvénile qui allait grandissant. Mais ce sont eux, les pervers et autres gamins plus ou moins gravement déséquilibrés et pour la plupart, et ils savaient, destinés à changer de pavillons une année après l'autre, comme les jetons d'un jeu de l'oie, jusqu'à la morgue qui était la seule sortie prévisible, ce sont eux qui m'ont appris la force du projet. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;C'est un mot que j'ai gardé tout au long des autres tentatives et qui sous-tend encore celle-ci où, pourtant il s'agit d'enfants psychotiques tout jeunes et qui vivent, au moins à ce qu'il en paraît, à l'écart de la parole. Ceux-là, là-bas, dans leur pavillon où les serrures étaient de sûreté et les grilles hautes de trois mètres cinquante le haut recourbé vers l'intérieur, il arrivait qu'à trois ou cinq ou six ils préparent une évasion. Il y fallait souvent des mois. Mais alors ce pitit ensemble dont le projet commun était de se tirer subissait en chacun de ses éléments une modification si sensible qu'il fallait manquer de recul comme en manquaient ceux-là mêmes qui les gardaient et les regardaient pour ne point la percevoir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 12.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Votre expérience scolaire n'avait pas duré bien longtemps? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Non. Pourtant, après cette classe de perfectionnement, rue de la Brèche-aux-Loups, je me suis retrouvé à Nogent, de l'autre côté du Bois Vincennes. Cette fois, l'école était plus grande, beaucoup plus grande. Si bien que les quinze affectés spéciaux auxquels j'avais droit sont devenus vingt, trente. La seule présence d'un instituteur spécialisé permettait aux autres maîtres de larguer leur ou leurs trouble-classe. J'ai évacué dans une&lt;em&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;salle des fêtes où les enfants pouvaient manœuvrer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Nous avions entrepris le jeu l'homme primitif. Les gamins raflaient tout ce qui avait du poil&amp;nbsp;: descentes de lit, manteaux de la petite sur, c'est ainsi vêtus qu'ils vivaient une sorte de mime permanent. Au bout de quelques semaines, le directeur m'a convoqué pour me dire qu'il fallait mettre de l'encre rouge sur les cahiers.&amp;nbsp; Je lui ai dit que, des cahiers, je n'en avais pas encore donné. Et pour cause, je n'y avais pas pensé. Il m'a dit que si, que des cahiers, ils en avaient. Il m'a montré un tas de cahiers qui revenaient du ministère, je crois, via l'inspecteur primaire. J'ai regardé&amp;nbsp;: les noms, sur les couvertures, étaient bien ceux de mes élèves. Dans les cahiers, il y avait de l'écriture et du calcul. Un document étonnant, une sorte de mime tracé des exercices scolaires. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Le directeur m'a dit&amp;nbsp;: « Les parents se plaignent parce qu'il n'y a jamais rien dans la marge&amp;nbsp;». J'ai acheté une quarantaine de petites bouteilles d'encre rouge. Chaque gamin avait la sienne, et je leur ai dit&amp;nbsp;: « Il faut écrire dans la marge&amp;nbsp;: bien, assez bien, mal et le reste.&amp;nbsp;» Trop heureux d'avoir de l'encre rouge, certains ont écrit les exercices qu'ils se donnaient eux-mêmes en rouge et la mode a gagné à peu près toute la bande. Tous ces grimoires et ces faux calculs en rouge, à pleines pages. Dans la marge, j'esquissais des lettres comme celles que trace un enfant pas très doué au début de sa carrière d'écolier, des «&amp;nbsp;ab&amp;nbsp;», des «&amp;nbsp;tb&amp;nbsp;», des «&amp;nbsp;m...&amp;nbsp;» &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et les parents ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;J'ai su qu'il y avait des discussions bruyantes chez les commerçants, là où les mères de famille se rencontraient. Par les unes, moi, l'école et tout le reste, on se faisait traiter de tous les noms, mais j'avais de farouches partisans qui voyaient leur gosse filer à l'école, tout content pour la première fois de sa vie d'y aller... C'est vers ce moment-là qu'on m'a fait savoir qu'il manquait un instituteur à l'asile d'Armentières. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;C'était à quelle époque ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;1938. Là, c'était une classe-bijou&amp;nbsp;: tables à tubulures grosses comme le poignet, plaques de liège, plantes vertes renouvelées aussi souvent que celles de la chapelle, un directeur qui préparait sa classe du lendemain jusqu'à minuit, une heure du matin. Les gosses trouvaient leur travail sur leur table, préparé à leur mesure&amp;nbsp;: chacun son chemin pour y arriver, à compter, à écrire. Moi, j'étais stupéfait par le silence de ce lieu privilégié où quinze enfants certifiés débiles profonds reniflaient à petits coups, écoliers modèles alors que ma classe, de l'autre côté du mur, avait des humeurs en rafales que je tempérais tant bien que mal à coups de symphonies de Bach ou de Beethoven. Parmi les miens, il y en avait un qui était particulièrement amateur de grande musique&amp;nbsp;: le menton sur la table, il regardait le reflet de la fenêtre qui vacillait sur le disque, fasciné. Pardessus, il y avait cinq ou six étages d'anormaux, des centaines.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Mèd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et vous leur enseigniez quoi ? Les matières traditionnelles?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Certains, apprendre à lire et à écrire, ils y tenaient, ils voulaient&amp;nbsp;: c'était comme un certificat d'existence sociale. Ils y manifestaient une patience extraordinaire. Alors, j'étais là et je faisais ce que je pouvais. Mais ce petit travail propret dans le hourvari et les meuglements de quelques centaines d'autres, au-dessus, décidés non scolarisables puisqu'il ne pouvait y avoir que deux classes. Toujours ce sentiment agréable et profondément pénible d'être privilégié.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Pas d'histoires avec la direction de l'établissement ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Non. Au contraire. Il y avait des petits poèmes écrits, peints au mur, et des chefs-d'œuvre en pâte à modeler et des peintures où passaient allez savoir par où, des reflets de Van Gogh. Non&amp;nbsp;: j'étais plutôt bien vu.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Vous n'étiez pas marginal ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Non. Remarquez que l'Asile, par rapport à la ville et même au département, c'est une sacrée marge. Mais il a fallu la guerre et que j'en revienne pour franchir cette allée de ciment et, au milieu, il y avait des massifs de fleurs. De l'autre côté, c'était le pavillon où l'on engrangeait cet étrange ramassis d'adolescents promis à un destin asilaire. Je n'ai jamais pu m'expliquer ce que j'avais été faire de l'autre côté de cette allée d'un ciment un peu rose, alors que j'étais bien au chaud et bien tranquille dans ma petite classe carrelée, lavée tous les matins et pas par moi, et ornée de fleurs fraîches ou de plantes suivant les saisons. Toute réflexion faite, je pourrais y être encore. Je serais directeur et peut-être à trois classes ou quatre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;1939, la guerre... Qu'est-ce que vous faites ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Rien. La guerre. De la Hollande à la grotte des Eyzies, un abri remarquable. De toute façon, c'était l'Armistice. Je suis remonté dans le Nord&amp;nbsp;: Armentières. Et c'est peu après que j'ai traversé l'allée. Je crois que c'est sur la lancée du fait que je n'étais pas mort dans cette absurdité. De ne pas avoir été broyé dans cette affaire, je n'en suis jamais tout à fait revenu. Je n'avais plus rien à perdre. C'était déjà tout à fait extraordinaire que je sois toujours vivant. Si ON ne m'avait pas eu là, ON ne m'aurait pas si facilement. ON m'avait contraint à y être, dans cette guerre, sans me demander le moins du monde mon avis. Dorénavant, ce ON-là, celui d'InstitutiON, d'AdministratiON, de MobilisatiON, d'InstructiON, etc., j'essaierais de lui faire sa fête, à toutes les occasions possibles. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;C'était l'Occupation et, de l'autre côté de l'allée de ciment, cette petite centaine de gamins enfermés derrière des grilles et, pour la plupart, à vie, et il y avait ces gardiens, chômeurs du textile, artisans sans travail et ç'a été la première tentative. L'Administration, la psychiatrie du cadre étaient un peu déconcertées. Des malades chroniques disparus dans les bombardements, voilà qu'on les repérait, un an ou deux après, bien vus dans le quartier d'une ville proche où ils s'étaient raccrochés. Absolument incroyable quand on regardait le dossier. C'est dans ces circonstances-là que j'ai appris ce que je sais de psychiatrie. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;C'est dans le même moment qu'en Lozère, Tosquelles amorçait la démarche de la psychothérapie institutionnelle. C'est peu dire que j'ignorais tout de ce qui se passait ailleurs et il a dû s'en passer d'assez extraordinaires. Seulement voilà&amp;nbsp;: personne n'a raconté. Alors que, pour moi, le fait d'écrire était dans le coup. Je savais que, d'une manière ou d'une autre, je raconterais. Alors, autant que ça vaille pour de bon la peine de l'être.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Quelques mois plus tard, ce pavillon, spécifiquement asilaire, était déserté pour un autre où il y avait des fenêtres qui s'ouvraient de l'intérieur. Miracle ! Et les gamins allaient en ville et il y avait comme un petit air d'aisance là-dedans; des gardiens qui amenaient les apprentis médicolégaux à la communion de leur fille; leur femme qui barbotait des écheveaux de fil dans l'usine où elles travaillaient pour que nous puissions faire des tapis dans les ateliers. Tout ça ne peut pas s'instituer. Ça dure ce que ça peut. Ça n'est même pas souterrain&amp;nbsp;: c'est en marge. Ça se fait tout seul, mais ça ne peut pas se faire exprès. Ou alors...&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Il s'agissait d'adolescents délinquants ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Plus que délinquants. Expertisés inéducables, au moins pour un certain nombre, renvoyés des maisons d'éducation surveillée les plus dures et, à l'époque, elles étaient dures. Et, tout autour, il y avait la guerre. Je le répète, parce que je pense que cette circonstance-là a beaucoup d'importance dans ce que je vous raconte. Les gens ne sont plus les mêmes, les événements... Je crois qu'une tentative ne se mène pas deux fois. Tout au moins pas la même. D'où mon refus obstiné de parler de méthodes et même de principe&amp;nbsp;: tout dépend du moment. S'il fallait que j'exprime une doctrine, ça serait ça&amp;nbsp;: admettre le moment.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Quelles relations aviez-vous avec ces adolescents ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt; J'étais&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;là. J'avais un bureau dans lequel je n'étais jamais. Je traînaillais. Je ne leur parlais guère. Je ne répondais pas aux questions, surtout lorsque je me sentais pris pour autre chose que ce que j'étais. Je me débrouillais pour que le fleuriste accepte de prêter son camion pour amener les gamins à une course, un cross, à vingt kilomètres de là. Je récupérais des morceaux de tube, ce qui restait d'une rampe d'apparat pour l'escalier qui menait aux bureaux de la direction. Ils étaient de tailles fort différentes et j'en accrochais quelques uns dans le sous-sol où étaient les ateliers; cognés, ces tubes vibraient et ces quelques sons devenaient un événement. Je crois que c'est là ce que je faisais de plus clair&amp;nbsp;: tisser une espèce de trame avec tous les restes, tous les matériaux possibles. Que ça vibre, sur une certaine longueur d'onde, malgré la parole.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et cette tentative a dû cesser ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Oui. Je vous l'ai dit; une tentative, ça se met à dériver, vers le large, et l'institution s'y perd et elle ne veut pas se perdre. Alors, un jour, elle ne s'y prête plus. Elle a été aussi loin qu'elle pouvait aller. Elle reprend tout. Elle se reprend. Elle fixe des limites... Or je pense que c'est de l'autre côté de la limite que commence la marge. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Cette fois-là, c'était en 1943, on m'a proposé d'organiser la prévention à la délinquance juvénile dans la région du Nord. Vaste projet. Il y avait des mouvements de Résistance et il y avait aussi, dans les quartiers pauvres, des immeubles expertisés inhabitables. Des militants des mouvements de Résistance pouvaient vivre là à peu près tranquilles, et la fine fleur de ce qui errait de délinquants latents dans le quartier y trouvaient des amis, permanents et pour cause. Ils les ravitaillaient. Les maisons minables devenaient maisons communes à ceux qui avaient intérêt à ne pas trop se montrer dehors et à ceux qui ne savaient pas trop quoi y faire. Mais, là encore, c'est la période historique, ce qui se passait dans la réalité quotidienne, qui a permis cette tentative d'ailleurs très confuse pour moi. Tout ce qui se passait se passait « ailleurs&amp;nbsp;» et je ne régissais ni ne régentait rien. Tout ce temps-là est fertile en anecdotes assez extraordinaires.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Les autorités de Vichy n'étaient pas au courant ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Pas si simple. C'était 1943, 1944. Tout ce qui jouait sur les deux tableaux commençait à miser ferme sur celui où s'inscrirait la victoire. Il fallait se faufiler dans tout ça. Mais une tentative de bonne race, ça se faufile. Ça se faufile même dans ce que les gens ont dans la tête, les préjugés, les idées toutes faites.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;La Résistance, qu'est-ce c'était pour vous ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Ceux avec lesquels je vivais tous les jours étaient fort engagés dans la Résistance. Je l'étais donc aussi. Mais j'étais chargé d'une étrange liaison&amp;nbsp;: celle qui devait être opérée entre « ces enfants-là&amp;nbsp;» et les mouvements vivant dans l'air du temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;A la Libération, je dirigeais un Centre d'observation et de triage. C'est là qu'on amenait tous les mineurs qui, pour une raison ou une autre, devaient être mis à l'écart pendant qu'il serait décidé de leur sort. Cette période là, je l'ai racontée dans un livre. J'avais dit&amp;nbsp;: « Oui, à condition que le Centre soit ouvert.&amp;nbsp;» Je voulais dire que les enfants et les adolescents observés puissent sortir, aller et venir. Je n'avais pas pensé qu'ouvert allait vouloir dire que des gamins enfermés dans telle ou telle maison allaient s'évader pour venir là. Il est courant que l'effectif de ces maisons fermées compte 20 % de disparus provisoires. Et voilà que nous en étions à 20 % en surplus. Dans le même temps, j'alimentais copieusement une campagne de presse contre un notable de la région qui trustait littéralement la bienfaisance et l'assistance aux enfants en danger moral. Tous ces éléments faisaient que dans le Centre, ça marchait tout seul. Les gamins ne risquaient pas de s'en aller. A tout moment, les gendarmes pouvaient venir. Ils ne voulaient pas rater ça. Le psychiatre qui venait une ou deux fois par semaine était un fort brave homme qui me disait en riant que l'observation, dans des conditions pareilles, ça n'était pas possible. Allez-y retrouver les caractères là-dedans et les Q.i. et le reste. Bien sûr que ça ne pouvait pas durer. Le Centre a été fermé sur notre disparition vers les marais de Saint-Omer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Devenu délégué régional de Travail et Culture, j'ai écrit ce que je croyais être mon testament d'éducateur. Pas du tout. Ce livre, où je disais ce que je pensais aux notables de tous calibres, m'a permis une tentative plus en marge encore, tout à fait déboîtée par rapport aux institutions.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;La Grande Cordée, sans doute ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;La Grande Cordée, oui. Il y avait dans l'air les séquelles de la Libération et particulièrement dans la tête et le reste des militants des Auberges de jeunesse. Je me souviens fort bien du moment charnière entre ce que je tentais de faire à Travail et Culture et la création de la Grande Cordée. Une responsable des Jeunes Filles communistes était chargée d'organiser une fête qui devait avoir lieu aux Arènes de Lutèce, à Paris. Elle est venue me voir, alors que mon activité courante était de présenter «&amp;nbsp;Le Chemin de la vie&amp;nbsp;» partout où ce film était demandé. Avec de jeunes apprenties du textile, nous avons repris les gestes de leur métier quotidien pour leur élan de danse, de mime. Ce que les mains manifestent... Maintenant j'en suis à écrire la trace de ces mouvements que les enfants psychotiques font avec leurs mains. Et je dis que ces mouvements manifestent. Mais nous n'en sommes pas là. Dans les auberges de jeunesse de ce temps là, l'idée d'héberger et de se frotter de toutes les manières aux copains que je leur enverrais a pris en quelques mois. Il n'y avait plus qu'à créer l'organisme qui, à la surprise générale, a même été agréé par l'Action sanitaire et sociale, à titre expérimental. J'avais un petit recoin dans l'ancien théâtre de Dullin et c'est là que je recevais les adolescents psychotiques que m'envoyait l'Office public d'hygiène sociale, candidats sérieux à la folie la plus caractérisée qui se retrouvaient candidats à ce petit Conservatoire du théâtre populaire. Et puis ils se retrouvaient sur le réseau des Auberges. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Il arrivait qu'un inspecteur de l'Action sanitaire et sociale vienne contrôler les installations sanitaires. Il n'y en avait pas du tout. Je me servais, pour mes propres besoins, de ce que pouvait m'offrir, à cet usage, le bistrot du coin. D'ailleurs, je n'avais pas non plus de quoi les nourrir, ni les loger. A eux de se faire admettre par les Ajistes de l'Oise, de Nice ou de Sète, en passant par les chalets de montagne.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et il n'y avait pas de difficultés ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Des difficultés Beaucoup moins qu'on ne pourrait penser. J'étais fermement épaulé par Henri Wallon, professeur au Collège de France, par Louis Le Guillant, qui avait dirigé les Services de l'Enfance déficiente au ministère de la Santé, et par bien d'autres. A l'autre bout, il y avait le Pr Heuyer et d'autres patrons qui appréciaient que leurs services soient débarrassés de ces jeunes gens dont il était fort difficile de décider s'ils étaient délinquants, caractériels, aliénés. Ça a duré quelques années.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et puis ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et puis, la dérive... Les soutiens qui craquent... Les «&amp;nbsp;mais nous ne sommes pas au courant...&amp;nbsp;» Il aurait fallu que je sois pris en tutelle, que je triple ou quadruple le prix de journée pour que les adolescents que je prenais en charge ne soient pas obligés de travailler, car alors on ne savait plus où les classer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Cette fois, la dérive, toutes amarres administratives rompues, m'a amené jusque dans le Vercors avec quinze ou vingt adolescents prépsychotiques, prédélinquants, près du rocher des Deux-Sceurs. Ils se sont débrouillés tout seuls pendant un mois et demi. Ils ne savaient pas du tout où j'étais. Aux dires des paysans, ils étaient moins embêtants qu'une colonie de vacances. J'étais toujours un fervent de la culture populaire. Eux aussi. Avec un Debrie 16 mm, ils allaient projeter « Tempête sur l'Asie&amp;nbsp;» dans les villages où les vieux n'avaient peut-être jamais vu de cinéma.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Des difficultés politiques ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt; Ça n'était pas simple. Une tentative, ça n'est pas quelque chose de simple, tout au moins dans ses rapports avec ceux qui n'en sont pas. J'étais un petit peu le Makarenko français, mais c'était un déguisement de panoplie. En réalité, moi et la collectivité... Bien sûr, il y avait un certain ensemble... et un projet. Et ce projet était de faire un film. Non point un film sur les prépsychotiques ou les délinquants. Mais un film qui serait leur affaire. Nous avions la caméra. Nous n'avons jamais eu de pellicule, à part quelques bobines de 30 mètres. Du Vercors, nous nous sommes retrouvés en Haute-Loire. Une maison bien délabrée achetée pour rien et que les gamins--le plus vieux avait 16 ans -- se sont mis à retaper avec l'aide d'un maçon du coin, ivrogne, et qui avait fait faillite d'avoir voulu s'instituer entrepreneur. Imaginez tous les règlements qu'une telle entreprise enfreint... &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Bref. La maison retapée, revendue quelques centaines de milliers de francs, nous sommes partis vers l'Allier. La troupe, d'ailleurs, s'amenuisait au fur et à mesure que l'un ou l'autre trouvait fille et travail ou se réconciliait avec ses parents. Alors que nous étions vers Saint-Yorre, nous arrive un débile profond, comme on dit, de 13 ans. Le reste de la troupe s'amenuisait de plus en plus. Nous en arrive un autre; débile avec des troubles du caractère breton d'origine et qu'une brave doctoresse suisse voulait faire échapper à son sort de présumé mongolien. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Je passe sur ces années, pour en venir à ce film que nous avons tourné dans les Cévennes, où nous avait amenés un troupeau de chèvres qui périssaient de la douve par là-haut et à qui il fallait buissons secs et pierraille. Ces chèvres, il nous les fallait pour vivre et pour Yves, I'idiot, qui, par elles, en arrivait à s'y retrouver, c'est-à-dire à en tracer une image, un dessin à réveiller Binet-Simon dans leur tombe&amp;nbsp;: le bison de la grotte de Lascaux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et ce film ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Pendant des années, nous avons filmé Yves, l'idiot, qui délirait, vitupérait, l'écume aux lèvres... Au demeurant, le meilleur fils du monde. Dans le film, il était lui, ni plus ni moins. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;A court d'argent, littéralement sans un rond vaillant, nous sommes remontés vers Blois, accueillis pour y travailler dans la clinique de Cour Cheverny. Là, on m'a dit. « Tu es chez toi. Psychothérapie institutionnelle.&amp;nbsp;» Deux ou trois ans et à nouveau, les Cévennes. Et cette tentative en cours depuis l'été 1967, et dont je dis qu'elle fait mirage.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et ce film ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Nous en avons trimbalé les dix heures d'images dans leurs boîtes de fer blanc. Tant que nous étions en Sologne, il a attendu. Ça n'est pas lui&lt;em&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;que nous projetions, il n'était pas montré, mais les films de Wilfrid Burchett sur la guerre au Vietnam. Et puis, un jeune cinéaste de Marseille a entrepris de le monter.&amp;nbsp; Chris Marker a donné le coup d'épaule qu'il fallait pour le mixage. Il a été sélectionné en 1971 pour la Semaine de la critique au Festival de Cannes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Et Yves ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Il&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;est toujours là, avec nous. Il travaille chez des paysans.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;L'Express-Méd.&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Cette nouvelle tentative, en quoi consiste-t-elle ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 5.0pt; margin-left: 36.0pt; margin-right: 36.0pt; margin-top: 5.0pt; mso-outline-level: 5; text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;F. Deligny&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial; font-weight: normal;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color: windowtext; font-family: Arial;"&gt;Nous sommes à six ou sept à vivre là en permanence, en réseau, dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres. Viennent en séjour des enfants psychotiques entre 3 et 9 ou 10 ans. La plupart vivent à l'écart de la parole.&lt
